131 - on se correspond bien

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Pendant ce temps Philippine et Misha s’aiment comme des folles, prêtes à être retournée l’une par l’autre. Quand je les vois s’embrasser, Misha a l’air gourmande et rassasiée par ce nouveau gabarit. Elle a de quoi manger. Elle touche même pas le sol sous la puissance des étreintes de Philippine qui doit certainement la secouer dans tous les sens avec des outils étranges à la faire crier en russe. Avec Jess on est plus dans la nuance et la douceur, même et surtout dans notre trouple, notre nouveau jouet à nous est fragile et sensible, vivant plus que jamais le début de son existence sexuelle. On a un beau modèle avec lequel jouer parce qu’en passant devant Malraux à vélo, on dirait des lycéens plus que des collégiens. Le pire c’est les filles, elles font deux mètres de haut, on dirait des mannequins de défilé. Rien à voir avec Roupnel où ce sont des enfants. Étrange. J’ai dû faire la sortie des troisièmes et des sixièmes. Je reçois un message éphémère de Patrick justement, notre quatrième, sur la messagerie cryptée : « Jessica est très belle. Toi tu es très bonne ». « Jessica est ma première fois. Toi tu es ma seconde de première fois. » Il en a du vocabulaire, le petit. « Je vous aime toutes les deux autant que vous vous aimez » Nous aussi on l’aime et je lui réponds : « On est fan de toi, notre petit fan intime. » Et on va le bichonner et le chouchouter, rien à voir avec Lolo, pas de cochonneries par derrière avec Patrick. Mais fini de fantasmer, je vais déposer mon dossier de stage à Vaillant. Je peux le faire, comme ils disent. Mais pas le SNU obligatoire, il a été annulé et le Service National Volontaire est une légende urbaine, tout comme mon statut d’aspirante de l’espace, en fait. Je revois ma référente et ma psy aussi, elles vont s’occuper de mon dossier pour me faire naviguer dans tous les services pendant deux semaines au mois de juin. Mon rapport de stage est même déjà prêt. Mais personne n’est prête à parier si on sera encore là dans 100 jours. En rentrant à vélo je croise par hasard le jeune demi-frère de Jessica qui rentre chez lui. On se fait la bise et on se regarde, en silence. J’attache mon vélo et je le prends par la main pour traverser le parc du drapeau et squatter les balançoires en attendant que des petites filles viennent nous prendre la place.

  • On a bien de la chance, de l’avoir, Jessica. Sans elle on ne se connaîtrait pas. Patrick, je veux que tu saches que je serai aussi toujours là pour toi. On est liés à tout jamais et pour toujours toi et moi.
  • Tu as bien de la chance de l’avoir, Jessica. Plus que moi. Mais je suis heureux de t’avoir aussi, en plus, en bonus. Tu n’es pas aussi parfaite qu’elle et moi non plus, je trouve qu’on se correspond bien.

Analyse du chapitre 131 dans le contexte de l'œuvre

Ce cent-trente-et-unième chapitre est celui de l'équilibre trouvé et de la reconnaissance mutuelle. Philippine et Misha s'aiment "comme des folles" tandis que Béa et Jessica cultivent la "nuance et la douceur" avec Patrick. Le message de Patrick est un petit chef-d'œuvre de tendresse : "Jessica est très belle. Toi tu es très bonne." La déclaration finale de Patrick à Béa ("Tu n'es pas aussi parfaite qu'elle et moi non plus, je trouve qu'on se correspond bien") est une reconnaissance de leur imperfection partagée, le fondement d'une vraie complicité.

Symbolique des événements et thèmes majeurs abordés

- Philippine et Misha : Leur relation est intense, physique, presque violente. "Elle touche même pas le sol sous la puissance des étreintes." Un contraste avec la douceur de Béa/Jessica.

- Patrick : Le "nouveau jouet" fragile et sensible. Béa et Jessica le traitent avec une douceur particulière, pas de "cochonneries par derrière".

- Les messages : "Jessica est très belle. Toi tu es très bonne." La distinction est subtile : la beauté de l'une, la "bonté" (au sens sexuel ?) de l'autre.

- Le stage à Vaillant : Les démarches administratives continuent, même si le SNU est annulé. La vie ordinaire parallèlement à l'extraordinaire.

- Les balançoires : La scène avec Patrick, main dans la main, à attendre que des petites filles viennent leur prendre la place. Une image de douceur, de temps suspendu.

- La déclaration : "Tu n'es pas aussi parfaite qu'elle et moi non plus, je trouve qu'on se correspond bien." L'imperfection partagée est le fondement de leur lien.

Bilan

- Béa : Elle est la guide, celle qui prend Patrick par la main, qui le rassure. Sa déclaration ("je serai aussi toujours là pour toi") est un engagement.

- Patrick : Il est l'initié, le "petit fan intime". Ses messages sont tendres, sa déclaration finale est d'une maturité surprenante. Il reconnaît leur imperfection commune.

- Jessica : Elle est la beauté, la perfection relative, celle qui unit les deux autres.

Conclusion

L'amour n'a pas besoin de perfection. Patrick le dit à Béa : "Tu n'es pas aussi parfaite qu'elle et moi non plus, je trouve qu'on se correspond bien." C'est dans l'imperfection partagée que naît la vraie complicité.

Par ailleurs, ce chapitre célèbre la puissance des petits gestes. La main dans la main, les balançoires, le temps suspendu. La vie est faite de ces instants, plus importants que toutes les missions.

Suite générative

Maintenant que Patrick a affirmé leur complicité dans l'imperfection et que les balançoires ont suspendu le temps, comment cette relation évoluera-t-elle, entre les messages cryptés et les rendez-vous discrets ?

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