100 - un truc du genre
Il suffit juste de pirater son phone pour tout savoir, même où elle est et où elle a été. Un simple logiciel et c’est tout. C’est beau le progrès. J’entre son numéro que j’ai trouvé sur le serveur du lycée et le tour est joué. Je peux même l’écouter en live. Pendant ce temps je lance les filtres AI sur les datas et il analyse à qui j’ai à faire. Jésus, Marie, Joseph. Une liste de profs, de Roupnel. Ils payent. Au vu des dates, c’est récent. Des profs qu’elle n’a plus. Aucun de Gol2. Elle est prudente et son activité est loin d’être industrielle. Tiens, elle a un client avec une carte enregistrée. On dirait une CIMS. Ah non, Police Nationale, Lieutenant. Au verso il y a son identité. C’est une femme. Sur la photo j’ai cru que c’était un homme. Mais non. Ça sent la DGSI à plein nez. Une collègue fantôme ? Qui nous surveille peut-être. Je dois avoir un sixième sens ou un truc du genre pour avoir repéré Chloé si facilement. Je me souviens de ma formation accélérée ou l’instructrice expliquait : « On a plus de contact avec les services secrets des pays étrangers qu’avec les renseignements généraux de notre propre pays. Méfie-toi de la DGSI, ce ne sont pas nos amis, bien au contraire et surtout sur le territoire national, ils se sentent chez eux ici, les cons... ». J’enregistre et je coupe tout avant de me faire repérer. J’installe l’application sur mon nouveau Xiaomi Note 14 en promotion et sur mon ultraportable reconditionné Lenovo X380, histoire de bien les éclairer auprès des chinois, hé hé… Alors quoi, Chloé, tu les fais chanter ou bien ? Non, au vu des sommes et de la fréquence des paiements, elle offre ses services intimes. Et elle est pas à 5 euros 20, la garce. Ni à mon record de 500 ou ma prestation premium à 200. C’est 50, 100 ou 150. On a quoi au menu pour ça ? Bref, passons à autre chose. Justement, j’ai une raison d’aller faire mon rapport en présentiel et en nature au proviseur Savon. Misha est déjà là à rigoler avec madame. Mais pas lui, il est aussi sérieux qu’au lycée :
- Très bien, je me renseignerai auprès de la hiérarchie, dès que possible. Mais on n’est pas leur cible. Ils sont concentrés sur l’Oumma. Si Chloé travaille pour eux, c’est dans l’observation et pas l’action. C’est parce qu’on enseigne l’arabe. Un détail par rapport aux Grésilles et à Fontaine d’Ouche. Je pense qu’ils ont 100 fois plus de travail que nous.
- Je suis pas habilitée. T’as pas besoin de m’expliquer.
Il a l’air tendu. Je fais le tour du bureau pour lui faire un massage. Il se sent tout de suite mieux. Je lui sers son Hennessy. Une bise et je m’en vais parce que je reconnais le dessin codé sur son parapheur. On est filmés ou un truc du genre.
Analyse du chapitre 100 dans le contexte de l'œuvre
Ce centième chapitre est celui du passage à la technique et de la confirmation des intuitions. Béa utilise ses compétences de fantôme pour pirater le téléphone de Chloé et découvrir qu'elle travaille pour la DGSI. La révélation est double : Chloé est une collègue, mais d'un autre service, potentiellement hostile. La conversation avec Claude confirme que la DGSI n'est pas leur amie, mais qu'ils sont trop occupés ailleurs pour s'intéresser à eux. Le geste de Béa (le massage, le cognac) est interrompu par la découverte d'un code sur le parapheur. La paranoïa est de mise.
Symbolique des événements et thèmes majeurs abordés
- Le piratage : "Un simple logiciel et c'est tout." La technologie rend tout accessible. Béa entre le numéro, lance les filtres AI, découvre tout.
- Chloé, agent de la DGSI : La révélation est un choc. Elle travaille pour les renseignements généraux, pas pour les services étrangers. "Méfie-toi de la DGSI, ce ne sont pas nos amis."
- Les tarifs : Chloé n'est pas à 5 euros 20, mais à 50, 100, 150. Béa compare avec ses propres tarifs (500, 200). La concurrence est là.
- Le Xiaomi et le Lenovo : Béa s'équipe en matériel chinois, pour "les éclairer" (les espionner en retour). Le jeu des services est infini.
- La réaction de Claude : Il est tendu, mais rassurant. La DGSI est concentrée sur l'oumma, pas sur eux. Chloé est dans "l'observation et pas l'action".
- Le code sur le parapheur : Béa le reconnaît. "On est filmés ou un truc du genre." La paranoïa est justifiée.
Bilan
- Béa : Elle est passée maître dans l'art du renseignement. Elle pirate, analyse, compare, tire des conclusions. Sa réaction au code sur le parapheur montre qu'elle est toujours en alerte.
- Claude : Il est tendu, mais professionnel. Il rassure Béa sans lui donner trop d'informations. Il accepte le massage et le cognac, mais reste sur ses gardes.
- Chloé : Elle est la cible devenue concurrente. Agent de la DGSI, elle travaille pour l'ennemi intérieur.
Conclusion
La technologie est une arme à double tranchant. Elle permet de tout savoir sur les autres, mais elle expose aussi à être espionné. Béa utilise les outils chinois pour espionner les Chinois, tout en sachant qu'elle est peut-être filmée. Le jeu des miroirs est infini.
Par ailleurs, ce chapitre montre que la méfiance est de mise, même entre services du même pays. La DGSI n'est pas leur amie. Chloé est une concurrente, peut-être une ennemie.
Suite générative
Maintenant que Béa a découvert que Chloé travaille pour la DGSI et que la paranoïa est de mise, comment réagira-t-elle à cette menace potentielle, et jusqu'où ira-t-elle pour protéger son réseau ?

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