Mercredi 13 mai
Cela allait faire bientôt un mois que nous sortions ensemble, François et moi. Enfin sortir... Façon de parler. Nous étions plus souvent dedans que dehors.
Au début François a cherché à inventer des prétextes pour qu'on se voie. Il cherchait un film que nous pourrions aller voir ensemble, un resto où nous pourrions manger. Mais très vite une routine s'est installée. Le mardi soir mon appart était comme par hasard sur la route quand il rentrait du Fablab. La veille du week-end, il me préparait un bon petit repas pour fêter la fin de ma semaine de travail. Il passait me voir le midi au boulot, près de la gare, pour récupérer les clefs de l'appart. Il faisait les courses. Quand j'arrivais chez moi, je devais sonner pour qu'il m'ouvre, mon rhum arrangé était servi, la table mise et quelque chose de bon mijotait.
Cela me faisait toujours drôle d'avoir à sonner pour rentrer chez moi. Il aurait fallu que je fasse faire un double des clefs et que je lui donne. Mais ça aurait signifié l'officialisation de notre relation et j'hésitais encore. Tout paraissait trop beau pour être vrai. Je m'attendais à tout moment à découvrir le revers de la médaille. Car forcément :
Les histoires d'A
Les histoires d'amour
Les histoires d'amour finissent mal
Les histoires d'amour finissent mal
En général
Tous les rendez-vous étaient chez moi. Chez lui, c'était, paraît-il, en travaux. Il m'inviterait quand ce serait fini, me disait-il. Je soupçonnais plutôt que son appart devait être minable et qu'il avait honte de le montrer. Avec ses petits boulots de droite et de gauche, il ne devait pas rouler sur l'or. J'essayais de payer un max de choses sans trop le mettre mal à l'aise non plus.
Chaque fois qu'il passait la soirée chez moi, il restait évidemment dormir. Il restait même tout le week-end et repartait chez lui le dimanche soir. Pour l'Ascension, ma boite nous avait donné le vendredi pour faire le pont et donc nous allions avoir un week-end de quatre jours rien qu’à nous. Je lui avais proposé de quitter Rennes. Il m'avait répondu qu'il ne pouvait pas trop s'éloigner au cas où il y aurait un nouveau un problème à l'Escape Game. Déjà pour le week-end prolongé du premier mai, nous avions juste pu aller un jour au bord de la mer parce que pour la Fête du Travail, l'Escape Game était fermé. J'avais piqué la voiture d'Amanda et nous étions allés le vendredi manger des huitres sur la jetée à Cancale.
J'étais bien déterminée cependant à ne pas passer ces quatre jours enfermée avec lui, même si après un mois entier de beau temps (phénomène rare en Bretagne !), la météo annonçait un week-end pourri. J'avais tâté un peu les filles pour que l'on passe au moins une soirée ensemble, avec François. Elles étaient chaudes. Elles voulaient tout savoir sur celui qui me prenait tout mon temps libre depuis bientôt un mois. Et elles voulaient surtout « ab-so-lu-ment » le rencontrer. Comme leur boite ne faisait pas le pont et que nous ne partions finalement pas, elles avaient proposé qu'on se fasse un resto à quatre le vendredi soir. Restait plus qu'à convaincre François.
Coté sexe, c'était toujours l'entente parfaite entre lui et moi. François se montait doux et prévenant. Attentionné aurait été le terme le plus approprié : je le surprenais toujours à m'épier pour vérifier si tout allait bien pour moi. Ça me changeait ! Disponible était aussi un adjectif qui aurait pu le qualifier. Il était toujours prêt à répondre à toutes mes envies. D'ailleurs c'était plus souvent moi que lui qui étais à la manœuvre et cela semblait lui convenir parfaitement. Il n'y a que sur la fin de nos rapports où je le laissais prendre l'initiative. Généralement il se mettait sur moi, en position bien classique du missionnaire, et cherchait à me pénétrer le plus profondément qu'il pouvait. Une fois sur deux, cela se terminait pour moi par cet orgasme profond que je n’avais jamais ressenti avant lui. Jamais je n'avais eu une vie sexuelle aussi épanouie. Il était également toujours aussi obsédé par mes seins qu'il cherchait à caresser à la moindre occasion. Et ça aussi, ça me plaisait. Sauf évidemment quand nous étions dans des lieux publics.
Quand je suis arrivée au deuxième étage, j’ai vu que François avait laissé la porte entrouverte. Il s'activait toujours en cuisine et avait l'air débordé.
