119 - une formule unique

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Vu comme ça. On a nos cérémonies où l’on accède plus facilement à l’absolu que dans les religions classiques qui considèrent nos pratiques comme des péchés capitaux, comme par hasard. Chez nous point d’élue, juste le point G. Que tout le monde cherche sans le trouver parce qu’il est nulle part et partout, comme Dieu, ce n’est pas un bouton ou un moulin à prières. Quoi que, si ça tourne et si ça vibre, ça peut le faire. L’année n’est pas encore terminée et tout le monde a déjà couché avec tout le monde comme dans une télé novela, un soap, une histoire sans fin. Comme quoi, même Jessica, je vais finir par la perdre à travers la vie, le lycée, la prépa, les grandes écoles, le métier, rien ne peut résister à l’existence. C’est déprimant. Aussi, j’en profite bien de ma Jess pendant qu’elle est encore à moi. On accompagne ma mère à une soirée caritative, on est toutes belles et une vieille rombière importante félicite maman :

  • Vous avez de jolies filles, des jumelles ?
  • C’est moi la fausse, Béatrice et voici la plus belle, Jessica.

On se ressemble trop. C’est vrai qu’on est habillées pareil. Même coiffure et mêmes bijoux. On nous prend en photo. Je fais même des selfies. Je suis sûre qu’il y a plein de mauvais fantômes partout autour de nous. Le thème de l’événementiel est le soutien aux femmes d’Iran. Mais je suis complètement invisible à tout ça. Heureusement parce que je ne suis pas dans ce genre de camp. Tout ceci me paraît même ridicule. Leur histoire a juste mal tourné. Il était temps, au bout de 2 millénaires et demi. Notre civilisation ne tiendra pas aussi longtemps. Tiens ! Sofia est là, avec Malaury. Avec Jess on va leur dire bonsoir :

  • On a hésité à venir en tchador, vous êtes belles en noir.
  • Nos mères sont impliquées. C’est une soirée 100 % femmes. Je crois qu’elles veulent qu’on s’orientent vers Science Po. Heureusement, on a pas pris les bonnes options.
  • Moi, si. C’est pour ça qu’on est en blanc. Nacré. Crème ?
  • Tu es une crème, Jess.

Je la laisse discuter avec Sofia, Malaury a des choses à me raconter :

  • J’ai vu ton docteur. Même avec beaucoup de gel, sa Montbéliarde, comme tu l’appelles, ne rentre pas en moi, par devant. Si un jour j’ai un copain qui n’aime pas la sodomie, je devrai passer par la chirurgie. Mais depuis Sofia, je ne me suis jamais sentie aussi femme. Et c’est plus facile pour elle de me faire jouir, avec mon truc, dans sa bouche ou même en elle avec une petite pilule bleue. On est une formule unique.

Analyse du chapitre 119 dans le contexte de l'œuvre

Ce cent-dix-neuvième chapitre est celui de la réflexion sur l'absolu, le temps et l'identité. Béa compare sa propre religion (le point G, l'extase) aux religions classiques qui condamnent ses pratiques. La conscience que tout est éphémère ("même Jessica, je vais finir par la perdre") donne une urgence à chaque instant. La soirée caritative pour les femmes d'Iran est un décor, un théâtre où Béa reste "invisible". La conversation avec Malaury révèle les progrès de sa relation avec Sofia, et la résolution de ses problèmes intimes par l'amour.

Symbolique des événements et thèmes majeurs abordés

- Le point G : "Chez nous point d'élue, juste le point G." La quête de l'absolu par le corps, pas par la religion.

- L'éphémère : "Même Jessica, je vais finir par la perdre." La lucidité sur la fugacité des choses donne du prix à l'instant.

- Les jumelles : La vieille rombière prend Béa et Jessica pour des jumelles. "C'est moi la fausse, Béatrice et voici la plus belle, Jessica." L'éternelle comparaison.

- L'Iran : La soirée pour les femmes d'Iran est un théâtre. Béa s'en sent "complètement invisible". Sa cause n'est pas là.

- Sofia et Malaury : Leur couple est formé. Malaury raconte ses progrès intimes avec Sofia. "On est une formule unique."

- Le docteur Dior : Malaury l'a vu, mais la "Montbéliarde" ne rentre pas. La chirurgie est une option, mais Sofia suffit.

Bilan

- Béa : Elle philosophe sur l'absolu, l'éphémère, la religion. Sa lucidité sur la perte inévitable de Jessica donne une intensité à chaque instant. La soirée pour l'Iran la laisse indifférente.

- Jessica : Elle est la plus belle, la vraie jumelle. Elle discute avec Sofia, rayonne.

- Malaury : Elle est épanouie avec Sofia. Son corps trouve sa place, son identité s'affirme.

- Sofia : Elle est avec Malaury, impliquée dans la soirée par sa mère.

Conclusion

L'absolu n'est pas dans les religions, mais dans l'instant partagé. Le point G est "nulle part et partout". La quête est vaine, seul compte le moment présent. La conscience que tout est éphémère rend chaque instant plus précieux.

Par ailleurs, ce chapitre montre que l'identité se construit dans la relation. Malaury se sent "femme" grâce à Sofia. Le corps trouve sa place dans l'amour de l'autre.

Suite générative

Maintenant que Béa a pris conscience de l'éphémère et que Malaury a trouvé son équilibre avec Sofia, comment ces leçons influenceront-elles les choix à venir ?

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