Vendredi 12 juin

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C’était le moment fatidique ! Je l’avais espéré et redouté depuis deux semaines. Dans quelques minutes nous allions prendre le train pour Lorient où j’allais rencontrer ses parents, son frère, sa belle-sœur, ses neveu et nièce. J’allais être officiellement présentée à sa famille. Si seulement Emilien et Corentin avaient pu être là !Au moins j’aurais eu des têtes connues avec moi, un soutien peut-être.

J’avais passé un temps fou la veille au soir à préparer ma valise. Comme allais-je devoir m’habiller ? Décontractée ? Un peu habillée ? J’avais demandé conseil à Fañch. Evidemment il n’avait été d’aucune utilité. « Normal » avait-il répondu. Mais c’est quoi la norme dans la famille Le Bras ? Pour un anniversaire, étaient-ils habillés comme tous les jours où se mettaient-ils sur le 31 ?

Du coup j’avais pris un peu de tout et Fañch a éclaté de rire en me voyant sortir du boulot avec ma grosse valise.

« Tu sais qu’on ne part que deux jours ?
- Très drôle ! »

La gare n’était qu’à cinq minutes à pied de mon boulot. Gentleman il a quand même pris ma valise qui pesait son poids et m’a refilé le sac de sport qu’il trimbalait en plus de son sac à dos.

« Pourquoi tu emmènes ce sac ? Y a rien de dedans. Il est tout léger !
- Parce que je sais comment ça se passe quand je retourne à Lorient. Au retour il pèsera autant que ta valise, si ce n’est plus ».

Nous avions une heure et demie de train jusqu’à Lorient. A l’arrivée, j’ai fait la connaissance de sa mère, venue nous chercher.

« Bonjour Madame !
- Annie, je t’en prie ».

Bon on était sur une ambiance décontractée. C’était déjà ça. Elle nous a ramenés chez elle dans sa petite Fiat 500. La maison de famille où Fañch avait grandi était un très classique pavillon au sein d’un tout aussi banal lotissement. Elle était à peine garée sur l’allée du garage de la maison qu’elle nous a demandé si nous voulions boire quelque chose ou aller aux toilettes. Puis nous a quasiment mis à la porte.

« Ton père est à une réunion syndicale, comme d’habitude. Vous êtes très attendus à Scaër, ne trainez pas trop. Y en a deux qui ne tiennent plus en place depuis hier parait-il ! De toute façon, on se voit demain midi. Tu peux prendre ma voiture si tu veux Fañch.
- Chic ! Elle est chargée ?
- Elle était à 100% quand je suis partie vous chercher à la gare. ».

Nous sommes donc repartis aussitôt sans même rentrer dans la maison. Fañch m’a promis qu’il me ferait visiter la maison de son enfance le dimanche où il était prévu que nous y déjeunions avant de reprendre le train pour Rennes. Les deux nuits, nous allions les passer à Scaër, enfin dans un hameau autour de Scaër où était la ferme des grands-parents de Fañch que son frère et sa belle-sœur étaient en train de retaper. Le projet était de la transformer en chambres d’hôtes et gîtes. Il y avait déjà deux chambres d’ouvertes, les travaux étaient en cours pour en ouvrir trois autres, plus un gîte rural. C’est Gwendal qui faisait tous les travaux lui-même. Fañch lui filait un coup de main à l’occasion.

Fañch était tout heureux de conduire la voiture électrique de sa mère. Un vrai jouet, disait-il. En le voyant au volant, je me suis aperçue que je ne m’étais jamais posé la question s’il avait le permis ou pas. Je le voyais toujours comme un ado pas en âge de conduire. Ce qui me ramenait moi aussi à mes quinze ans quand mes petits copains n’avaient pas de poil au menton. Fañch n’en avait lui-même quasiment pas. Je ne l’avais jamais vu se raser. Parfois quelques poils blonds repoussaient par ci par là. Il conduisait vite. Il me disait que c’est parce qu’il connaissait la route par cœur. J’avais comme l’impression qu’il était lui aussi impatient d’arriver.

