156 - de nouvelles peaux à caresser
Quelle audace, mais en fait elle fuit les reproches de Gladys qu’on regarde de loin, intimidée par la gentillesse de Jessica.
- Ça a l’air de coller entre elles, elle lui crache pas dessus.
- Et toi ça se passe comment avec monsieur Ouges ? Il t’a déjà fait visiter son bézenville ?
- Alors c’est toi sa petite seconde ? Ça alors, j’aurais jamais devinée.
- C’est de l’histoire ancienne, sa Morteau rentrait pas.
Elle compatit. Ça lui rappelle des souvenirs douloureux. Pareil pour elle, en plus il voulait passer par derrière. Un vrai cauchemar. Ouges a du talent pour gâcher les fantasmes profs-élèves. On en rigole, elle me regarde tendrement, séduite alors que c’est pas moi la plus jolie. Mais Jenna a d’autres yeux pour voir, je suis aveuglée par la profonde noirceur de la couleur des fenêtres de son âme opaque. Qui est elle ? Brigitte nous regarde passer, je m’aperçois que j’ai encore sa main dans la mienne, elle aussi et on rigole de déjà s’afficher ensemble. C’est dingue comme parfois les choses peuvent aller vite. On a du mal se rendre compte et à suivre surtout quand elle me colle derrière un casier pour m’embrasser. Okay, elle a gagné. J’étale son rouge à lèvre sur son visage dans un baiser langoureux, elle ferme les yeux, ses mains serrent les miennes, il se passe quelque chose qui nous surprend toutes les deux. Nos cœurs s’emballent, nos esprits s’embrument et le carillon nous ramène à la réalité qui nous paraît tout d’un coup plus rose. Elle ouvre son sac et me donne un papier.
- Mon numéro apparaît dans ce document. Appelle-moi, si tu veux. Béatrice, c’est ça ?
- Béa, pour les intimes.
Je retrouve Jess qui me confirme que avec Gladys, ça s’est bien passé aussi. En fait elle est gentille en privé avec une jolie blonde qui s’intéresse à elle.
- En fait, elle m’intéresse, beaucoup. J’aime bien son côté sauvage. Et toi, comment ça s’est passé avec Jenna ?
- Elle embrasse très bien et elle m’a refilé son 07.
Faut bien s’occuper pendant que la guerre s’ennuie à ne rien faire au moyen orient avec l’histoire d’un échec à l’arrêt à part quelques journalistes qui se prennent des missiles israéliens pour recadrer leur ligne éditoriale. Donc, Jessica a une date avec Gladys et moi avec Jenna. C’est une belle semaine qui commence, pleine de promesses d’orgasmes avec le plaisir de nouvelles peaux à caresser.
Analyse du chapitre 156 dans le contexte de l'œuvre
Ce cent-cinquante-sixième chapitre est celui de la conquête et de l'échange. Béa et Jessica, après avoir approché Jenna et Gladys, poursuivent leur jeu de séduction. La conversation entre Béa et Jenna révèle un passé commun avec "monsieur Ouges" (le professeur Gouges), et la "Morteau" qui ne rentrait pas. Le baiser derrière les casiers est une victoire rapide. Jessica, de son côté, a conquis Gladys. La semaine commence, pleine de promesses, pendant que la guerre au Moyen-Orient s'ennuie.
Symbolique
- Jenna et Gladys : Leurs réactions sont contrastées. Gladys, intimidée par Jessica, se laisse apprivoiser. Jenna, après un baiser volé, donne son numéro. La conquête est rapide.
- Le passé commun : Jenna connaît "monsieur Ouges". Sa "Morteau" (la saucisse de Gouges) ne rentrait pas. Le souvenir est douloureux, mais le partage crée une complicité.
- Le baiser : Derrière les casiers, Jenna prend l'initiative, les cœurs s'emballent. Le carillon les ramène à la réalité, améliorée de leur passion.
- L'échange : Jessica a une date avec Gladys, Béa avec Jenna. Les cartes sont distribuées.
- La guerre : C'est un bruit de fond, une toile de fond absurde.
Bilan
- Béa :
Elle est conquise par Jenna. Le baiser derrière les casiers est une surprise, une victoire rapide.
- Jessica : Elle a conquis Gladys. La "gentillesse" de Jessica a fait effet.
- Gladys : Elle est intimidée, puis conquise. Son côté "sauvage" plaît à Jessica.

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