Chapitre 4 : Quanah Norah
Jour 4, 10 juillet 1898, 2:23 am :
C’est terminé.
J’ai bien cru que je n’y arriverais jamais… mais ça y est.
C’est fini.
Je ne ressens pourtant aucun soulagement. Jamais un contrat ne m'aura laissé un goût aussi amer. Est-ce que j'ai commis une erreur, quelque part ? Ai-je vraiment rendu justice ? Et quelle justice ? Je ne comprends plus rien à rien. Je ne suis même pas certain d’avoir la force d’écrire tout ça…
Il le faut. Pour la postérité. Pour ne pas oublier.
Tout à l'heure, je me suis finalement assoupi sous mon abri. J'ai émergé en fin de matinée, la tête encore lourde. Je devais être plus éprouvé que je voulais bien l’admettre... Une fois sorti du brouillard qui m’embrumait l'esprit, j’ai levé les yeux vers le ciel. Les nuages noirs avaient totalement disparu, chassés par l’immensité azur d'un ciel redevenu muet. La tempête était retombée. Mais depuis combien de temps ? Est-ce qu'il était déjà trop tard ?
Le Navajo n’avait pas pu filer bien loin. Pas sans son cheval. Pas sous cet orage. Rien ne garantissait qu’il soit encore en état de marcher sur de longues distances dans un tel bourbier. La solution pour lui aurait sûrement été de trouver un endroit calme et de profiter de la pluie pour se reposer et se désaltérer à peu de frais.
Sans perdre une seconde, je me suis mis en quête de l’endroit où il avait pu se terrer. J’ai exploré chaque recoin de ce maudit canyon, sur des miles à la ronde, soulevant la moindre petite pierre, épiant le moindre petit signe de sa présence, comme un orpailleur en quête d’une pépite qu’il ne trouvera peut-être jamais.
Vers quatorze heures trente, je suis tombé sur un petit filet d’eau qui lézardait entre les roches, certainement creusé par la pluie récente. Je décidai de suivre sa trace, pour voir où elle me mènerait. Là où il y a de l’eau, paraît-il…
Après quelques minutes de marche, j'ai fini par apercevoir l’entrée d'une grotte, creusée à même la roche. Bien que le seuil ne fût pas très accueillant, je décidai tout de même d'y pénétrer. Je me retrouvai alors dans une galerie étroite, aussi serrée qu’un cul de poule, et il me fallut avancer tête baissée pour progresser dans cet entonnoir de pierre. Il y faisait extrêmement sombre ; et je fus contraint de sortir la lanterne à huile de ma sacoche afin d'y voir un peu plus clair. L'humidité imprégnait les parois de la caverne, et quelques fragments de pyrite scintillaient comme des diamants sous les lueurs de ma flamme. C’était un endroit qu’on aurait dit sorti d’un songe, à mille lieues de l’hostilité ardente du dehors.
Après quelques yards, j’aperçus des rayons de lumière jaunâtres s’extirper à l'autre bout du tunnel. Est-ce que je touchais enfin au but ? Je saisis fermement la crosse de mon Colt et avançai à pas feutrés vers cette mystérieuse lueur devant moi. Une fois arrivé à proximité de l’entrée, je me plaçai discrètement contre la paroi et glissai la tête dans la fente rocheuse pour scruter les alentours. Au-delà de cette brèche, une vaste antichambre naturelle s’étalait sur au moins cinquante yards de diamètre. On aurait dit un mirage. Le toit formait une coupole brunâtre, striée de coulées de roches figées ; tout était aussi beau et calme que dans un monastère.
C’est à ce moment-là, en détournant mes yeux de cette prouesse architecturale de dame nature, que je le vis enfin. C’était bien lui, fidèle au portrait dessiné sur l’avis de recherche : Quanah Norah, l'homme qui voit les horizons noirs.
L'homme était allongé sur un tapis tressé devant un petit tas de braises à peine incandescentes. Son visage était assombri et grossier, comme sculpté dans l’argile. Il portait encore sa tenue de prisonnier, une chemise rayée blanchie par la poussière et un pantalon usé dont les coutures semblaient prêtes à céder. Un bandeau rouge était noué autour de sa tête, sur lequel était accrochées deux plumes d’aigle blanches et noires qui s'élevaient au-dessus de son crâne. Ses longs cheveux poivre et sel tombaient sur ses épaules. Son arc et son carquois reposaient un peu plus loin dans la salle, hors de portée, et ne représentaient donc pas une menace immédiate. J’entrai néanmoins prudemment, le tenant en joue, sans le quitter des yeux.
À partir de maintenant, je vais tenter de retranscrire notre échange tel qu’il s’est déroulé. Je suis persuadé que les phrases de l’indien sont encore assez solidement ancrées dans ma mémoire pour que je me prête à ce petit exercice :
« Tes mains bien en vue, Quanah ! »
Il ne broncha pas, et leva à peine un regard sur moi. Il n’avait pas l'air surpris de me voir, ou alors il était juste trop épuisé — ou résigné — pour en montrer davantage. Ses lèvres étaient gercées par la déshydratation, ses joues creusées et son regard à demi-éteint. Sa peau était asséchée et rougeâtre par endroits. Il était dans un sale état. Il cligna lentement des yeux, puis fronça ses larges sourcils noirs, comme pour faire la mise au point. Il se redressa très lentement ; une ombre immense se dressa alors dans son dos. Un sourire discret se dessina au coin de ses lèvres. Finalement, il avait visiblement encore assez d’énergie pour discutailler un peu…
« Te voilà enfin, l'homme qui chasse les autres hommes. Je t’ai vu souvent, tu sais, dans mes rêves. Toi et moi étions ici même, mais tu n’attendais pas une seconde de plus pour m’abattre... Alors ça y est, le moment que nous attendons tous les deux est arrivé ? Le moment de faire un choix.
