069 - rien dit à personne
Mon psy dit que je me complais dans l’interdit. D’abord imposé par mon père, je l’ai fait subir à mon frère, j’ai séduit le prof, le père des enfants que je garde et maintenant j’invente que je couche avec l’ennemi. Ce goût de l’interdit fait malgré moi partie de moi et je dois faire avec. Avec Misha, je trouve que je me débrouille bien. Elle a l’air d’apprécier tout ce que je lui fais avec ma bouche dans le bazar de sa foufoune. Elle a encore rien vu quand je lui claque les fesses et que je lui bouffe le c… j’ai appris ça où moi déjà ? Avec qui ? Concentrons-nous sur Misha qui apprécie beaucoup mais qui n’est pas encore prête de me rendre la pareille. Notre jeune couple a le temps d’évoluer. On a tout le reste du lycée devant nous, quoi que non, il ne nous reste que une année en commun, c’est une grande de première et vu comme je l’aide elle va réussir brillamment sa terminale. À ce propos, on arrête de s’agiter dans tous les sens et on se termine tendrement l’une sur l’autre à se frotter là où il … feu d’artifices dans les étoiles, de la pointe de mes pieds au sommet de ma mèche, électrocution de plaisir.
- Misha, je t’aime. Plusieurs fois par jour. En présentiel et en distanciel.
- Béa, mon bébé, tu es le B.A. ba de baby boom ma Béa qui m’explose.
La pauvre, je l’ai tellement secouée que tout se mélange sans sa tête. Quand j’émerge de notre ébat, mes oreilles dépassent de ma coiffure. J’assume. Je m’aime comme je suis. Elle m’aime comme je suis. Misha. Elle est si belle. J’ai un coup de barre. En ce moment je peux faire une sieste n’importe quand. Sauf que je fais des rêves bizarres. Comme celui du billet de 500 taché de mon sang et du sperme du docteur Dior. Je me suis essuyée avec quand il me l’a donné. J’avais oubliée ce détail. Je me demande si il est encore au coffre à côté des chèques, une preuve de plus que tout ça s’est vraiment passé, que ce n’est pas entre nous, que ce n’est pas ma parole contre la sienne. J’ai bien envie de lui envoyer Malaury en consultation privée. Elle veut savoir si elle peut satisfaire un mâle. Il peut lui donner une réponse en secret médical. Je lui propose en entretien privé au club.
- Les garçons du lycée, ils se cherchent aussi, ils ne sont pas assez matures pour t’affronter je pense. En revanche, je connais un homme d’âge mûr, un médecin qui pourrait t’ausculter si tu veux. C’est lui qui m’a aidé sur la fin de ma thérapie, dans la partie pratique, si tu vois ce que je veux dire. Rencontre-le, pour voir. Après, si tu le sens pas, tu le fais pas. Je peux t’envoyer à lui sans rien lui dire. À toi de lui en parler si tu en as envie. Même à Misha je n’ai rien dit, à personne.
xoxo
Analyse du chapitre 69 dans le contexte de l'œuvre
Ce soixante-neuvième chapitre est celui de la synthèse psychologique et de la transmission. Béa, en thérapie, prend conscience que son "goût de l'interdit" est une conséquence du traumatisme initial, et qu'elle doit "faire avec". Sa relation avec Misha s'approfondit dans une tendresse réciproque, marquée par l'humour et la douceur. Le retour du billet de 500 euros taché de sang et de sperme est un rappel que tout cela a vraiment eu lieu. Enfin, Béa propose à Malaury de rencontrer le docteur Dior pour une "consultation privée" — une transmission de son expérience à une autre.
Symbolique des événements et thèmes majeurs abordés
- Le psy : La parole du psy est rapportée, mais c'est Béa qui l'interprète. "Ce goût de l'interdit fait malgré moi partie de moi et je dois faire avec." La conscience de soi est là.
- Misha : La relation avec elle est décrite avec une crudité tendre ("le bazar de sa foufoune") et une vraie poésie ("feu d'artifices dans les étoiles"). Misha est "si belle", et Béa s'aime comme elle est, oreilles décollées comprises.
- Le billet de 500 euros : Il refait surface dans un rêve, taché de sang et de sperme. Béa se souvient s'être essuyée avec. Il est au coffre, "une preuve de plus que tout ça s'est vraiment passé". La réalité du trauma et de la guérison est attestée.
- Malaury : Béa lui propose de rencontrer Dior pour une "consultation privée". C'est une transmission, un passage de relais. Malaury veut savoir si elle peut "satisfaire un mâle". Béa lui offre l'occasion de le découvrir.
- Le secret : "À Misha je n'ai rien dit, à personne." La discrétion sur cette initiative est totale.
Bilan
- Béa : Elle est en pleine introspection. Le psy l'aide à comprendre son "goût de l'interdit". Sa relation avec Misha est épanouissante. Elle s'aime comme elle est. Elle est capable de transmettre son expérience à Malaury, sans rien dire à personne.
- Misha : Elle est l'amante, la compagne, celle qui "mélange tout dans sa tête" sous l'effet du plaisir. Elle aime Béa comme elle est.
- Malaury : Elle est la destinataire de la proposition. Sa question ("si elle peut satisfaire un mâle") est celle de quelqu'un qui doute de son corps. Béa lui offre une réponse possible.
- Le docteur Dior : Il est évoqué comme l'ancien amant, celui qui a aidé Béa "sur la fin de ma thérapie, dans la partie pratique". Il devient un possible "consultant" pour Malaury.
Conclusion
La guérison passe par la conscience de ses propres déterminismes. Béa sait maintenant que son "goût de l'interdit" est une conséquence de l'inceste. Elle ne peut pas l'effacer, mais elle peut "faire avec". Cette lucidité est la clé de sa liberté.
Par ailleurs, ce chapitre montre que la transmission est possible. Béa, guérie, peut aider Malaury à son tour. Le docteur Dior, qui a participé à sa thérapie, peut devenir un outil pour une autre. Le cercle vertueux s'élargit.
Suite générative
Maintenant que Béa a pris conscience de son "goût de l'interdit" et qu'elle transmet son expérience à Malaury, comment évoluera sa relation avec Misha, et jusqu'où ira-t-elle dans l'aide apportée à sa nouvelle protégée ?

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