Samedi 16 mai
« Je ne t'ai pas demandé hier soir, comment tu les as trouvées mes copines ? » lui ai-je demandé pendant le petit déjeuner qui était en train de se transformer en brunch. Fañch avait sorti du saumon fumé et des blinis qu’il tartinait généreusement de crème fraîche.
Nous n'avions pas pris le temps de débriefer la veille. Après que les filles étaient parties, on avait fini de ranger, mis le reste du Kig a Farz au le frigo et nous étions allés nous coucher direct. Je m'étais endormie comme une masse.
Il y avait eu aussi un peu de lâcheté dans le fait d'éviter le sujet la veille. J'avais trouvé Rebecca odieuse et je redoutais son verdict. Mais je ne pouvais rester plus longtemps dans le doute.
« Très drôles !
- Drôles ?
- Oui, Amanda est marrante. Très extravertie avec beaucoup d'humour.
- Rebecca s'est montrée odieuse.
- Je n'ai pas trouvé. C'est elle qui m'a fait le plus rire. Elle n'arrête pas de sortir à la fois des poncifs très féministes, dénonçant le patriarcat et le rôle de subalternes assigné aux femmes dans notre société mais en même temps, elle s'acharne à respecter tous les codes de ce même patriarcat, comme si elle voulait le défendre. Je me suis bien marré quand elle m'a demandé si je n'avais pas été choqué que tu m'accostes dans le bar pour m'offrir un verre. "Ça ne se fait pourtant pas" qu'elle a dit. Dans une société patriarcale où c'est l'homme qui choisit la mère porteuse de ses enfants et où la femme n'a que le droit de se taire et d’obéir, peut-être. Mais en tant que féministe autoproclamée, elle ne devrait pas défendre un tel modèle ».
Marrant qu’il ait compris en une soirée cette contradiction que j’avais mis moi plus de vingt ans à réaliser.
« Comme je lui ai dit hier, moi j'ai trouvé cela plutôt flatteur de me faire draguer dans un bar. Mais elle avait raison cependant sur un point. Si j'ai apprécié, c'est peut-être parce que, pour moi, ce n'est pas habituel. Si toutes les fois où je me promenais, des filles me sifflaient à chaque coin de rue ou si elles m'abordaient pour me proposer de me montrer leur chatte, au bout d'un moment j'en aurais marre. Comme les filles en ont marre des mecs lourdingues. Ça m'a amusé de ferrailler avec elle. Elle a du répondant. Elle est parfois un peu de mauvaise foi aussi. On dirait toi. Vous n'êtes pas copines pour rien.
- Parce que tu me trouves de mauvaise foi.
- Ce n'est pas le bon terme. Tu as l'esprit de contradiction, je devrais dire. T'aimes bien discuter et pinailler sur tout.
- C'est comme cela que tu me vois ? Et ça te dérange ?
- Si, ça me dérangeait, on n'aurait pas discuté trois plombes au bar ce premier soir. Je t'aurais envoyé chier et je me serais éclipsé bien avant. Je ne me suis senti obligé de te faire la conversation parce que tu m'avais offert une bière, je vaux plus cher de l’heure, encore moins de coucher avec toi pour ce prix là.
- T'as couché avec moi pourquoi, alors ?
- Parce que tu me plaisais et que j'en avais envie. Parce que j'ai aimé ta répartie, parce que je t'ai trouvé intelligente et intéressante ».
Il me faisait le coup de la beauté intérieure qui compte plus que le physique.
« Si ça avait été Rebecca qui t'avais abordé, c'est pareil, tu aurais fini dans son lit ?
- Aucune chance !
- Pourquoi : "aucune chance" ? Parce qu'elle trop coincée pour oser aborder un mec dans un bar ?
- Coincée, c'est le mot que je cherchais pour la définir. Coincée dans le patriarcat tout en le rejetant. Paradoxal. Non mais c'est pas pour cela que ça n'aurait pas pu le faire. Elle n'a pas de seins !
