125 - que je suis
Confidence sur l’oreiller, j’écoute ce que Jessica a sur le cul :
- Maintenant que j’ai goûté aux jeunes garçons innocents, je ne vois pas comment je vais pouvoir me passer l’envie de les déniaiser. J’espère que ça va me passer et que je vais grandir en même temps que Lolo à défaut de mes lolos, je crois qu’ils vont rester ainsi, au moins jusqu’à ma maternité. J’ai pas envie de me plastiquer la poitrine, et toi ?
- Je trouve qu’ils ont la bonne taille dans la paume de nos mains et Éric n’en a rien à faire alors pour l’instant je n’ai pas à céder à la pression sexuelle et sociale des perversion de l’autre sexe fait de mal et de mâles.
On allume l’écran pour regarder la Messe en replay, face à Philippe de Villiers en se faisant de douces caresses. Ensuite on se touche face à l’énervement de Michel Onfray. Droite catholique et philosophie de gauche, tel est le coquetèle de nos orgasmes matinaux, nourrir l’esprit et faire jouir le corps avant de passer à la confession de la douche et revêtir les uniformes de nos rôles de jeunes lycéennes innocentes. On est prêtes, face à face, mains dans les mains, front contre front, on ferme les yeux pour faire notre prière. On se sent tellement bien, détendues, sereines, amoureuses et aimées. On profite l’une de l’autre avec la liberté de nos corps offerts au mal des mâles pour ressentir aussi en nous leur semence en bouche, en ventre et en séant parce qu’on est des surdouées de l’alphabet, ouvertes à tous les amours physiques et psychiques au-delà de la morale et de la loi, fidèles à notre propre religion de clan, loin des limites et des frustrations de tous nos autres camarades qui se cherchent et qui se perdent sans jamais apprendre à se trouver, juste à subir leur programmation de vulgaires zombies décérébrés.
- On n’est pas ordinaires, Béa. On est particulières.
- Tu es ma partenaire particulière. On a nos partenaires particuliers.
- Jouir et dormir, c’est comme se nourrir, il faut le faire plusieurs fois par jour avant de mourir de rire de nos vies à vivre à l’instant présent.
- Il faut sentir et ressentir l’autre, nos semblables invisibles.
Avec Jessica on devient tellement proches qu’on finit par s’inventer notre propre langage, notre monde à nous, à tout se dire, comme ça :
- J’aime le masturber du bout de mes doigts et le sentir vivre contre moi. J’aime quand il ressort son petit zizi collant du bien et qu’il s’essuie sur mon ventre. Il me rend si heureuse de le rendre si heureux.
- Vous êtes tellement beaux et tendres ensemble et l’un pour l’autre, je n’ai jamais rien vu d’aussi beau Jessica. Rien à voir avec Éric qui commence à peine à apprécier à profiter de sa jeune cousine que je suis.
Analyse du chapitre 125 dans le contexte de l'œuvre
Ce cent-vingt-cinquième chapitre est celui de l'intimité absolue entre Béa et Jessica, et de la réflexion sur leur place dans le monde. La confidence sur l'oreiller révèle les désirs de Jessica pour les "jeunes garçons innocents" et son acceptation de son corps. Le rituel matinal (messe en replay, caresses, prière) crée une bulle sacrée. Leur dialogue final est une déclaration de leur singularité : "On n'est pas ordinaires. On est particulières." Leur langage commun, leur monde à elles, est affirmé.
Symbolique des événements et thèmes majeurs abordés
- Le désir de Jessica : "Maintenant que j'ai goûté aux jeunes garçons innocents, je ne vois pas comment je vais pouvoir me passer l'envie de les déniaiser." Une pulsion qui coexiste avec son amour pour Béa.
- Le corps accepté : Jessica ne veut pas "se plastiquer la poitrine". Béa la rassure : "ils ont la bonne taille dans la paume de nos mains."
- Le rituel matinal : Messe en replay avec de Villiers, caresses, puis Onfray. "Nourrir l'esprit et faire jouir le corps." La douche, la prière, les uniformes de lycéennes innocentes.
- La déclaration : "On n'est pas ordinaires. On est particulières." Une affirmation de leur singularité.
- Le langage commun : Elles s'inventent leur propre monde, leur propre façon de parler. "J'aime le masturber du bout de mes doigts et le sentir vivre contre moi." La tendresse absolue.
Bilan
- Béa : Elle est dans une communion totale avec Jessica. Elle la rassure sur son corps, partage ses rituels, invente un langage commun. Sa relation avec Éric est reléguée au second plan ("il commence à peine à apprécier").
- Jessica : Elle est l'élue, la partenaire particulière. Son désir pour les jeunes garçons est assumé, mais ne remet pas en cause son amour pour Béa. Sa beauté, sa tendresse, sa singularité sont célébrées.
Conclusion
La singularité est une force. Être "particulières", c'est échapper à la programmation des "zombies décérébrés". C'est inventer son propre langage, ses propres rituels, sa propre morale. La communion avec Jessica est l'aboutissement de cette quête.

Annotations
Versions