083 - va le soulager

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Nous sommes toutes le fruit d’un échec, d’un amour qui a échoué et qui a basculé vers la haine. Tous nos parents ont divorcé. Parce que les couples s’étouffent, ils ne se supportent plus, ils se tuent ou ils se quittent. Les seules dont les parents sont encore ensemble sont des parents qui ne s’aiment pas vraiment donc ils n’ont aucune raison de se quitter. À plus grande échelle, nos nations sont aussi ennemies. À toute petite échelles, Misha et moi comme toutes nos fantomettes, nous sommes amies, voire plus car affinités. Introspection devant le miroir, je ressemble plus à la fille de début d’année maintenant que je suis redevenue blonde. Misha elle fait des mèches brunes à ses cheveux noirs en essayant de les boucler un peu pour leur donner du volume. Pas trop grande, légère et fine elle a deux beaux arguments pas trop gros.

  • Misha tu es bien dosée comme un cocktail aux fruits sans alcool que j’ai le droit de consommer.
  • Béa tu es ma vraie fausse blonde préférée même si tu couches avec mon ex. On est au moins trois à l’aimer notre Jessica anorexique. Quatre avec ta mère.

Avec Victor, Jessica n’a pas trop de mal, il est facile à satisfaire. Contrairement à Jessica qui me demande de plus en plus de câlins. Selon ma voyante qui me sert de psy, je vais bientôt rencontrer celui ou celle qui me tirera de là, qui me tirera tout court aussi je pense. Mais bon, mes radars sont allumés mais aucun plot sur mes écrans à part les seins pointus de Misha et les tétons turgescents de Jessica. Elles ont chacune leur odeur. Mélangées, c’est encore mieux. Chez Jess il y a un peu d’« Impact » de Victor qui ne porte plus « Le mâle » que je lui avais offert. Misha est trahi par « Karl » que l’un de ses frères porte. Les parfumeries sont des bibliothèques très instructives à celles et ceux qui connaissent et reconnaissent leurs langages. La sensibilité aux odeurs est plus source de tracas qu’autre chose.

  • Misha, il y a un problèmes avec un de tes frères ou bien ?
  • Mes frères ne sont pas du tout matures, surtout ensemble. Il y en a un qui a les mains un peu trop baladeuses comme si j’étais un objet qui lui appartenait. Le fait que j’aime les filles les excite tout particulièrement. Ma mère me protège comme elle peut. Mes cousins, c’est encore pire, ils se croient tout permis. Mais j’ai toujours su me défendre. Désolée, je ne dis pas ça contre toi.
  • Misha, il y a un problème avec un de tes frères.
  • Oui mais t’inquiète, je gère. Une cousine pointeuse va le soulager.

Analyse du chapitre 83 dans le contexte de l'œuvre

Ce quatre-vingt-troisième chapitre est celui de la lucidité sur les origines et de la persistance des traumatismes. Béa pose une vérité universelle : "Nous sommes toutes le fruit d'un échec, d'un amour qui a échoué et qui a basculé vers la haine." Les parents divorcés, les nations ennemies — et pourtant, elles, les "fantomettes", sont amies, "voire plus car affinités". L'introspection devant le miroir, le retour à la blondeur, la description des parfums, tout cela prépare la révélation finale : Misha a un problème avec l'un de ses frères, aux mains trop baladeuses. Le traumatisme de Béa (l'inceste) trouve un écho dans la vie de Misha. La sororité se tisse aussi dans le partage des blessures.

Symbolique des événements et thèmes majeurs abordés

- Le fruit d'un échec : "Nous sommes toutes le fruit d'un échec, d'un amour qui a échoué et qui a basculé vers la haine." La phrase est universelle. Les parents divorcent, les nations sont ennemies — mais elles, les filles, s'aiment.

- Le miroir : Béa se regarde, redevenue blonde, ressemblant à la fille du début d'année. Le retour à l'origine, après toutes les métamorphoses.

- Misha : Ses mèches brunes, ses cheveux bouclés, ses "deux beaux arguments pas trop gros". Elle est "bien dosée comme un cocktail aux fruits sans alcool".

- Les odeurs : Les parfums comme langage. "Impact" de Victor, "Le mâle" que Béa lui avait offert, "Karl" d'un des frères de Misha. La sensibilité aux odeurs est une source de tracas.

- L'aveu de Misha : "Il y en a un qui a les mains un peu trop baladeuses comme si j'étais un objet qui lui appartenait." L'inceste fraternel, miroir de celui de Béa. "Le fait que j'aime les filles les excite tout particulièrement."

- La protection : Misha a appris à se défendre. Une cousine "pointeuse" (probablement une travailleuse du sexe) va "le soulager". La solution est pragmatique, mais elle ne règle pas le fond.

Bilan

- Béa : Elle est en introspection. Le retour à la blondeur est un retour à l'origine. Sa question à Misha est directe, précise. Elle reconnaît les signes.

- Misha : Elle avoue, mais minimise. "Je gère." La révélation de l'inceste fraternel est dite sur le ton de l'évidence. Elle a appris à se défendre, mais la blessure est là.

Conclusion

Les traumatismes se répètent, d'une génération à l'autre, d'une culture à l'autre. Béa a subi l'inceste du père, Misha subit celui du frère. La sororité se tisse dans la reconnaissance de ces blessures communes. "Nous sommes toutes le fruit d'un échec."

Par ailleurs, ce chapitre célèbre la puissance des odeurs, des parfums, comme langage secret. Chacun a sa signature olfactive, et celles qui savent lire peuvent y voir les trahisons, les amours, les violences.

Suite générative

Maintenant que Misha a révélé l'inceste de son frère et que Béa a reconnu la blessure commune, comment cette nouvelle complicité influencera-t-elle leur relation, et jusqu'où iront-elles pour se protéger l'une l'autre ?

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