« Qu'est-ce qu'on mange ce soir ? » ai-je demandé en entrant. Cela faisait très le mari qui rentre le soir à la maison et qui s'inquiète de ce que bobonne a préparé.
« Je me suis essayé à faire des feuilletés de pate filo au chèvre et au miel et j'ai galéré.
- Tu veux de l'aide ?
- Non j'ai fini par m'en sortir. Ils sont au four maintenant. Je suis juste en retard. Tu voudras de la salade avec ?
- Oui volontiers.
- C'est le pliage des feuilletés qui m'a foutu dedans. Ça se déchirait tout le temps, j'ai dû aller en racheter mais bon, voilà c'est prêt, les feuilletés seront cuits dans 15 minutes, je me sers un pastis et j'arrive ».
En fin de semaine il se servait quasiment toujours un pastis, un pastis breton fait en Bretagne qu’il buvait très très dilué. Il y avait des pistaches grillées sur la table de salon. Il s'est jeté dessus. Il a demandé :
« On mange devant la télé en regardant un épisode ? ».
Nous en étions à la saison 3 de Outlander.
« Oui, mais pas tout de suite ! ».
Je voulais avant lui parler du projet de resto avec les filles.
« Ah au fait, Jérem fait un barbeuc chez lui demain. Il m'a demandé si on venait ? Ça te dit ? ».
Il me proposait donc de rencontrer ses potes. Et si je disais oui, il ne pourrait pas dire non pour mes copines.
« C'est qui ce Jérem ?
- C'est un des deux couillons qui était au bar avec moi le soir où on s'est rencontré. C'est le gros lourd qui m'a glissé deux préservatifs dans ma poche en me tapant les fesses et en me glissant dans l'oreille "bonne bourre".
- Tu ne m'avais pas raconté cela !
- Non ?
- Donc c'est un peu grâce à lui si...
- Oui et il veut vérifier s’il a bien fait, s'il ne m'a pas poussé sur le chemin de la perdition.
- Et t'en penses quoi, toi ?
- Je ne sais pas, j'attends son verdict ! »
Le mufle !
« Et elle en pense quoi, elle ? » en essayant d'attraper sa queue à travers son pantalon. Tiens, il avait son pantalon cargo du premier soir. Il faudrait tout à l'heure que je tâte ses fesses à travers pour savoir pourquoi ce froc lui faisait un si petit cul.
« Elle, elle vit sa vie indépendamment de moi souvent. Je ne contrôle rien du tout ! Elle n'en fait souvent qu'à sa tête.
- Même avec moi ?
- Toi, c’est pire ! Elle t'obéit au doigt et à l'œil. Je crois qu'elle est amoureuse de toi. De tes seins. Et de ta bouche surtout. » a-t-il ajouté avec son petit sourire espiègle.
Avant que ça ne dégénère, j'ai changé de sujet et lui ai parlé du resto avec les filles du vendredi soir.
« Tu ne voudrais pas qu'on fasse cela à la maison plutôt ? J'ai très envie d'un kig a farz mais à deux, c'est nul. A quatre ça peut le faire.
- Un quoi ?
- Un kig a farz. Tu ne connais pas ? Une sorte de pot au feu avec une semoule de sarrazin cuite dans un sac, dans le bouillon même du pot au feu. Normalement cela se fait avec trois viandes mais on peut juste acheter un jarret de porc et des saucisses fumées si on n'est que quatre.
- Je vais leur proposer.
- Du coup, je dis quoi à Jérem ?
- Tu dis oui ! »
Il s'est saisi de son téléphone pour envoyer un texto à son pote. Je me suis saisi du mien pour échanger avec les filles.
Ses feuilletés au chèvre et au miel étaient délicieux. On s'est regardé deux épisodes d'Outlander. Entre les deux, en allant aux toilettes, je me suis rendu compte que j'avais mes règles. Zut ! Pas de sexe ce soir ! Et certainement pas de sexe de tout ce week-end de quatre jours ! Ça n'aurait pas pu attendre lundi ? J'ai changé le protège-slip pour une serviette plus appropriée et suis retournée voir l'épisode suivant.
Comme il n'y aurait pas de partie de jambe en l'air ce soir, je lui ai proposé d’en regarder un troisième avant de se coucher. Il a refusé en disant qu'il était fatigué. Nous nous sommes brossé les dents ensemble, en se chamaillant pour avoir accès au lavabo. Il est allé se coucher avant moi. J'avais encore à me démaquiller, à passer ma crème hydratante pour la nuit, tous ces trucs de filles.