- Obsédé ! »
Il a éclaté de rire. Bon finalement il était bien comme tous les mecs, le physique ça compte quand même beaucoup dans l'équation, même si pour lui le physique semblait se résumer à la taille d'un bonnet de soutien-gorge.
« Bon, c'est pas le tout mais je vais me laver », a-t-il lancé. Il était toujours en caleçon et en tee-shirt. Tel que je commençais à le connaître, il était bien parti pour y rester toute la journée. Il a débarrassé la table et s'est dirigé vers la chambre pour prendre un caleçon propre puis s'est rendu dans la salle de bain. J'ai commencé à entendre l'eau couler. Cela m'a donné l'envie d'aller le mater, comme il m'avait maté la vieille.
Avec l'eau qui coulait, il ne m'a pas entendu rentrer. Il y avait son caleçon sale qui trainait en vrac par terre, son tee-shirt et son caleçon propre bien rangés à côté du lavabo. Il était en train de se laver les cheveux avec énergie. Ça moussait fort. Pour éviter d'avoir du shampoing dans les yeux, il les avait fermés. Il n'était donc pas prêt de me voir non plus. Il frottait si énergétiquement que sa queue se balançait de droite et de gauche. Comique ! Il m'a tourné le dos pour se mettre sous la pomme de douche et se rincer. Ah ses petites fesses ! Ça m'a rappelé la veille où j'avais eu l'envie de lui lécher la rondelle, voir même essayé de lui mettre un doigt.
Il a choppé le gel douche et à commencer à se savonner. Bien partout, sous les bras, dans le dos et même la raie des fesses. Il a commencé à s'occuper de ses bijoux de famille et là j'ai craqué. J'ai ôté le grand tee-shirt qui me servait de chemise de nuit et suis allée le rejoindre sous la douche. Je me suis glissée derrière lui et ai commencé à lui masser les bourses et la queue comme il venait juste de faire. Il a tourné la tête, et a embrassé ma bouche.
« Bonjour vous. Vous venez vérifier que le matériel est bien entretenu ?
- Affirmatif ! »
Tout en lui tenant les bourses de la main gauche, j'ai glissé l'index de la main droite le long de son sillon interfessier jusqu'à ce que je trouve son anus. J'ai commencé à faire des petits mouvements circulaires autour. J'ai même enfoncé l'équivalent d'une phalange dedans. Il a baissé le débit de la douche et s'est penché en avant, ses deux mains appuyées sur le mur face à lui.
« Tu aimes ?, ai-je demandé même si la réponse semblait évidente.
- Beaucoup ! »
J'ai donc continué encore un peu. Relâchant ses bourses, j'ai voulu attraper sa queue. Elle pointait droit vers l'avant.
« Je vois cela » ?
J'ai abandonné son anus, je me suis collé dans son dos et ai saisi sa hampe.
« C'est propre ça ?
- J'ai lavé.
- Bien partout ? Tu as décalotté pour bien laver l'intérieur ? »
Et j'ai joint le geste à la parole. J'ai tiré doucement la peau du prépuce vers l'arrière. Je savais comment le faire avec la bouche mais je ne savais pas si je ne tirais trop fort avec ma main. J'ai lâché un instant sa queue toute décalottée pour prendre du gel douche dans mes mains et ai commencé à frotter.
« Pas si fort ! Popaul n'est pas protégé par sa petite peau ni par son chapeau en latex, il est beaucoup plus sensible !
- Comment on fait pour branler un mec ?
- Personne t'as jamais appris ? Je te croyais plus expérimentée que cela !
- Aucun de mes amants ne m'a laissé faire ».
Alors il m'a expliqué. Il m'a demandé de continuer, avec ma main droite de tirer fort le prépuce vers l'arrière pour bien le décalotter. Le plus fort possible. Et, avec la main gauche, de passer juste un doigt enduit de gel douche sur le dessus et surtout sur le dessous du gland. Je me suis exécutée. Il a haleté de plus en en plus fort. J'exerçais un contrôle sur lui et c’est ça me plaisait.
