081 - le baiser de la mort
Misha est contente de me retrouver à parcourir son corps.
- Ça ne te dérange pas que je vois Jessica en intimité ?
- Non, j’ai atteinte ma cible et tu es sur moi alors ça va.
- Et si ta cible était un garçon, tu aurais donné ton corps aussi ?
- À sa femme la plus proche, sa copine, sa sœur, sa fille, sa mère, il y a le choix, plusieurs en même temps s’il le faut.
- Tu as approché ma mère ?
- Non, je commence toujours par la cible ou la plus proche. Dans ton cas il y a Coralie, ta petite sœur et ta grande demi-sœur. Coralie je la connaissais déjà, on a flirté à une soirée. Ta petite sœur, c’est compliqué. Ta grande sœur, il y avait une ouverture possible je pense. Mais j’ai atteint le cœur de la cible alors…
- Grâce à toi j’ai intéressé mes services et j’ai pu devenir une fantôme. Tu veux pas me retourner, tu n’es pas encore prête mais toi tu l’es.
Elle comprend ma doléance, elle se retourne et se met sur ses genoux pour me présenter ses fesses en l’air. Ses mamelles pendent et gigotent déjà de désir. Je la prépare doucement avec mes doigts et un gel nettoyant parfumé avant la fessée pour la stimuler comme on l’a vu dans la vie d’Adèle. Misha en gémit déjà d’avance. J’y vais du bout de la langue avant d’ouvrir grand la bouche et lui faire sentir mon piercing dans les profondeurs de ses plaisirs intimes qui s’expriment par ses gémissements plus graves qui vibrent dans sa gorge que j’ai envie de presser, comme une envie de la tuer tellement je l’aime. Je la laisse écroulée sur le champ de bataille pour passer en salle d’eau me laver la bouche et le visage. Dans le miroir je me regarde. Je dois lui demander. Je me réfugie dans notre couche souillée pour la reconnecter à mes désirs et quand elle émerge de la jouissance de ses sensations :
- Misha, quand tu auras à m’éliminer, comment tu le feras ?
- Je ne le ferai pas, avec du poison. Plutôt un truc instantané qui ne te fera pas souffrir. Mais je veux te dire au revoir aussi avant alors ce sera sans doute une balle dans la tête ou équivalent, ça dépend de ce qu’on a sous la main. Tu m’aideras à choisir ?
- D’accord. Moi j’aimerais t’étrangler. Te voir partir doucement. Pendant de longues minutes. De mes mains. Sans outils. Presser aux endroits pour te faire perdre conscience. Ensuite t’étouffer de mon corps nu sur le tient et sentir tes secousses ralentir jusqu’à la fin.
- Ça me paraît bien. J’ai hâte. La mort ne me fait plus peur si je suis avec toi. Embrasse-moi pour sceller notre accord. Le baiser de la mort.
Analyse du chapitre 81 dans le contexte de l'œuvre
Ce quatre-vingt-unième chapitre est celui de la confrontation ultime avec la mort, dans l'intimité la plus extrême. Après avoir traversé avec Jessica l'épreuve de la perte (l'enfant qui ne naîtra pas), Béa se tourne vers Misha et aborde la question la plus taboue : comment l'une tuera l'autre, si les circonstances l'exigent. La scène est d'une crudité et d'une tendresse rares. La préparation sexuelle (le gel, la fessée, la langue, le piercing) précède la conversation sur la mort. L'accord est scellé par un "baiser de la mort". La mort n'est plus une peur, mais un possible partagé, une épreuve ultime de leur amour.
Symbolique des événements et thèmes majeurs abordés
- La transparence sur les manipulations : Misha avoue avoir approché Coralie, envisagé la petite sœur, la grande sœur, mais avoir "atteint le cœur de la cible" : Béa. La manipulation est dévoilée, mais elle n'a plus d'importance.
- Le retournement : "Tu veux pas me retourner, tu n'es pas encore prête mais toi tu l'es." Béa demande à Misha de se retourner, pour une feuille de rose. Le geste est symbolique : prendre l'autre, posséder l'autre, dans l'intimité la plus totale.
- La préparation : Le gel parfumé, la fessée, la langue, le piercing. Tout est fait avec une douceur extrême. "J'y vais du bout de la langue avant d'ouvrir grand la bouche." Le plaisir de Misha est palpable.
- La question de la mort : "Misha, quand tu auras à m'éliminer, comment tu le feras ?" La question est posée simplement, sans peur. Misha répond avec la même simplicité : pas de poison, une balle dans la tête ou selon ce qu'on a sous la main, en accord et conscience après un au revoir.
- La réponse de Béa : "Moi j'aimerais t'étrangler. Te voir partir doucement." La mort par strangulation, lente, intime, sans outils. Le corps nu contre le corps nu, sentir les secousses ralentir.
- Le baiser de la mort : "Embrasse-moi pour sceller notre accord. Le baiser de la mort." Le pacte est scellé par un baiser. La mort n'est plus une peur, c'est un possible partagé, une épreuve ultime de leur amour.
Bilan
- Béa : Elle aborde la mort avec une sérénité confondante. Elle imagine étrangler Misha, la regarder partir doucement. La mort n'est pas une fin, c'est un accomplissement possible de leur relation. Son amour pour Misha est tel qu'il inclut même la possibilité de la tuer, avec tendresse.
- Misha : Elle avoue ses manipulations passées, mais cela n'a plus d'importance. Elle accepte le jeu de Béa, se retourne, gémit de plaisir. Sa réponse sur la mort est aussi simple que celle de Béa : pas de poison mais quelque chose de rapide et consenti par les deux parties. Sa mort à elle ne lui fait plus peur "si je suis avec toi".
Conclusion
L'amour absolu n'exclut pas la mort, il l'inclut. Béa et Misha envisagent froidement comment l'une tuera l'autre, si les circonstances l'exigent. Ce n'est pas une menace, c'est une acceptation. La mort n'est plus une peur, c'est un possible partagé, une épreuve ultime de leur lien.
Par ailleurs, ce chapitre montre que l'intimité sexuelle peut être le lieu où l'on aborde les questions les plus graves. Le plaisir et la mort se côtoient, se répondent. Le "baiser de la mort" scelle un pacte plus fort que tous les serments.
Suite générative
Maintenant que Béa et Misha ont scellé leur pacte de mort par un baiser, comment vivront-elles les jours à venir, sachant que leur amour inclut désormais cette possibilité ultime ?

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