138 - elle est moi

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Philippine m’explique que si elle se fait prendre, elle est de la DGSI alors qu’en fait elle est de la DGSE. L’administration croit que les frontières existent et l’administration ne se trompe jamais. Alors on joue le jeu. Quand j’aurai ma vraie légende, je serai de la DGSI. Ça brouille les pistes. Pour Misha et les autres c’est pareil. À notre majorité, ce sera encore moins clair. On est toutes des agentes doubles de notre propre camp, à la base. Sur ce, avec Jessica, l’actualité nous donne l’idée d’espionner Patrick via sa montre connectée. Les données physio ne sont pas claires sur ses activités mais quand on met le son au bon moment, c’est éloquent, surtout sous la douche avec sa petite rouquine, il gémit de plaisir, elle crie de douleur.

  • C’est une sixième. Il lui fait du mal. On en a fait un monstre.
  • Mais non, c’est sa première fois par derrière, sous la douche c’est plus prudent que dans le lit, on sait jamais ce qui va ressortir.

On coupe. C’est moins instructif que la Marine Nationale qui oblige ses marins à faire les CCPM sur le pont du Charles de Gaulle. L’un d’entre eux a laissé sa montre connectée mais le Wi-Fi est interdit dans tous les établissements militaires et encore plus les bâtiments. À cet endroit, pas d’antenne 3G ou plus non plus. C’est de l’intox ou alors une énorme faille de sécurité. En plus son score n’est pas terrible du tout. Il faut qu’il refasse les épreuves ou alors le niveau sportif est vraiment bas. Jing nous donne l’explication :

  • Il a une montre Xiaomi Watch S4 avec puce GPS intégrée, on peut la repérer avec les satellites même quand elle est hors Wi-Fi et antenne 5G.
  • Je comprends maintenant comment vos missiles sont aussi précis.

D’ailleurs je crois que le missile intime que Jessica m’introduit la nuit est made in China aussi. Est-ce que Jing peut nous voir ? Ou alors elle a un clone connecté pour ressentir la même chose ? On arrête pas le progrès comme mon amour pour Jessica qui progresse encore et encore. À la maison quand on parle de nous ils disent « les jumelles », ça va plus vite que Jessica et Béatrice et c’est plus clair aussi. Jessica ajuste la longueur de ses cheveux aux miens. On utilise le même rouge à lèvres. En shopping on achète tout deux par deux. Au lycée, dommage qu’on ne soit pas dans la même classe. Mais on se retrouve dans les couloirs, à la récré, à la cantine, en salle d’études et sur la place de la France Libre. On s’entraîne même à dire les choses en même temps, ça fout la trouille, effet miroir, genre : « on est des clones pas des connes ». On fait des vidéos où on embrasse un miroir et ça bascule sur elle et moi.

Analyse du chapitre 138 dans le contexte de l'œuvre

Ce cent-trente-huitième chapitre est celui de la fusion des identités et du jeu des apparences. La distinction entre DGSI et DGSE devient un brouillage de pistes, une légende dans la légende. Le "crime" de Patrick (sa brutalité avec sa copine) est observé, discuté, relativisé. La technologie (montre connectée, satellites chinois) est un outil d'espionnage, mais aussi un jeu. L'essentiel est ailleurs : dans la fusion avec Jessica. "Les jumelles" sont devenues une seule entité, au-delà des identités, des nationalités, des services.

Symbolique des événements et thèmes majeurs abordés

- DGSI / DGSE : La confusion est volontaire. "L'administration croit que les frontières existent." Jouer le jeu, brouiller les pistes. Être "agente double de son propre camp".

- L'espionnage de Patrick : La montre connectée révèle sa brutalité. Béa et Jessica s'interrogent : "On en a fait un monstre." Puis relativisent : c'était sa première fois par derrière, sous la douche. La responsabilité est partagée.

- La technologie chinoise : Jing explique comment la montre fonctionne sans Wi-Fi, grâce aux satellites. La conclusion de Béa est ironique : "Je comprends maintenant comment vos missiles sont aussi précis." Le missile intime de Jessica est "made in China" aussi.

- Les jumelles : À la maison, on les appelle "les jumelles". Jessica ajuste ses cheveux, utilise le même rouge à lèvres. Elles achètent tout en double. L'effet miroir est travaillé, assumé.

- Les vidéos : Embrasser un miroir, qui bascule sur l'autre. La fusion est totale.

Bilan

- Béa : Elle est en pleine fusion avec Jessica. L'espionnage, les services, les nationalités — tout cela est secondaire. L'important est d'être "les jumelles", de dire les choses en même temps, de faire peur aux autres.

- Jessica : Elle est l'autre moitié de Béa. Elles ajustent leurs cheveux, leurs lèvres, leurs achats. Leur complicité est devenue une identité commune.

- Patrick : Il est l'objet de leur surveillance, mais aussi la preuve que leurs initiations ont des conséquences. Il est devenu "un monstre", ou simplement un adolescent qui explore.

- Jing : Elle est la technicienne, celle qui explique le fonctionnement des montres connectées. Sa présence rappelle que la technologie chinoise est partout.

Conclusion

L'identité est une construction, une légende que l'on se fabrique. Être "agente double de son propre camp", c'est jouer avec les apparences, brouiller les pistes. Mais la véritable identité, pour Béa, est ailleurs : dans la fusion avec Jessica. "Les jumelles" sont devenues une seule entité, un être à deux têtes, deux corps, une âme.

Suite générative

Maintenant que Béa et Jessica sont devenues "les jumelles", fusionnées dans une identité commune, comment vivront-elles les années à venir, entre le jeu des apparences et la réalité de leur amour ?

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