049 - calumet de la paix
Il a failli m’étouffer. J’en ai toussé dans mon nez. Je dois me rincer avec la bouteille d’Ice Tea que j’avais gardé pour le sport. Je renifle et j’avale tout en rigolant. Fallait voir sa tête. On lui avait jamais fait le coup de la gâterie dans les toilettes. Mais quand même, ça marchera jamais avec lui, je sais pas pourquoi. Rien à voir avec le docteur pour qui j’ai des pensées tendres. Pour moi il rentre tôt quand je garde ses enfants.
- Soyez sages, je vous laisse un quart d’heure, 15 minutes, jusqu’au 3 de l’horloge, je dois « parler » à votre papa.
- On peut regarder un dessin animé ?
Oui, lui aussi il voit mes seins s’animer quand il me secoue les jambes en l’air sur les draps de la couche parentale où je reconnais le parfum de sa femme. C’est fort, c’est bon, j’ai du mal à retenir mes gémissements dans le plaisir de me faire ramoner pour la première fois comme ça, même pas besoin de me masturber tellement c’est bon. Je prie pour qu’il ne s’arrête pas et ça continue, merci mon Dieu, une larme coule sur ma joue pour laisser place à son fluide qu’il injecte en moi. J’ai du mal à m’en remettre. J’entends l’horloge qui sonne la demi, je suis en retard, d’un quart d’heure. Il s’écroule dans un râle. Je recouvre sa nudité et je lui fais un bisou avant de me réajuster un peu tout devant le miroir de leur armoire et sortir doucement. Son fils est là, inquiet.
- Il t’a fait mal ?
- Non bébé, c’est tout le contraire. Il m’a fait bien.
Je sens le sperme du papa couler sur ma cuisse. Une goutte est tombée sur le parquet. Je la récupère avec mon index et je la récupère en bouche, en souriant. Il me tend les bras. Je le serre contre moi et je lui fais un bisou sur la joue. Je le prend par la main et on rejoint sa sœur, restée collée à l’écran. Mon petit bout de chou, il s’attache à moi, il s’inquiète pour moi, mon bébé, il est trop. Elle est passée où ma culotte ? Je crois que j’en avais pas mise aujourd’hui. Je frotte mes cuisses pour que ça sèche. J’inspecte ma jupe à la recherche de tache apparente. J’entends une porte, je jette un œil dans le couloir, Dior a refait le lit et il est passé dans son bureau. Olympe arrive. Déjà ? C’était moins juste. Je me jette dans ses bras pour lui dire bonjour, les enfants aussi, elle rigole. Ils nous laissent pour aller en cuisine chiper des biscuits. Olympe me regarde de ses beaux yeux passionnés et demande :
- Il s’est passé quelque-chose aujourd’hui au lycée ? François m’a secouée comme une bouteille de champagne sur un podium.
- Pendant la récré. Je lui ai fumé son calumet de la paix.
Analyse du chapitre 49 dans le contexte de l'œuvre
Ce quarante-neuvième chapitre est celui de l'intensité et de la transmission. La scène avec le docteur Dior atteint un sommet de sensualité et de communion. Les quinze minutes volées, les gémissements retenus, la larme de joie, le sperme qui coule — tout concourt à créer un moment parfait. Le retour au réel (l'enfant inquiet, la culotte oubliée, l'arrivée d'Olympe) est géré avec une aisance confondante. La dernière phrase, qui répond à la question d'Olympe, boucle la boucle de la journée : la fellation avec Gouges le matin, l'extase avec Dior l'après-midi. Deux actes, deux hommes, deux registres.
Symbolique des événements et thèmes majeurs abordés
- L'étouffement : La fellation avec Gouges a failli l'étouffer. Mais elle en rit. "Fallait voir sa tête." La performance est réussie, mais la relation ne marchera pas. "Rien à voir avec le docteur."
- Les 15 minutes : Le temps compté, volé, intensifie le plaisir. L'horloge qui sonne la demi, le retard, l'urgence — tout ajoute à l'excitation.
- Le parfum de la femme : Sur les draps de la couche parentale, Béa reconnaît l'odeur d'Olympe. La présence-absence de la femme ajoute une dimension supplémentaire à l'acte.
- La larme : Elle coule sur sa joue, "pour laisser place à son fluide". La joie et le sperme se mêlent.
- L'enfant inquiet : "Il t'a fait mal ?" La question du fils est touchante. Béa répond avec une honnêteté désarmante : "Non bébé, c'est tout le contraire. Il m'a fait bien." La transmission se fait : l'enfant apprend que le sexe peut être "bien".
- La goutte de sperme : Elle la récupère avec son doigt, la porte à sa bouche. Le geste est à la fois intime et symbolique : rien ne se perd de ce moment.
- La culotte oubliée : Elle n'en avait pas mise. La disponibilité permanente, l'absence de barrière.
- Olympe : Son arrivée est un retour à la réalité. La question sur le lycée est une couverture. La réponse de Béa est un code : "Je lui ai fumé son calumet de la paix" — la fellation avec Gouges.
Bilan
- Béa : Elle vit deux expériences sexuelles très différentes dans la même journée : la fellation ratée mais réussie avec Gouges, l'extase avec Dior. Elle gère les retombées avec une aisance confondante : l'enfant inquiet, la goutte de sperme, l'arrivée d'Olympe. Elle est devenue une professionnelle de l'intime.
- Dior : Il atteint avec Béa un sommet de sensualité. Les 15 minutes, les gémissements, la larme — tout dit l'intensité du moment. Il s'écroule dans un râle, il refait le lit, il passe dans son bureau. Il est l'amant parfait.
- Le fils : Il est inquiet pour Béa. Il s'attache à elle. La scène où il lui tend les bras est d'une tendresse infinie.
- Olympe : Elle arrive, elle rigole, elle demande des nouvelles. Elle sait, elle devine, elle accepte. Sa question sur le lycée est une couverture, sa complicité est totale.
Conclusion
L'intensité du désir peut se vivre dans l'urgence des 15 minutes volées. Le temps compté n'est pas l'ennemi du plaisir, il en est le catalyseur. La larme de joie, la goutte de sperme récupérée, tout dit la valeur de ces instants.
Par ailleurs, ce chapitre montre que la transmission se fait aussi aux enfants. Le fils demande si elle a eu mal, elle répond que c'est "tout le contraire". L'enfant apprend que le sexe peut être une source de bien, pas de douleur.
Suite générative
Maintenant que Béa a vécu l'extase avec Dior et la complicité avec l'enfant, comment s'articulera sa relation avec cette famille, entre la femme qui sait, l'homme qui jouit, et l'enfant qui s'attache ?

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