Il m'attendait dans le lit en scrollant sur son téléphone. Dès que je suis rentrée dans la chambre, il l'a reposé en le branchant sur son chargeur. Je me suis couchée en lui tournant le dos. Il s'est collé à mon dos et m'a pris dans ses bras. Je l'ai tout de suite arrêtée :
« Ce soir ceinture, la mer rouge a envahi les lieux.
- C'est pour cela que tu as gardé ta culote. Tes règles sont douloureuses ?
- Pas spécialement.
- Très abondantes ?
- Non. Pourquoi tu poses toutes ces questions ?
- Pour savoir et pour savoir pourquoi nous sommes privés de câlins.
- Ça ne te dégoute pas, une fille qui a ses règles ?
- Pourquoi ça devrait. Ce n'est que du sang. Tu ne vas pas me faire le coup de la femme impure quand elle a ses règles. C'est un peu dépassé ça ! ».
Pourquoi il fallait que ce soit lui, le mec, qui soit le plus à l'aise avec ce sujet.
« Popaul et moi, on est des warriors. La vue du sang ne nous a jamais fait reculer !
- Moi ça me gêne.
- Comme tu veux ! J'ai le droit de te toucher les seins au moins ?
- Comme si tu avais besoin de ma permission pour cela !
- Chic ! ».
Ses caresses étaient toujours aussi agréables et atténuaient ma frustration. J'ai senti un truc dur contre les fesses.
« Tu bandes ?
- Toujours avec toi ».
Je n'allais pas le laisser comme cela !
« Viens j'ai une idée. Mets-toi sur moi.
- Ce n'est pas nécessaire, ça va passer.
- Il y a un truc que je veux essayer.
- OK ».
Je me suis allongé sur le dos. Je lui ai demandé de s'assoir sur moi. Il s'est positionné au niveau de mon bassin. « Plus près », j'ai dit. Quand son pénis a été au niveau de ma poitrine seins, je l'ai serré entre mes deux seins. Ça faisait longtemps que le voulais essayer la cravate de notaire, pour voir ce que ça faisait. Je n'avais jamais osé. Je n'ai pas trouvé cela terrible. Ça coulissait mal, ça manquait de lubrifiant.
J'ai pris sa queue entre mes doigts et l'ai approchée de la bouche pour l'enduire de salive. Il a gémi sous le coup de cette caresse buccale. J'ai remis sa queue entre mes seins. C'était mieux mais toujours un peu décevant finalement. Alors je l'ai repris en bouche, j'ai attrapé ses hanches pour contrôler le mouvement et ai commencé à lui faire faire des mouvements de va-et-vient dans ma bouche. Il s'est appuyé avec des deux mains sur le mur au-dessus du lit. Il respirait très fort. Il prenait visiblement son pied et j'étais heureuse de lui donner tant de plaisir.
Au bout d'un moment il s'est retiré en disant :
« Arrête, je vais jouïr !
- J'y compte bien. Je me donne suffisamment de mal pour cela ! ».
J'ai attrapé à nouveau sa queue l'est remise dans ma bouche. J'ai saisi ses hanches à deux mains pour reprendre les mouvements de va-et-bien en l'autorisant juste à entrer un plus profondément tout en utilisant ma langue pour titiller le frein sous le gland chaque fois que je le faisais reculer. Il n'a effectivement pas été long avant d'éjaculer. Cette fois je ne l'ai pas lâché. J'ai aspiré très fort, il se tordait au-dessus de moi, parcouru de spasmes. Très vite il est devenu tout mou. J’ai recraché le bout de chair flasque. Il s'est couché à mes côtés.
« Ouah ! C'est la deuxième plus belle pipe qu'une fille m'ait jamais faite ?
- Et c'était qui l'autre ? ai-je demandé un brin jalouse.
- Ben toi, le premier matin.
- Menteur, ce matin-là j'ai tout ruiné ton orgasme en lâchant ta queue tellement j'étais surprise que tu jouisses si vite.
- Oui mais tu l'as reprise aussitôt et j'ai eu comme un deuxième orgasme. Grandiose ! Et puis quel mec n'a pas rêvé de se réveiller avec sa queue dans la bouche d'une jolie fille ? En tout cas, si j'ai droit à ce genre de gâterie chaque fois que tu as tes règles moi ça me va. Mais ce n'est pas drôle pour toi ».
Moi ça m'allait d'avoir satisfait mon amoureux. Je me suis blottie dans ses bras et je crois que je me suis endormie tout de suite.

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