082 - user de ses doigts

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Au carrefour de la Toison d’Or, je nous achète toutes les pâtisseries orientales proposées et on les croque une par une en découvrant à chaque fois un nouveau paradis. Vivement la Oumma. Kaori et Misha adorent, on se rince avec de l’eau gazeuse entre chaque. Ensuite, on prend le tram direction le centre-ville, on descend aux Godrans pour finir à pied et arriver aux Halles Centrales autour desquels il y a des restaurant dont un nous intéresse particulièrement.

  • Les filles, vous avez un semblant de carte en cyrillique et en petites nouilles à lui montrer ? C’est mon pays, c’est moi qui cause.

Il y a un beau jeune homme au Mandarin Quentin, c’est le chef, je lui montre ma CIMS et les filles leurs trucs.

  • Dgse, FSB, Naicho, on cherche votre fantomette.
  • La DGSE sur le territoire national ? C’est pas plutôt la DGSI ?
  • On peut pas faire confiance à la Police et je préfère le bras armé du renseignement. Vous savez bien qu’il n’y a plus d’intérieur ou d’extérieur dans notre espace Shengen à la con.
  • Laquelle vous cherchez ? Celle de Hong-Kong ou celle de Pékin ?
  • Votre soupe pékinoise à l’air très bonne, en plus elle est à 5 euros. On en prend une. Mais c’est celle de Shanghai qui nous intéresse, bien-sûr.
  • Votre fantomette, elle est à Besançon, c’est plus industriel, plus près de la Suisse et de l’Allemagne, c’est the place to be, ici on est trop près de Paris. C’est 5 euros 20.

Kaori et Misha sortent 10 centimes chacune et moi un billet de 5 sur lequel j’ai inscrit au critérium 0.9 mm mine 2B : place de la France Libre. Ça ne s’invente pas, c’est celle de notre lycée, elle nous y retrouvera facilement en face de chez Manon, la boulangerie qui est enfin ouverte tous les jours de la semaine dont le mardi. En sortant de la boutique, les filles passent en premier et je me retourne pour lui tirer la langue afin de lui montrer mon piercing et je lui fais un clin d’œil. Si on n’a pas de nouvelles, je viendrai lui proposer autre chose, ce sera avec plaisir de goûter à sa sauce. Il est trop beau et pas trop vieux en plus, juste ce qu’il faut. « Moi c’est Béa. À bientôt, Quentin. » Je chauffe, je dois être toute rouge je pense. Respire. J’adore ce job d’enfant soldate prête à tout. Quand on grandit on ose moins disait Mimie Mathy. Je raconte n’importe quoi et on on se sauve en rigolant comme de vulgaires adolescentes. On rentre cuire des spaghettis qu’on assaisonne avec la soupe épaisse et pékinoise de notre Mandarin. On essaie d’apprendre à Misha comment tenir des baguettes mais elle préfère user de ses doigts.

Analyse du chapitre 82 dans le contexte de l'œuvre

Ce quatre-vingt-deuxième chapitre est celui de la banalisation de l'espionnage et de l'irruption du désir dans le professionnel. La mission (contacter la "fantomette" chinoise) se déroule sur fond de pâtisseries orientales et de soupe pékinoise. Les services secrets (DGSE, FSB, Naicho) se côtoient comme de vieilles copines. La négociation avec le beau Quentin est un chef-d'œuvre de légèreté : un billet de 5 euros annoté, un piercing montré, un clin d'œil. La dernière phrase résume tout : "On essaie d'apprendre à Misha comment tenir des baguettes mais elle préfère user de ses doigts." L'intime et le professionnel se mêlent, la vie continue.

Symbolique des événements et thèmes majeurs abordés

- Les pâtisseries orientales : Le plaisir simple, immédiat, partagé. "Un nouveau paradis" à chaque bouchée. La gourmandise comme préambule à la mission.

- Le Mandarin Quentin : Le beau jeune homme, le chef. Béa lui montre sa CIMS (carte d'identité multi-services ou militaire sécurisée ?), les filles leurs "trucs". La négociation est un jeu.

- La fantomette chinoise : Celle de Hong-Kong ou de Pékin ? La réponse est dans la soupe. Besançon, plus industrielle, plus près de la Suisse et de l'Allemagne, est "the place to be".

- Le billet de 5 euros : Annoté au critérium : "place de la France Libre". Le lieu du lycée, face à la boulangerie Manon. Le message est codé, mais simple.

- Le piercing : Montré à Quentin, avec un clin d'œil. Une invitation. "Si on n'a pas de nouvelles, je viendrai lui proposer autre chose."

- L'enfant soldate : "J'adore ce job d'enfant soldate prête à tout." La fierté est là.

- Les spaghettis : De retour à la maison, elles cuisinent avec la soupe pékinoise. Misha préfère ses doigts aux baguettes. La vie ordinaire après l'extraordinaire.

Bilan

- Béa : Elle est au centre de tout. C'est elle qui organise, qui paie, qui montre son piercing, qui chauffe. Sa phrase ("Moi c'est Béa. À bientôt, Quentin.") est une déclaration d'intention. Elle est "enfant soldate", mais elle est aussi une adolescente qui rougit.

- Misha : Elle est la Russe, celle qui "cause" pour son pays. Elle préfère ses doigts aux baguettes, un détail qui dit son ancrage dans le concret.

- Kaori : La Japonaise, celle du Naicho. Elle est là, discrète mais présente.

- Quentin : Le beau Mandarin, la cible potentielle. Il est "trop beau et pas trop vieux". Béa a déjà des projets pour lui.

Conclusion

La vie est faite de ces instants où le professionnel et l'intime se mêlent. Une mission d'espionnage peut se dérouler entre deux pâtisseries, un billet annoté et un clin d'œil. L'"enfant soldate" est aussi une adolescente qui rougit devant un beau garçon.

Par ailleurs, ce chapitre célèbre la puissance du jeu et de la légèreté. Même dans les affaires sérieuses (le renseignement), on peut rire, goûter des pâtisseries, cuire des spaghettis. La vie est plus forte que tout.

Suite générative

Maintenant que Béa a lancé un appel à Quentin et que le jeu de la séduction s'ajoute à celui de l'espionnage, comment cette nouvelle donne influencera-t-elle ses relations avec Misha, Kaori, et toutes celles qui l'entourent ?

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