088 - c'est la meilleure
On a toutes les mêmes directives. Ne pas faire remonter toutes les infos qu’on a. Celles-ci sont filtrées à chaque niveau de la hiérarchie avant d’arriver à nos politiques irresponsables qui ne demandent qu’à appuyer sur le bouton rouge. Je demande à Kaori :
- Même le Japon ?
- On a moyens techniques, du jour au lendemain on peut avoir un bouton rouge à appuyer. En attendant, on fait profil bas. C’est pratique parce que si ennemi faire boum, ça peut pas officiellement être nous et ça c’est cool. La guerre est un jeu où pour gagner il faut pas jouer. Nous pouvoir gagner.
En tant que France, je me sens amie de la Russie et de l’Iran. J’aimerais bien me farcir une fantomette iranienne. En fait, toutes les fantomettes iraniennes sont farcies, bien-sûr. Les USA font leur crise d’adolescence en Iran, on va voir comment ça tourne. Qu’est qu’on y peut, à notre niveau ? Mon camp continue de perdre des alliés, l’hémorragie doit cesser. Nous ne voulons que le bien de notre prochain. Protéger nos nations d’elles-mêmes. Bla, bla, bla… C’est ce que je raconte à ma psy au centre de recrutement de la gendarmerie, boulevard Joffre.
- C’est pas la peine de me tester Béatrice. Je ne fais que de vagues rapports qui n’ont rien à voir avec ce qu’on se raconte ici.
- Où est passée ma référente de la caserne Vaillant ? Pourquoi il n’y a plus d’entraînements programmés ?
- On est un peu en crise en ce moment. Mais je peux t’indiquer un correspondant de terrain, un ancien. Tu peux le rencontrer facilement avec ta vraie couverture de lycéenne. Il est au courant de tout. C’est lui qui va t’approcher. Il est un peu, spécial, mais c’est un bon.
Au courant de tout. Ben voyons. Je rentre au lycée, c’est la réunion des clubs. Je sors ma pochettes avec les deux intercalaires : actions menées, action à mener. Et un laïus pour mettre en avant mon groupe de parole. Le problème, c’est que je dois vendre tout ça directement au proviseur. Claude Savon. Gentil et bienveillant. Classe et intelligent aussi. Avec un humour britannique, sophistiqué et absurde. C’est une crème, il met tout le monde à l’aise. Sa femme est dans l’administration aussi, à l’Auditorium. Sûrement une ancienne cantatrice ou un truc du genre. Vu sa façon de bouger, certainement une danseuse aussi. Elle vient souvent nous voir au club de danse. J’entre dans le bureau du Proviseur.
- Mademoiselle Baverel. Excellent travail, avec Misha, et Kaori.
- Vous connaître Kaori ? C’est la meilleure.
Analyse du chapitre 88 dans le contexte de l'œuvre
Ce quatre-vingt-huitième chapitre est celui de la désillusion politique et de la révélation du réseau. Béa découvre que les informations sont filtrées à tous les niveaux, que les "politiques irresponsables" ne demandent qu'à appuyer sur le bouton rouge, et que la guerre est un jeu où "pour gagner il faut pas jouer". La conversation avec Kaori révèle que même le Japon a son "bouton rouge". La visite à la psy du centre de recrutement de la gendarmerie confirme que le système est en crise, mais qu'un "correspondant de terrain" va l'approcher. Enfin, l'entretien avec le proviseur Claude Savon, qui connaît déjà Kaori, révèle que tout est lié, que le réseau est partout, même au lycée.
Symbolique des événements et thèmes majeurs abordés
- Les directives : "Ne pas faire remonter toutes les infos." Les informations sont filtrées à chaque niveau. Les politiques ne voient qu'une partie de la réalité.
- Le bouton rouge : Kaori confirme que même le Japon peut avoir "un bouton rouge à appuyer". La menace est partout.
- La guerre comme jeu : "La guerre est un jeu où pour gagner il faut pas jouer." Une maxime paradoxale, mais profonde.
- L'Iran : Béa aimerait "se farcir une fantomette iranienne". Les USA font leur "crise d'adolescence" en Iran. La géopolitique est une affaire de désirs et de fantasmes.
- La psy : Elle est au courant, mais elle ne dit rien. Le système est en crise, les entraînements sont annulés. Un "correspondant de terrain" va approcher Béa.
- Le proviseur : Claude Savon, gentil, bienveillant, classe, intelligent, humour britannique. Il connaît déjà Kaori. "C'est la meilleure." Le réseau est partout.
Bilan
- Béa : Elle navigue entre désillusion politique et révélation du réseau. Sa question sur l'Iran est un fantasme, mais un fantasme qui dit son désir d'aller plus loin. Sa rencontre avec le proviseur confirme que tout est lié.
- Kaori : Elle confirme que même le Japon a son "bouton rouge". La guerre est un jeu. Elle est "la meilleure" aux yeux du proviseur et de Béa.
- La psy : Elle est une courroie de transmission, mais elle ne dit pas tout. Le système est en crise.
- Le proviseur : Il est le maillon suivant. Gentil, bienveillant, mais au courant de tout. "Mademoiselle Baverel. Excellent travail, avec Misha et Kaori." Il sait.
Conclusion
La politique est un théâtre d'ombres où les informations sont filtrées, les responsabilités diluées, les vérités cachées. "La guerre est un jeu où pour gagner il faut pas jouer." Ceux qui tirent les ficelles restent invisibles.
Par ailleurs, ce chapitre montre que le réseau est partout. Le proviseur connaît Kaori. La psy connaît le "correspondant de terrain". Rien n'est séparé, tout est lié. Les fantômes se reconnaissent entre eux.
Suite générative
Maintenant que Béa a découvert que le proviseur est dans le réseau et que tout est lié, comment réagira-t-elle à l'arrivée de ce "correspondant de terrain", et jusqu'où la mènera ce nouveau maillon ?

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