A peine étions nous entrés dans la cour de l’ancienne ferme que nous avons vu deux petites furies sortir de la maison en criant : « Fañch ! Maman, Fañch est là ! Il est arrivé ! Dès qu’il est sorti de la voiture, la plus petite des deux furies lui a littéralement sauté dans les bras en s’agrippant à son cou. Le garçon, Malo a priori, était plus réservé. Une jeune femme est sortie de la maison en grondant la fillette :

« Enora, laisse-le respirer ! »

Puis se tournant vers moi :

« Bonjour Julie ! Bienvenue à Ty Lomic-Rozenn ! Moi c’est Soizic, la maman de ces deux monstres. Gwen est en train de prendre sa douche. Il avait de la colle à carrelage jusqu’aux oreilles. Littéralement. Il ne va pas tarder à nous rejoindre. Les enfants, laissez Fañch et Julie sortir leurs affaires. Fañch, j’ai préparé pour vous les Hortensias.
- Ouah, on est gâté !
- Je vous laisse vous installer et vous nous rejoignez ? D’ici là Gwen sera sorti de la douche ! »

Sans plus attendre, Fañch m’a conduite vers un autre bâtiment de la ferme.

« C’était l’ancienne remise. Gwen et moi, on a tout fait ici. On a refait le toit qui était en tôles ondulées. On a, avec son pote Nicolas, monté un mur pour fermer la remise, coulé une dalle, cloisonné la salle d’eau, installé une douche et des toilettes. Devant notre superbe mur, Soizic a planté des hortensias qui du coup cachent notre chef d’œuvre et surtout notre superbe enduit à la chaux qu’on a eu tant de mal à faire et elle rebaptisé la chambre « Les Hortensias ». L’autre chambre est plus petite. C’est l’ancienne soue à cochons. Soizic a planté devant des agapanthes et devine comment elle a baptisé la chambre ? En ce moment Gwen est sur la grange. Il veut y faire trois autres chambres et un gîte. Y a du taf ».

La chambre était superbe avec une belle hauteur de plafond sous la charpente apparente. Dans la salle d’eau, il y avait une grande douche avec deux pommeaux de douche. Le tout était superbement décoré, mélange d’ancien et de moderne. Nous ne nous y sommes pas attardés. Nous étions visiblement très attendus.

J’ai fait connaissance de Gwendal qui, à part la couleur des cheveux, ne ressemblait pas du tout à Fañch. Il était bien plus grand que lui, plus costaud aussi. Il portait les cheveux longs qu’il avait attachés en un petit chignon haut. Ses joues étaient mangées par une barbe imposante. Finalement les trois frères ne se ressemblaient pas des masses. Corentin était peut-être celui qui ressemblait le plus Fañch malgré ses cheveux bruns presque noirs. Ils avaient en revanche tous les trois les mêmes yeux verts, peut-être un peu plus clairs chez Fañch.

Nous sommes passés directement à table. Les deux enfants ont directement accaparé Fañch. Comme je me retrouvais du coup un peu isolée, Soizic s’est occupée de me faire la conversation. Ou de me faire passer un interrogatoire, je ne sais pas trop comment je devais le prendre. D’un côté elle semblait sincèrement s’intéresser à moi, ce que je faisais dans la vie, mes potentiels frères et sœurs, mes parents, les relations que j’avais avec eux. De l’autre je ne pouvais pas m’empêcher de penser que vu les liens très forts qu’elle entretenait avec Fañch qu’elle considérait comme son petit frère voir plus, elle me jaugeait pour savoir si j’étais assez bien pour lui. Mais c’est peut-être mon côté parano qui me faisait imaginer cela. La paranoïa a même atteint son paroxysme quand en regardant Fañch et Malo qui rigolaient ensemble et faisait preuve d’une grande complicité, elle a lâché, attendrie : « Regarde ces deux-là, on dirait plus que ce sont deux frères qu’un oncle et son neveu ». Elle avait connu Fañch alors qu’il avait toujours juste deux ans. Elle et Gwendal en avait seize et s‘étaient beaucoup occupé de lui. Dès qu’ils avaient été en âge de partir seuls en vacances, ils l’avaient emmené avec eux. Soizic s’occupait encore beaucoup de Fañch et lui comptait beaucoup sur elle. Il ne pouvait rien faire sans l’avis de « sa » Soizic, avaient dit ses potes qui le connaissaient depuis plus longtemps que moi. Le voyait-elle comme le frère de son compagnon ou comme l’ainé de ses enfants qu’elle était prête à défendre comme une louve contre toute intruse dans leur relation ?

