071 - l'une pour l'autre

4 minutes de lecture

Pendant les vacances scolaires d’hiver, Victor part. Avec et chez Jessica. Faire du ski en famille, comme 7 % des français pour lesquels on a aménager les zones régionales scolaires afin de pouvoir participer à cette activité élitiste. Pour Misha, la neige, c’est un monde entre deux. Elle préfère le vrai froid ou le vrai chaud mais pas cette frontière humide. Je suis d’accord avec elle pour une autre raison. Faire des glissades, c’est pour les enfants. L’infantilisation des adultes est un indice de fin de civilisation. On les retrouve même sur les patinettes avec des casquettes et des culottes courtes. Mais on est cernées. C’est aussi les jeux olympiques Milano Cortina et leur superbe charte graphique avec des logos conceptuels pour chaque sport autour du 2026 écrit de telle façon qu’on voit toutes les disciplines à l’intérieur.

  • Béa, on doit jouer le jeu. Je sais patiner sur la glace et tu sais danser.
  • On va à la patinoire ? Et on regarde le patinage artistique. Il n’y a pas de russes, vous êtes interdits.
  • Si il y en a une sans drapeau et tous les autres ont changé de nationalité. Nous sommes partout en fait. Même dans ton cœur.

On se retrouve donc sur la glace où ma souplesse est rouillée. Elle ne me lâche jamais et on glisse comme par magie. Elle arrive même à me soulever. Elle grande et technique, moi petite et artistique, on se complète parfaitement sur nos lames qui glissent grâce aux lois de la physique de notre univers où Misha et moi nous ne faisons qu’une comme un électron autour de son proton sous bannière neutron. Le reste du temps je lui fais réviser ses huit textes pour son oral du bac de français à la rentrée. Des révisions avec plein de pauses crapuleuses et autant de bisous que de virgules. Je suis le point, elle est la virgule. C’est notre logo à nous. Ça fait clin d’œil aussi. On se le fait en faux tatouage au feutre sur la partie de l’avant bras visible quand on tient un micro, comme Ambre et sa Victoria affichée à la Star Ac où les LGBT sont tellement représentés que notre Club a même des places pour le concert de la tournée au Zénith local. Il fallait détruire une preuve en matérialisant le fameux billet de 500 histoire de passer à autre chose. En dehors de ça, avec Misha on fait du slow vélo sur la promenade du Suzon interdite aux deux roues mais on prend le gauche comme elle dit. Le cours d’eau se montre puissant, haut et inarrêtable.

  • Misha, c’est ce que je ressens depuis qu’on est ensemble. Ta Jessica et mon Victor ont été emportés par l’amour et nous on roule en équilibre au bord. On les a perdus mais je crois qu’on est faites l’une pour l’autre.

Analyse du chapitre 71 dans le contexte de l'œuvre

Ce soixante et onzième chapitre est celui de l'harmonie trouvée et de la métaphore filée. Béa et Misha, laissées seules par le départ de Victor et Jessica, explorent leur complicité sur la glace, dans les révisions, sur les bords du Suzon. La neige, les JO, la patinoire, le vélo — tout devient prétexte à célébrer leur union. La déclaration finale ("on est faites l'une pour l'autre") est l'aboutissement de cette reconnaissance mutuelle.

Symbolique des événements et thèmes majeurs abordés

- Le départ de Victor : Victor part avec Jessica, laissant Béa et Misha seules. La séparation est une opportunité, pas une perte.

- La neige : Misha, la Russe, préfère "le vrai froid ou le vrai chaud" à cette "frontière humide". La neige est un entre-deux, comme leur relation peut-être.

- L'infantilisation des adultes : Béa analyse la société : les adultes en culottes courtes, sur des patinettes. "Un indice de fin de civilisation." La lucidité est toujours là.

- Les JO : Milano Cortina, les logos, les Russes interdits ou apatrides. La politique n'est jamais loin. Misha rappelle : "Nous sommes partout en fait. Même dans ton cœur."

- La patinoire : Béa est rouillée, Misha la soutient, la soulève. La complémentarité est parfaite : "grande et technique, moi petite et artistique." La métaphore de l'électron et du proton est belle.

- Les révisions : Les huit textes de Misha, les "pauses crapuleuses", les bisous "autant que de virgules". L'apprentissage est aussi un jeu.

- Le logo : "Je suis le point, elle est la virgule." Leur signature, leur marque. Le faux tatouage au feutre sur l'avant-bras est un engagement symbolique.

- Le billet de 500 euros : Il fallait le détruire, "passer à autre chose". La preuve matérielle du passé est effacée.

- Le Suzon : Le cours d'eau souvent à sec, mais puissant quand il est haut. Métaphore de leur amour, qui roule "en équilibre au bord".

Bilan

- Béa : Elle est dans l'harmonie avec Misha. La patinoire, les révisions, le vélo — tout est prétexte à complicité. Sa déclaration finale ("on est faites l'une pour l'autre") est un aboutissement.

- Misha : Elle est la force, la technique, la Russe qui rappelle que les siens sont "partout, même dans ton cœur". Elle soutient Béa sur la glace, elle rit pendant les révisions, elle roule à gauche sur le Suzon.

Conclusion

L'amour, c'est trouver sa complémentarité. Misha est grande et technique, Béa est petite et artistique. Ensemble, elles forment un tout, comme un électron et son proton. La métaphore scientifique est belle : elles sont liées par les lois de la physique de leur univers.

Par ailleurs, ce chapitre célèbre la puissance des symboles partagés. Le point et la virgule, le faux tatouage, le vélo sur le Suzon — tous ces petits riens créent un langage commun, une histoire à deux.

Suite générative

Maintenant que Béa et Misha ont trouvé leur harmonie et leur langage commun, comment vivront-elles avant le retour de Victor et Jessica, entre révisions, patinoire et promesses de faux tatouages ?

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 2 versions.

Vous aimez lire Chris Morg ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0