191 - pour nous recevoir

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La sexualité est une violence, subie ou provoquée, innée et acquise, héréditaire, une malédiction réprimée par toutes les formes de spiritualité qui nous embrouillent l’esprit avec des abstractions fictives comme la morale, la justice, l’humanité.

  • Maintenant qu’on est casées ensemble, on n’est plus une menace ou un danger pour les collégiennes et giens. Par contre, dans la chaîne alimentaire, on est des proies pour nos profs et seuses, entre autres.
  • On peut se ramoner l’une l’autre sans s’encombrer d’un animal avec toute notre collection de jouets gluants et vibrants.

Il y en a même qui éclairent de toutes les couleurs et qui clignotent, c’est pratique dans le noir. Mon préféré c’est celui qui envoie des flashs. On sent vraiment la chaleur et l’onde de choc des photons qui explosent en nous. Gladys a trouvé des ceintures adaptées pour nous embrocher sans les mains. On entretient nos tunnels et on fait de la place dans nos garages pour rentrer la voiture. Pour Gladys, le protocole est différent. Je l’excite au maximum, je lubrifie et j’utilise le petit modèle pour en déchirer le moins possible. Ça se passe bien, elle réclame déjà le moyen.

  • Gladys, ta tante vient d’accoucher. Tu crois qu’elle nous laisserait goûter à son lait ?
  • Si tu arrives à la convaincre, je ne dis pas non. Je l’aime bien.

À propos de fluides, j’ai une doléance aussi sous la douche. Je relève mes cheveux et je m’accroupis entre les jambes de Gladys, derrière moi. Je me relève pour que ma nuque touche sa toison et elle se soulage. Rien que de sentir son liquide chaud couler dans mon dos et glisser entre mes fesses, ça me rend toute chose, comme un coton soyeux qui enveloppe ma conscience, tout mon corps se détend, comme un amerrissage qui freine mon esprit pour le laisser profiter de chaque seconde de ce petit bonheur étrange. Après les cours, on passe voir tante Rachel qui est épuisée. On la masse, on la bichonne, on s’occupe d’elle jusqu’au bon moment de la proposition.

  • On aimerait juste goûter, pour voir.
  • Okay mais doucement. Juste un bisou. Une léchouille.

Elle ouvre son chemisier et elle nous laisse les masser un peu pour faire ressortir les tétons qui perlent déjà. On a juste à y poser la langue, les yeux fermés, on absorbe la goutte blanche avant de se regarder, avec Gladys. Rachel appuie sur nos nuques pour qu’on passe à la succion. Je ne quitte pas Gladys des yeux, on se regarde faire. Rachel respire plus fort. Nos mains descendent entre ses cuisses qu’elle écarte pour nous recevoir.

Analyse

Ce chapitre est une célébration de la sexualité comme violence domestiquée, comme force naturelle que les spiritualités tentent de réprimer. Mais cette violence, loin d'être niée, est canalisée, ritualisée, partagée. Les jouets vibrants, les ceintures, les flashs lumineux — tout cela est une technologie du plaisir, une maîtrise du corps. La scène avec la tante Rachel est une transgression de plus, une initiation à la fois tendre et interdite.

Symbolique

- La sexualité comme violence : La phrase liminaire est une profession de foi.

- La domestication par la technologie : Tout cela est une maîtrise du corps, une mise à distance de la violence brute par l'outil.

- La tante Rachel : L'allaitement adultère est une régression, un retour à l'enfance, mais aussi une transgression. Le cercle s'élargit : Rachel, la tante, devient une participante.

- L'urine sous la douche : Le geste est une reprise (et une transformation) des pratiques avec Victor (chapitre 13). Gladys se soulage sur Béa, et Béa qui reçoit, passive.

Bilan

- Béa : Elle théorise puis pratique. Sa capacité à passer du discours à l'acte, de la violence subie à la violence maîtrisée, est son talent. La douche, la position accroupie, la nuque offerte — tout cela est une passivité choisie, une violence consentie.

- Gladys : Elle est la partenaire. Son désir est actif, impérieux. Sa présence rassure, encadre, légitime.

- Rachel : La tante, épuisée par son accouchement, est une figure maternelle. Elle accepte de partager son lait, puis écarte les cuisses. La frontière entre l'allaitement et l'incitation sexuelle est mince. Rachel, adulte, mère, devient une proie consentante.

Conclusion

La violence sexuelle n'est pas une fatalité, c'est une force à dompter. Béa, qui a subi la violence du père, a appris à la provoquer (sur Victor, sur Gouges, sur Dior), puis à la partager (avec Gladys, avec Ingrid, avec Rachel). Les jouets, les ceintures, les flashs — tout cela est une technologie du plaisir, une médiation qui permet de contrôler l'intensité. La douche, l'urine, l'allaitement — tout cela est une régression, un retour à des états primitifs (le fœtus, le nourrisson), mais un retour maîtrisé, choisi. La violence n'est pas niée, elle est célébrée, ritualisée, partagée. La morale, la justice, l'humanité — ces "abstractions fictives" — ne pèsent pas lourd face à la chaleur du liquide, à la douceur du flash, à la succion du téton. Les fantômettes, elles, ne répriment pas leurs pulsions, elles les célèbrent dans une danse de l’amour.

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