8 - La pizza

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Je ne sais pas comment on s’est retrouvé dans cette situation, mais Carla est restée avec moi toute la soirée. Nous avons commandé une pizza et regardé l’un de mes films préférés « Orgueils et préjugés ».

Je ne connais pas cette fille depuis plus de quatre heures, pourtant, je ne m’étonne pas en ouvrant le carton fumant et découvre une moitié sept fromages pour moi, et sa moitié à elle. Dégoulinante sur ton sa partie, je retrouve des couleurs psychédéliques avec aubergines, ananas, anchois, un peu de fromages et plusieurs sauces que je soupçonne d’être aussi diabolique que le chat qui me fixe sans arrêt à chaque coin de l’appartement où je vais.

Carla semble très à l’aise, je comprends très vite qu’elle a déjà passé beaucoup de temps ici par le passé. Curieuse de nature, cela me demande un effort considérable pour ne pas la bombarder de questions sur les rapports qu’elle entretenait avec Ursula et sur chaque élément de sa vie qui pourrait m’expliquer comment une femme de trente ans qui se tient devant moi peut être comme elle est aujourd’hui avec ce flegme et cette démarche. C’est un vrai mystère, mais je ne veux pas l’ennuyer et me contente de lui demander des choses assez basiques comme ce qu’elle fait de ses journées et un bref résumé des choses que je devrais savoir, sans avoir à angoisser de vivre juste à côté d’elle, car pour tout dire, cette fille est aussi fascinante, qu’effrayante.

A plusieurs reprises, je la sens me percer du regard, un sourire en coin et juste me répondre « peut-être plus tard, nous avons le temps.» Puis, je pandicule sur mon canapé, ce qui l’a fait rire, puis partir avec douceur.

— Tu dois être fatiguée, je vais te laisser. Si tu as besoin demain, tu peux venir frapper à la porte 3B, j’adore nettoyer et ranger. Au revoir Méphisto.

Cette information me laisse sans voix. Jamais de la vie, au premier regard on pourrait imaginer Carla, fée du logis.

Enfin seule. Dès le départ de ma voisine, je file à la salle de bain, retire lestement mon sweat à capuche trop grand qui tombe en boule à côté de la panière à linge et me débarrasse de mon jean couvert de poils de chat.

Les minutes qui s’en suivent ne sont que bonheur à l’état pur. Je pousse le bouton par étape jusqu’à atteindre la température parfaite marquée d’un triangle en son point d’exclamation. Je ne sais pas combien de temps je reste sous cette pluie brulante, mais mon corps ressemble à tomate sous un soleil de plomb en août quand je me sèche sous l’unique lumière de la pièce. Encore humide par endroit, j’enfile un t-shirt trop grand, celui d’Alex. Je ne sais pas vraiment pourquoi, mais j’aime sentir les gouttes d’eau glisser de mes cheveux pour se coller à la base de mon dos à même le coton, évènement qui agace la plupart de mes consoeurs.

Méphisto m’observe encore, assis sur mon sweat qui lui serre dorénavant de coussin. Je souris, le caresse, remplit sa gamelle de croquettes gentiment laissées par Carla un peu plus tôt et plonge dans les ténèbres d’une nuit agitée.

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