096 - sur ma selle
Au bal, Jessica et Victor forment un couple splendide. Misha n’étant pas conviée, je me retrouve avec Coralie. À nous deux on représente bien la communauté LGBT, elle avec ses mèches bleues, moi avec ma tresse arc-en-ciel. Photos de couple. On est très câlines. Victor me fait danser. Je fais des bisous à Jess. Je semble beaucoup en montrer mais ce n’est que le sommet de l’iceberg. Même le proviseur se montre avec sa secrétaire pour créer de vraies fausses rumeurs. Le roi et la reine du bal sont élus par la majorité des non déviants. L’ouverture d’esprit, ça marche dans les deux sens entre nos communautés. À la fin de la soirée, pendant qu’on range et qu’on débranche, la secrétaire vient me voir pour me dire :
- Je te le laisse, Sofia m’attend. Chez moi. Merci Béatrice, pour tout.
- Soyez heureuses. Bientôt en famille. Ça commence à se voir.
On se fait la bise et le proviseur ramène les responsables chez eux. Moi je rentre à vélo, je suis à trois minutes. Quand j’arrive à la maison, Jessica en a déjà terminé avec Victor qui dort déjà. Elle me rejoint donc pour une séance supplémentaire de câlins. Depuis qu’elle mange et qu’elle sort avec un garçon, sa mère la laisse libre à habiter chez nous, bien contente aussi de ne plus avoir à la gérer. Ça fait le bonheur de ma mère qui adore Jessica. Mais cette nuit elle est à moi ou plutôt moi à elle tellement elle m’entreprend. La nuit avec Jessica, le jour avec Misha, on doit aussi se dégager du temps pour nos excursions aux allées du parc. De trois heures à cinq heures du matin, on fait le mur pour aller se faire secouer dans tous les sens chez monsieur et madame Savon. Mais le mieux ce sont nos après-midi où on est censées faire du shopping ou se balader en ville. Au lieu de ça, on le fait en plein jour, à l’extérieur à l’abri des regards grâce aux hauts murs. Il a juste à ouvrir sa braguette et moi à écarter les jambes en relevant ma jupe et c’est parti pour la lubrification buccale et une séance de rodéo à faire danser mes hanches dans tous les sens. Le but est simple : le faire jouir, autant de fois que possible. Mais on fait des pauses quand même. Comme la lessive de nos draps souillés et je lui recouds un bouton. Dans la buanderie, il me prend sur la machine à laver en mode essorage, le coquin. Le reste du temps on le consacre à des moments tendres et intimes. On a une vraie love affair en fait, qui n’a de sens que pour nous, privée et secrète comme le reste. Mais je dois le laisser, j’ai des devoirs à terminer et Misha à aider, entre autres. En rentrant à vélo, je rapporte avec moi son odeur jusque dans mes selles sans oublier mon vagin qui suinte de sa semence sur ma selle.
xoxo
Analyse du chapitre 96 dans le contexte de l'œuvre
Ce quatre-vingt-seizième chapitre est celui de l'apothéose et de l'équilibre. Le bal des secondes est une réussite, Jessica et Victor forment un "couple splendide", Béa et Coralie représentent fièrement la communauté LGBT. La secrétaire de Claude, enceinte, part rejoindre Sofia, laissant Claude à Béa. La nuit avec Jessica, le jour avec Misha, les après-midi clandestins chez les Savon — tout s'organise dans une harmonie parfaite. La dernière image, Béa rentrant à vélo avec l'odeur de Claude sur elle et sa semence sur la selle, résume cette vie multiple et assumée.
Symbolique des événements et thèmes majeurs abordés
- Le bal : Une réussite. Jessica et Victor sont "splendides". Béa et Coralie représentent la communauté. Le proviseur et sa secrétaire créent de "vraies fausses rumeurs". L'ouverture d'esprit fonctionne dans les deux sens.
- La secrétaire : Elle part rejoindre Sofia, enceinte de Claude. "Soyez heureuses. Bientôt en famille." Le réseau s'étend, les vies se construisent.
- Jessica : Elle a terminé avec Victor, elle rejoint Béa pour des câlins. Elle habite chez eux, adoptée par la mère de Béa. "Cette nuit elle est à moi ou plutôt moi à elle."
- L'organisation : La nuit avec Jessica, le jour avec Misha, les après-midi chez les Savon. Une vie réglée comme du papier à musique.
- Les moments chez les Savon : La braguette ouverte, la jupe relevée, le rodéo, la lessive, le bouton recousu, la machine à laver en mode essorage. L'intimité la plus totale, mêlée aux gestes les plus ordinaires.
- La love affair : "Une vraie love affair en fait, qui n'a de sens que pour nous, privée et secrète comme le reste." La relation avec Claude est reconnue comme telle.
- Le retour à vélo : L'odeur de Claude, sa semence sur la selle. Le corps de Béa porte les traces de ses amours.
Bilan sur chaque personnage présent
- Béa : Elle est au centre de tout, mais elle gère avec une aisance confondante. Le bal, Jessica, Misha, Claude — tout s'organise. Sa relation avec Claude est une "love affair", reconnue comme telle. Le retour à vélo, avec sa semence sur la selle, est une image de plénitude.
- Jessica : Elle est devenue une membre de la famille. Adoptée par la mère de Béa, elle partage ses nuits avec Béa. "Elle est à moi ou plutôt moi à elle."
- Claude : Il est l'amant secret, celui des après-midi clandestins. La lessive, le bouton recousu, la machine à laver — tout cela crée une intimité domestique.
- La secrétaire : Elle part vivre son amour avec Sofia, enceinte de Claude. Le cycle continue.
- Misha : Elle est présente dans l'organisation (le jour avec Misha), mais absente de ce chapitre.
Conclusion philosophique
L'amour multiple peut être vécu dans l'harmonie et l'organisation. La nuit avec Jessica, le jour avec Misha, les après-midi avec Claude — tout cela coexiste, s'équilibre, se complète. Chaque relation a sa place, son temps, son intensité.
Par ailleurs, ce chapitre célèbre la puissance de l'intimité partagée. Les gestes les plus ordinaires (la lessive, le bouton recousu) deviennent des moments d'amour. La machine à laver en mode essorage devient un accessoire érotique.
Imaginer une suite en une phrase sous forme de question
Maintenant que Béa a trouvé cet équilibre entre ses différentes amours et que sa vie est réglée comme du papier à musique, comment réagira-t-elle quand un imprévu viendra briser cette harmonie ?

Annotations
Versions