168 - simultanément ensemble
Pauline lui fait un baptême express pour lui mettre une croix catholique autour du cou et elles s’isolent pour la confession. Philippine trouve une tenue correcte à lui mettre. Ainsi, Gladys peut m’accompagner à la Messe de la Résurrection et je la place devant moi dans la file pour aller manger le corps du Christ et l’agneau de Dieu qui enlève les péchés du monde. On rentre à temps pour recevoir, via le canal 14 de la TNT, l’indulgence plénière, cette remise de peine pour entrer au Paradis mais aussi cette bénédiction que seul le Pape peut donner, dans sa ville, Urbi et en dehors de celle-ci, Orbi, à toutes les confessions et même ceux qui n’en ont pas. Après l’italien, c’est en français qu’il s’adresse nous pour nous souhaiter de joyeuses fêtes de Pâques que j’ai faites vivre à Gladys en présentiel et en distanciel. Très émue, elle pose sa croix sur ses lèvres que j’embrasse, tel un sacrement intime. Pendant ce temps des pilotes américains jouent à escape game dans les montagnes d’Ispahan. Beaucoup de blessés et de pertes d’autres avions pour arrêter le jeu. Si l’un deux se faisait prendre, il aurait été échangé contre 10000 prisonniers palestiniens enfermés dans les prisons d’Israël. Vivement demain où le vice-président états-unien sort son livre sur sa conversion au catholicisme, ça fera sûrement l’objet d’un deuxième film hollywoodien sur sa vie et son œuvre. Mais aujourd’hui, son Pape américain lui a pardonné tous ses péchés. Sur Insta je vois que mon modèle, Iida, fête ses 18 ans. Sur son gâteau en forme de cygne, on peut apercevoir « queen ». Pas de garçons à l’horizon. En ce dimanche soir de Pâques, j’ai enfin droit à mon moment calme et privé avec Gladys, encore toute belle qui caresse sa croix autour du cou :
- Je vais la garder pour toujours. C’était une super journée, bénie des Dieux. Embrasse la encore. Regarde, malgré sa chaîne, elle atteint mon téton.
- Par ton sein tu es ma sainte mère et je suis ta petite fille à nourrir.
On peut commencer notre jeu de rôles torrides tout comme ma mère qui s’est enfermée dans sa chambre avec Jenna et Jessica. Gladys plonge son visage entre mes cuisses pour réveiller mon excitation profonde quand elle me retourne pour préparer mon séant en lingettes et lotions avant d’écarter mes fesses pour me bouffer le cul en me donnant la fessée. Après de longues minutes de plaisir, elle s’essuie la bouche le long de mes jambes pour descendre encore me baiser les pieds et gober mes orteils un à un. Ses cuisses s’écartent sur mon visage et je goûte à son désir en enfonçant mes doigts, devant et derrière. On se mélange pour se retrouver face à face à se frotter à l’écoute de l’autre pour se synchroniser et parvenir enfin à se faire jouir simultanément, ensemble.
Analyse
Ce chapitre célèbre l'intégration de Gladys dans la dimension spirituelle de l'univers de Béa, à travers un baptême express et la participation à la Messe de Pâques. La dimension religieuse, qui traversait le roman depuis les premiers chapitres (les prières de Béa, les églises, les références bibliques), devient ici un espace partagé avec Gladys, dont la conversion symbolique est scellée par la croix catholique. La juxtaposition des rituels sacrés (l'eucharistie, l'indulgence plénière, la bénédiction papale) et des rituels intimes (la croix embrassée, le jeu de rôles "mère/fille", la fessée, la feuille de rose) crée une continuité où le sacré et le profane ne font plus qu'un.
Symbolique
- Le baptême express par Pauline : Le geste est à la fois ironique, comme une formalité administrative et profondément symbolique. Pauline, figure spirituelle du roman (la sœur bénédictine adoratrice), officie. La croix catholique autour du cou de Gladys devient un attribut permanent, un signe d'appartenance.