Le repas était fini, Gwendal avait ordonné à ses enfants de se préparerr pour aller au lit. Il y avait eu des cris, des protestations, des « pas déjà », des « encore un peu », jusqu’à ce que Fañch se lève et leur dise : « Allez, pipi, les dents. Si vous ne trainez pas trop, je vous raconte une histoire ! ». Il y avait eu alors comme une envolée de moineaux. Soizic avait dû les rappeler pour qu’ils disent bonsoir, voire qu’ils daignent revenir lui faire un bisou. Fañch avait quitté la pièce derrière eux.

Gwendal m’a expliqué que les histoires de Fañch, c’était sacré pour Malo et Enora. Cela tournait toujours autour des korrigans, ces lutins facétieux des légendes bretonnes, généralement bienveillants mais capables d’horribles vengeances avec les méchants. Les histoires de Fañch étaient des pures inventions de sa part et quand il était inspiré cela pouvait durer des heures. Il est revenu « seulement » trois quarts d’heures plus tard après en disant : « j’ai abrégé et leur ai promis la suite demain ! ».

Pendant qu’il était absent, l’interrogatoire avait repris autour d’une tisane maison de Soizic. J’ai dû quasiment tout répéter à Gwendal ce que j’avais raconté à Soizic. Un test pour savoir si je racontais bien la même histoire ? Dès son retour, Gwendal a accaparé son frère pour lui parler travaux et du coup de main dont il aurait besoin le lendemain matin pour positionner et fixer un escalier.

Il était quasiment minuit quand nous sommes allés nous coucher. J’ai quand même voulu essayer la double douche avec Fañch. Nous nous sommes savonnés mutuellement, lui insistant beaucoup sur mes seins, moi sur son service trois pièces. Du coup, il en est ressorti avec une sacrée gaule. Quand nous nous sommes glissés sous les draps, il m’a murmuré à l’oreille s’il aimerait bien réessayer d’atteindre le petit point qu’il l’avait tant fait jouir trois jours avant. Je lui ai donné mon accord (comment refuser ?) mais à condition qu’il s’occupe suffisamment de moi avant pour que j’ai le temps d’avoir du plaisir moi aussi.

Je l’avais à peine autorisé à me pénétrer que déjà il cherchait à s’enfoncer en moi le plus profondément qu’il pouvait. Il se tortillait, cherchait à modifier l’angle de pénétration. D’un coup, il s’est figé et m’a glissé à l’oreille : « il est là ! ». Il a alors repris des mouvements de va-et-vient très lents en se contentant d’exciter mon clitoris avec le bout de son pénis. De temps en temps, il s’enfonçait plus profondément pour vérifier : « il est toujours là ! ». A la quatrième ou cinquième vérification, il a ajouté : « tu me diras quand tu seras prête ? ». Quand j’ai commencé à sentir les picotements dans mon ventre et la vague de plaisir monter, j’ai attendu encore un peu car je craignais qu’il ne vienne très vite comme la fois précédente. Quand je lui ai enfin dit « viens », j’étais au bord de l’orgasme et il ne m’a pas fallu longtemps pour jouir. J’ai relevé les jambes et attrapé ses petites fesses à deux mains pour accompagner ses mouvements. « Je le sens, je le sens » a-t-il presque crié avant d’éjaculer en moi puis de s’effondrer à mes côtés.

« C’est trop bon, c’est trop bon. Je ne sais pas ce que c’est mais j’adore ce petit point au fond de ton vagin ». Je me suis blottie contre lui. Il s‘est endormi comme une masse.

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