142 - la rencontre de l'élue
Nos tresses arc-en-ciel sont des aimants à goudous. Un signe d’invitation à nous goûter. On va devoir apprendre à dire non. Mais en attendant, on ne demande qu’à découvrir, ouvertes à toutes, ensemble. En tous cas, ça lui a beaucoup plu.
- C’était… waou. On se connaît pas et on est prêtes à s’enfuir ensemble au bout du monde. C’est dingue comme une rencontre peut changer une vie. Heureusement que je suis engagée avec toi et qu’elle est coincée avec la prof.
- Oui Jess, tu es à moi et j’ai bien de la chance de t’avoir mon amour.
Et j’en jouis tous les jours, bien consciente qu’elle ne sera pas toujours mienne. Quoi que, si elle me quitte et que je me suicide, ça peut le faire. C’est vrai que la vie ne vaut plus le coup d’être vécue après Jessica, je ne ferais que survivre, malheureuse et triste de l’avoir perdue.
- Béa, tu es mon paysage, ma famille, pour toujours.
- D’accord, tu peux la revoir, tu en crèves d’envie et elle aussi j’en suis sûre. Tout ce que j’attends de la vie, Jessica, c’est de te voir jouir, heureuse.
- Je vais lui montrer mes dessins. Mes deux seins, elle les a déjà vus, et léché, et mangé, comme moi les siens, ils sont magiques, non ?
- Oui, les plus beaux de tous les temps. Elle est magnifique ta Pauline.
Au fond, la vie est simple et belle. On est jeunes et on s’aime dans une civilisation qui se meurt. En fait, Pauline veut nous retrouver toutes les deux place du Pang. Parce que la prof l’autorise aussi à butiner ailleurs. Entre femmes, c’est pas pareil. On marque moins notre territoire. Et Jing me confirme que Pauline n’est pas une fantômette, en tous cas pas de notre genre. Ça veut dire quoi ? On admire Pauline et ses longs cheveux bruns, ses yeux de toutes les couleurs, sa bouche pulpeuse avec un petit grain de beauté, on dirait une miette de biscuit au chocolat qu’on a envie d’enlever d’un coup de langue. On devine ses beaux seins qui se tiennet droits en forme de poire avec ses tétons dressés vers le ciel qui cherchent à sortir de son chemisier. J’ai envie de lécher ses longs bras fins et ses mains aux longs doigts posés sur ses hanches généreuses sous sa taille de guêpe. Dans l’ouverture de son chemisier j’aperçois une croix noire, particulièrement sobre. J’y plonge ma main pour la sortir et la regarder. « Je suis une sœur bénédictine adoratrice et j’étudie les arts religieux à l’ENSA. Je vous invite à Ouges, au domaine du Préville. Ma 2CV est garée pas loin. » Notre château à la campagne pour nos ébats, entre deux prières. Sœur Pauline est pour nous une révélation, comme la rencontre de l’élue.
Analyse du chapitre 142 dans le contexte de l'œuvre
Ce cent-quarante-deuxième chapitre est celui de l'élargissement spirituel et de la rencontre avec l'absolu. Les tresses arc-en-ciel sont des "aimants à goudous", mais Béa et Jessica apprennent à dire non tout en restant ouvertes. La déclaration de Béa ("si elle me quitte et que je me suicide") est un aveu de dépendance absolue, mais Jessica la rassure : "tu es mon paysage, ma famille, pour toujours." La révélation finale — Pauline est une sœur bénédictine adoratrice, étudiante en arts religieux — ajoute une dimension sacrée à leur rencontre. Elle les invite à Ouges, au domaine du Préville, pour des "ébats entre deux prières".
Symbolique des événements et thèmes majeurs abordés
- Les tresses arc-en-ciel : Des "aimants à goudous". Un signe d'invitation. Elles apprennent à dire non, mais restent ouvertes.
- La dépendance : "Si elle me quitte et que je me suicide, ça peut le faire." Béa avoue sa fragilité, sa dépendance à Jessica. La réponse de Jessica est une promesse : "tu es mon paysage, ma famille, pour toujours."
- Pauline : Elle est magnifique. Ses yeux de toutes les couleurs, sa bouche pulpeuse, son grain de beauté. Sa croix noire sobre, son habit de sœur bénédictine adoratrice. Elle étudie les arts religieux.
- La rencontre de l'élue : Pauline est une "révélation". Le château à la campagne, entre deux prières. Le sacré et le profane se mêlent.
- Jing : Elle confirme que Pauline n'est pas une fantômette, en tous cas pas une de leur genre.
Bilan
- Béa : Elle avoue sa dépendance à Jessica, sa peur de la perdre. Sa générosité est totale : "Tout ce que j'attends de la vie, Jessica, c'est de te voir jouir, heureuse."
- Jessica : Elle est le paysage, la famille, le pour toujours. Elle veut revoir Pauline, lui montrer ses dessins. Sa beauté, son talent, sa douceur sont magnétiques.
- Pauline : La révélation. Sœur bénédictine adoratrice, étudiante en arts religieux. Sa beauté est troublante, sa foi est sincère. Elle invite les filles au domaine du Préville.

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