- La Messe de la Résurrection : Gladys accompagne Béa à la messe, se place devant elle dans la file pour communier. Le corps du Christ, l'agneau de Dieu — la liturgie est respectée, vécue. Gladys, juive, participe au rite chrétien. La frontière religieuse s'efface.
- L'indulgence plénière : La bénédiction papale, Urbi et Orbi, s'adresse "à toutes les confessions et même ceux qui n'en ont pas". L'universalisme du message catholique est récupéré comme une caution pour leur propre universalisme intime. Le Pape américain (Léon XIV) absout les péchés, y compris ceux du vice-président J.D. Vance.
- La croix sur les lèvres : Gladys pose sa croix sur ses lèvres, Béa l'embrasse. Le geste est "tel un sacrement intime". La croix, objet religieux, devient un médiateur de leur amour, un fétiche partagé.
- Le cygne d'Iida : La patineuse finlandaise, sosie de Béa, fête ses 18 ans. Sur son gâteau en forme de cygne (rappel du cygne en origami offert par Kaori au chapitre 107), on peut apercevoir "queen". Pas de garçons à l'horizon. Le modèle de Béa assume sa féminité et sa puissance.
- Le jeu de rôles mère/fille : La déclaration de Béa ("Par ton sein tu es ma sainte mère et je suis ta petite fille à nourrir") réactive le thème de la mère allaitante (chapitre 143 avec la mère supérieure, chapitre 167 avec la mère de Béa). Gladys devient la figure maternelle sacrée, Béa l'enfant à nourrir.
- La fessée et la feuille de rose : Les pratiques "torrides" sont décrites avec une précision qui n'est plus crue mais presque liturgique. Les lingettes, les lotions, l'écartement des fesses — tout est préparé, ritualisé. La fessée est donnée pendant que Gladys "bouffe le cul" de Béa. La douleur et le plaisir sont mêlés, comme dans les premiers rituels avec Victor.
- La synchronisation des orgasmes : La fin de la scène est une quête d'harmonie parfaite : "se synchroniser pour parvenir enfin à se faire jouir simultanément, ensemble." L'orgasme simultané est l'aboutissement d'une communion totale, où les corps ne font plus qu'un.
Bilan
- Béa : Elle initie Gladys à sa religion intime, celle qui mêle le catholicisme officiel (la messe, l'indulgence) et les rituels pervers (la fessée, la feuille de rose). Elle est à la fois la petite fille à nourrir et la maîtresse du jeu. Sa déclaration à Gladys ("Par ton sein tu es ma sainte mère") officialise le rôle maternel que Gladys a déjà endossé.
- Gladys : Elle accepte le baptême, la croix, la messe. Sa conversion est un geste d'amour plus que de foi. Elle gardera la croix "pour toujours". Son plaisir à embrasser, à lécher, à donner la fessée est décrit comme une liturgie. Elle est à la fois la sainte mère et l'amante passionnée.
- Pauline : Elle officie le baptême, puis s'isole avec Gladys pour sa confession. Son rôle de passeuse spirituelle est confirmé. Elle est le lien entre le couvent (chapitre 143) et le lycée, entre la vie religieuse et la vie des fantômettes.
- Philippine : Son rôle est pragmatique (habillage), maternel, simultanément.
- La mère de Béa : Son propre jeu de rôles se déroule en parallèle, en écho.
Conclusion
La religion catholique, avec ses rites, ses sacrements, ses indulgences, devient un terrain de jeu pour les fantômettes. Gladys, juive, se fait baptiser pour accompagner Béa à la messe. La croix devient un objet fétichiste, embrassé, porté aux lèvres. La Messe de Pâques, la résurrection du Christ, est l'occasion d'une résurrection intime : celle de leur amour, de leur jeu, de leur communion. Le Pape américain absout les péchés, mais c'est dans la chambre, entre les cuisses, que l'absolution se vit vraiment. La synchronisation des orgasmes est la vraie bénédiction, le vrai miracle. La "sainte mère" et la "petite fille" jouent leur propre passion, leur propre chemin de croix, leur propre résurrection. Le sacré n'est pas ailleurs, il est dans le corps de l'autre.

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