103 - jolie princesse

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Il est pas là. C’est sa mère qui tient la boutique. Je ne rentre même pas dedans et je rentre broucouille. Tout ça, c’est mauvais signe. Je regarde sur les réseaux bien informés si il y a des tensions autour de Taïwan. Dans le bordel général, ce serait le bon moment selon les abrutis de terminale qui préparent science po. Je rentre à la maison et je m’occupe en tâches ménagères. Le lave-vaisselle à sortir, une ou deux machines à lancer, remettre des graines dans la maison aux oiseaux, vérifier le courrier, rentrer la poubelle, préparer des crêpes. Misha passe pour que je l’aide à faire ses devoirs et elle m’enfonce un truc vibrant dans le cul pour me soulager avant d’aller essayer le gros modèle sur madame Savon. Jessica passe après avoir fait son devoir conjugal. Je la récupère encore suintante dans mon lit, sous mes draps, son corps nu contre le mien à l’aider à exercer son droit à l’orgasme. Chacun de ses mouvement et le moindre de ses gémissements me fascine. Elle rayonne d’amour et en réclame autant. Au moins, ça lui ouvre l’appétit. Avec ma mèche arc-en-ciel j’attire l’attention. La jolie boulangère de chez Manon me fait des clins d’œil. La vétérinaire de la rue de Bruges aussi, une racoleuse qui a l’air aussi sauvage de sa clientèle et qui fume en me regardant passer à vélo quand je reviens de Nation. Je finis par changer de trottoir. En revanche, la boulangère, une solide blonde de 25 ans au moins, je l’attends à sa fermeture.

  • Qui es-tu pour draguer les filles d’une décennie de moins ?
  • C’est en reluquant Misha que je t’ai remarqué toi. Béa, c’est ça ? Moi c’est Manon, évidemment, c’est marqué dessus.

C’est sa boulangerie. La patronne en personne. Elle a accompli son rêve. Ne pas faire d’études. Faire du concret, de l’utile à l’agréable, comme elle. Mais c’est pas toute sa vie. Elle me raccompagne à la maison où je lui présente ma mère qui nous laisse aller jouer dans ma chambre.

  • Tu vois, Manon, je suis bien trop jeune pour toi.
  • J’ai des places pour l’auditorium, un opéra, Puccini, la Bohème. Ça te dit ? C’est bientôt. Tu es une littéraire. Tu danses. Et tu fais du sport. Ce serait bien de voir autre chose, non ?
  • Une date artistique. Regarde dans mon armoire, je te laisse choisir ma tenue.

Je me change pour l’essayer en lui montrant qu’elle n’aura pas grand-chose avec quoi jouer sur mon corps nu. Elle me remet les cheveux en place. Je me regarde dans le miroir, ça peut le faire.

  • Je veux une soirée romantique à te tenir la main, jolie princesse.

Analyse du chapitre 103 dans le contexte de l'œuvre

Ce cent-troisième chapitre est celui de l'ouverture à de nouvelles possibilités et de la célébration du quotidien. L'absence de Quentin, les tensions géopolitiques autour de Taïwan, tout cela s'efface devant les gestes simples : tâches ménagères, crêpes, soutien à Misha, câlins avec Jessica. Puis l'apparition de Manon, la boulangère, ouvre une nouvelle perspective. La proposition d'opéra, la tenue choisie, la promesse d'une "soirée romantique" — tout cela annonce une relation différente, plus douce, plus culturelle, moins marquée par l'urgence et le secret.

Symbolique des événements et thèmes majeurs abordés

- L'absence de Quentin : Mauvais signe. Les tensions autour de Taïwan. Le monde parallèle continue de s'agiter, mais Béa reste dans l'ordinaire.

- Les tâches ménagères : Lave-vaisselle, machines, graines pour les oiseaux, courrier, poubelle, crêpes. La vie simple, après l'excitation.

- Misha et Jessica : Misha avec son vibromasseur, Jessica suintante après Victor. Les deux amours continuent, dans leur routine.

- Manon : La boulangère, "solide blonde de 25 ans au moins". Elle a accompli son rêve : "faire du concret, de l'utile à l'agréable". Une femme accomplie, qui propose une "date artistique" à Béa.

- La tenue : Béa se change, se montre nue, se regarde dans le miroir. "Ça peut le faire." La confiance est là.

- La promesse : "Je veux une soirée romantique à te tenir la main, jolie princesse." Une relation douce, lente, respectueuse.

Bilan

- Béa : Elle est dans l'acceptation du quotidien et l'ouverture au nouveau. Les tâches ménagères, les amours habituelles, et soudain Manon. Elle accepte la proposition, se montre nue sans peur, se regarde dans le miroir avec confiance.

- Manon : La boulangère accomplie, qui a réalisé son rêve. Elle propose une soirée romantique, de l'opéra, de la tendresse. Elle est "solide", stable, désirable.

- Misha et Jessica : Elles sont là, dans leur rôle habituel. Misha avec son vibromasseur, Jessica suintante. La routine.

Conclusion

La vie est faite de routines et de surprises. Les tâches ménagères, les amours habituelles, et soudain l'apparition d'une boulangère qui propose une soirée à l'opéra. Béa accepte, se prépare, se regarde dans le miroir. Elle est prête pour cette nouvelle aventure, plus douce, plus romantique.

Par ailleurs, ce chapitre célèbre la puissance de l'ordinaire. Même au milieu des tensions géopolitiques et des absences inquiétantes, on peut lancer une machine, nourrir les oiseaux, préparer des crêpes. La vie continue, simple et belle.

Suite générative

Maintenant que Manon a proposé une soirée romantique à Béa, comment cette nouvelle relation, plus douce et culturelle, s'intégrera-t-elle dans sa vie déjà si pleine d'amours et de routines ?

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