Mardi 9 juin
Depuis la crise d’il y a dix jours maintenant, nous avions repris Fañch et moi notre routine. Il passait trois nuits par semaine chez moi, les mardi, vendredi et le samedi soir.
Mais 3 nuits par semaine
C'est sa peau contre ma peau
Et je suis avec elle
La différence était que nous étions désormais vraiment peau contre peau, sans un morceau de latex pour faire barrière. En revanche, le fait d'avoir beaucoup parlé de ce qu'on aimait, de ce qu'on n'aimait pas avait ôté une grande partie du charme de nos nuits, quand nous en étions encore à explorer réciproquement nos corps. Nos ébats suivaient de plus en plus le même rituel. Pour commencer, des préliminaires où sa bouche s'occupait beaucoup de mes seins, ses doigts de ma chatte tandis que je lui caressais la queue, le masturbait doucement, parfois même le suçait un peu. Puis venait une pénétration douce où seul le bout de son pénis était autorisé à exciter l'entrée de mon vagin. C'est ce moment-là qui présentait le plus de fantaisie dans nos rapports car nous varions les positions. Cela durait jusqu'à ce que je me sente prête et l'autoriser à me pénétrer plus profondément. Cela finissait généralement par un bon vieux missionnaire où l'homme dirige la manœuvre et la femme est plutôt passive. Parfois une cuillère. Généralement nous explosions ensemble ou à peu de temps d'intervalle. Si je n'avais pas joui avant lui ou avec lui, ses doigts prenaient le relais pour m'emmener vers le septième ciel (je ne sais pas où sont les six autres !).
D'un point de vue purement sexuel, ce protocole me convenait. Jamais je n'avais éprouvé autant de plaisir avec un amant. Une fois sur deux, voire deux fois sur trois, il parvenait à déclencher chez moi ce type d’orgasme qu'aucun autre avant lui n'avait réussi à provoquer chez moi. Mais d’un autre côté, j’avais peur que cette routine qui avait fini par s‘installer ne le lasse, qu’il finisse par trouver que notre relation manquait de piment et que, comme Hugo, il finisse par aller chercher ailleurs.
Je lui avais proposé plusieurs fois de passer une nuit de plus avec moi, passer de trois nuits à quatre nuits par semaine, pour commencer ? Il avait toujours décliné, sous différents prétextes. Après c’est vrai qu’il avait un job, voire plusieurs jobs. Il avait chez lui un atelier où il concevait ses systèmes électroniques pour l’Escape Game. En ce moment il était à fond sur les lasers pour la commande que lui avait passé Matthieu. Il avait le temps : les travaux ne commenceraient qu’en septembre mais il voulait que tout soit fin prêt avant.
Mais moi, les nuits où je me retrouvais seule dans mon lit, sans la chaleur de son corps à mes côtés me frustraient. J’avais envie de la douceur de sa peau, j’avais besoin de sa présence, de ses taquineries, de la tendresse qu’il manifestait à mon égard, des baisers qu’il me volait à tout moment. Pourquoi cela ne lui posait aucun problème à lui de se passer de tout cela quatre nuits par semaine ? La libido des mecs est sensée être plus élevée que celle des meufs.
Ce mardi soir, nous avions une fois de plus passé une excellente soirée, de celle que j’aurais pu passer avec mon meilleur pote ou ma meilleure copine, à papoter, à nous chamailler. Il avait pris une douche avant de se coucher à mes côtés. Nous avions fait l’amour en suivant ce qui était devenu notre rituel. Nous en étions à la phase finale. Il était au-dessus de moi, les deux mains posées des deux côtés de mon visage, les bras tendus, le dos cambré à essayer de me pénétrer le plus profondément possible. A le voir se mordiller les lèvres je savais qu’il essayait de se retenir, de faire durer le plaisir le plus longtemps possible et lui en savait gré. Je sentais le plaisir monter en moi. S’il était capable de tenir encore un peu, il arriverait à déclencher cet orgasme venu du fond de mon vagin que lui seul savait provoquer. J’avais relevé mes jambes pour faciliter cette pénétration profonde, je contractais mon périnée au même rythme que ses va-et-vient pour augmenter mon plaisir et accélérer la venue de cet orgasme espéré, quand d’un coup il a crié et s’est figé.
Il a poussé un grand « Ah ! » comme si il s’était fait mal. Puis de petit « ah ! » saccadés entrecoupés d’halètements. Il s’est retiré de moi tout doucement puis s’est recroquevillé sur lui-même, tenant son sexe dans la main. J’ai tout de suite paniqué. J’ai pensé à nouveau à mon stérilet. Avait-il bougé ? S’était-il fait mal en le heurtant ? S’était-il blessé ? J’avais entendu parler aussi de fractures du pénis mais j’avais lu que ce type d’accident ne survenait que lorsque le mec s’essayait à des positions un peu acrobatiques. Cela ne me semblait pas être le cas ici. Avais-je pu provoquer cela avec mes contractions du périnée pour tenter, égoïstement, d’augmenter, ma propre jouissance ?
Je me posais mille questions, lui demandait si ça allait, ce qu’il avait mais, comme ce fameux vendredi soir où j’avais tenté de l’introduire en moi sans préservatif, il restait muet. Et bien sûr ça m’énervait :
« Parle ! Dis-moi ! T’as mal !
- Ô Julie si tu savais ».
Il n’allait pas me faire le coup de la Marie de Johnny Halliday.
Ô Marie, si tu savais
Tout le mal que l'on me fait
« Je suis désolé, c’est parti tout seul, je n’ai pas pu me retenir. D’un coup j’ai touché en toi un petit point, tout au bout de ta chatte. Cela m’a procuré de telles sensations que j’ai éjaculé sans même l’avoir senti monter avant. Jamais je n’avais ressenti cela avant. Jamais je n’avais joui aussi fort. Et oui j’ai mal. Plus je jouis fort, plus popaul est sensible après, au point que c’en est même douloureux parfois. Ça n’avait jamais été aussi douloureux que ça vient de l’être. Mais, putain, ça valait le coup ! Tu es décidément merveilleuse, ma Julie ! ».
Et voilà ! J’étais folle d’inquiétude pour lui alors que Monsieur venait juste de prendre un pied d’enfer. Cela faisait une semaine que je me demandais s’il n’allait pas se lasser de la monotonie de nos rapports de plus en plus semblables les uns aux autres alors que Monsieur découvrait encore des plaisirs inconnus. J’étais à la fois en colère pour la peur qu’il m’avait faite mais aussi heureuse et fière de lui avoir fait découvrir des sensations qu’aucune autre ne lui avait procurés avant. Cela rétablissait une sorte d’équilibre avec lui. Il n’était plus le seul à m’avoir procuré un plaisir inédit. Moi aussi j’en étais capable.
Reprenant ses esprits, il s’est inquiété :
« Mais du coup toi, tu n’as pas eu le temps de jouir ?
- Non, ça s’est arrêté trop brutalement alors que j’étais en plein montée.
- Je suis désolé. Tu veux que je m’occupe de toi ? »
L’excitation était retombée. Je n’avais plus trop le goût à cela. Et puis son matériel m’avait l’air hors service pour un moment. Je l’ai rassuré, lui ai dit que tout allait bien, que de l’avoir fait jouir à ce point me comblait. Il était dubitatif, n’avait pas l’air de me croire. Et pourtant, c’était vrai. Je me suis endormie, collée à son dos, le tenant fort dans mes bras et heureuse comme je ne l’avais peut-être jamais été après un coït. Alors que je n’avais même pas joui !

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