« C'est comme cela que tu te branles quand tu es tout seul ?
- C'est une des techniques possibles. Sous la douche, c'est ma préférée ».
J’étais toujours dans son dos. Je me suis penchée sur le côté pour mieux voir ce que je faisais. Son ventre de contractait au rythme des va-et-vient de mon doigt. J'ai tiré encore plus fort en arrière. Sa queue est devenue encore plus raide. Je ne croyais pas que ce fut possible. J'ai amplifié mes mouvements du doigt et me concentrant sur le frein sous le gland. Il a fini par se tendre et sa queue a commencé à gicler, de gros jets blancs qui allaient s'écraser sur le carrelage de la douche face à lui. J'ai senti ses jambes fléchir. Il s'est recroquevillé.
« Pitié arrête, ça fait mal maintenant ».
J'ai arrêté mes caresses avec mon doigt. De ma main droite je l'ai recalotté. Il a eu encore un spasme, je ne sais pas si cela fut de douleur ou de plaisir.
« Fallait pas ?
- Si, serre moi la queue ».
J'ai donc serré le bout de sa verge recalottée dans ma main. Il a eu un nouveau spasme. Un peu de sperme s'est écoulé entre mes doigts. Il s'est retourné et m'a embrassée tout en me caressant les seins.
« Pas mal pour une débutante ! T'apprends vite ! Quel pied ! Mieux que quand c'est moi qui fait ! Ils sont cons tes mecs précédents de ne pas t'avoir laissé faire. Ils ont raté quelque chose. Et moi, je peux faire quelque chose pour toi ?
- Pas pour l'instant. J'ai toujours un peu mal au ventre. Mais tu as le droit de me laver. Je crois que mes seins ne sont pas très propres ».
Il s'est évidemment exécuté avec grand plaisir mais nous ne sommes pas éternisés. L'eau commençait à devenir froide. Je crois que nous avions vidé le ballon d'eau chaude. .
***
L'après-midi, alors que nous regardions des épisodes d'Outlander, affalés dans le canapé, sa tête posée sur mes genoux, j'ai laissé mes pensées vagabonder jouant avec ses cheveux. C'était un passage de la série dont je me souvenais assez bien. Du coup je n'étais pas très attentive. Ce qu'avait dit Fañch sous la douche me trottait dans la tête. « Quand popaul n'a pas son petit chapeau il est beaucoup plus sensible ». C'était vrai que, pour moi aussi, quand il m'avait pénétré du bout du gland, sans préservatif, j'avais également ressenti plus de sensations que les autres fois. D'ailleurs avec Hugo ou mes autres amants, ça avait toujours été mieux sans capote qu'avec. Et encore, eux ne m'avaient jamais fait jouir comme Fañch le faisait avec capote. Quel degré d'extase je pouvais encore atteindre si on arrivait à se passer de ce bout de latex ?
Il fallait vraiment que je recommence à prendre la pillule. En fait non ! La dernière fois, nous avions discuté avec la sage-femme qui me suivait de mes angoisses face aux oublis de la prendre tous les jours et elle m'avait suggéré la pose d'un stérilet. Elle m'avait même fait l'ordonnance. Je devais encore l'avoir quelque part. Si je prenais maintenant un rendez-vous avec elle sur Doctolib, je pourrais peut-être la prochaine fois, faire la surprise à mon chéri, en le laissant entrer dans ma petite grotte sans son chapeau de latex. On n'allait pas se voir le week-end prochain puisque, pour la Pentecôte, j'allais voir ma mère à Nantes (depuis le temps qu'elle me tannait pour que je vienne la voir) et que Fañch restait de permanence à Rennes en cas de problème à l'Escape Game.
En pianotant sur mon smartphone, j'ai trouvé un rendez-vous pour le mardi 26 mai. Parfait. Le week-end dans quinze jours allait être torride.

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