— Mon choix est tout trouvé, Quanah. La seule raison pour laquelle tu es encore en vie, c’est qu...
Il me coupa net.
— Tu as besoin de quelque chose. Ton esprit est plongé dans la pénombre, n’est-ce pas ?
— Je n’irais pas jusque-là... mais oui, il y a deux ou trois choses qui me chiffonnent depuis quelques jours. Tu n'as pas l'air surpris de me voir... Si tu savais que je viendrais, pourquoi ne pas avoir choisi un autre endroit où te cacher, au lieu d'attendre bien sagement ici que je vienne te cueillir ?
— Qu’importe l’endroit, et qu’importe que l’on voie ou non l’horizon, il est là. C'est lui qui nous attend, pas l'inverse. Bien sûr, on peut essayer de le changer... mais pour quels résultats. Quelles conséquences ?
— Alors pourquoi tu veux être épargné, en quoi cela changerait cet horizon ?
— Moi ? Je n’ai rien demandé. Je ne suis qu'un messager. Je ne peux pas intervenir pour changer les choses de mon propre chef. Ce sont les êtres sacrés qui veulent arrêter tout cela. Toi et les tiens, vous avez créé de trop grands troubles…
— Les êtres sacrés ? Écoute, que ce soit bien clair : je ne crois pas un traître mot de tout ce charabia. Je n’ai qu’un seul dieu, moi, et c’est le seul qui vaille !
— C’est parce tes yeux sont couverts par le bandeau de l’ignorance, que tes paupières se ferment à toute autre réalité. N’as-tu pas remarqué pourtant, comme les esprits de la nature semblaient hostiles à ton égard ?
Je ne pouvais lui parler de ma mésaventure avec les coyotes, cela aurait donné encore plus de crédit à ses élucubrations, sans compter qu'il y avait aussi eu cette satanée tempête à la fin de mon parcours.... Il ne fallait pas que je rentre dans son jeu, je me suis donc contenté de répondre de la manière la plus détachée possible :
— Pas plus que d’habitude... C’est le désert ici, Quanah, ce n'est jamais une partie de plaisir… Maintenant écoute, j’ai quelques questions à te poser. Un jour, un de tes semblables m’a parlé de « sombres horizons », mais aussi « du dernier pupille», de quoi parlait-il ?
Il écarquilla de nouveau les yeux. Cette fois ci, il parut sincèrement interloqué.
— Le dernier ? C'est bien ce qu'il a dit ?
— Possible... Pourquoi ?
— Je comprends…
— Explique-toi !
— Il parlait des grands sages, les pupilles d’aigle issues des peuples premiers... Si celui qui t'as parlé a dit que j'étais le dernier, alors cela veut dire qu’après moi, plus personne ne pourra prévenir les hommes des sombres horizons à venir. Ça veut dire... que tout est terminé.
Après qu'il eut prononcé ces quelques mots, je pus apercevoir une profonde tristesse se dessiner sur son visage, également perceptible dans le ton fébrile qu'avait pris sa voix. Je ne pouvais pas réellement comprendre ce qu’il ressentait, mais j'imaginais que c'était probablement un pan entier de sa culture qui risquait de disparaître avec lui…
— C’est quoi les sombres horizons, au juste ?
— Les sombres horizons, c’est ce qui se passera si on ne parvient pas à modifier la trajectoire des choses. Tout est cyclique, tout est lié, rien ne finit ou ne commence réellement...
— Je ne suis pas un grand adepte de philosophie, tu peux être plus clair ?
Il sembla pensif l'espace de quelques instants, comme perdu dans ses pensées.
— Connais-tu cet objet ? Lâcha-t-il finalement.
Il pointa son doigt en direction d’une petite chose étrange, dont je n’avais pas remarqué la présence jusqu'ici, et qui était suspendue en hauteur à l’aide d’un fil soigneusement enroulé autour d’une excroissance rocheuse. C’était une sorte d’anneau orné de plumes, à peu près aussi grand que le contour d’une chope de bière. À l'intérieur de cet anneau figurait un filet en tissu brodé, à la manière d’une rosace ou d'une sorte de toile d’araignée.
— Non, jamais vu un truc pareil. Mais qu’est-ce que ça vient faire dans la discussion ?
— C’est un attrape-rêves. Un frère Ojibwé me l’a confectionné, il y a bien longtemps. Cela sert à capturer les mauvais rêves. Parfois, je me sens fatigué, fatigué d’être le témoin des horribles choses passées ou à venir, et je n’ai pas toujours la force de regarder ces sombres horizons en face… Tu vois cet anneau ? Il est semblable à notre univers. C’est un cercle parfait, à l’intérieur duquel s’imbriquent une multitude de fils de tissu. Chacun de ces fils pourrait représenter la trajectoire d’une vie, un destin. Ils se croisent, se décroisent, mais restent tous reliés à un seul et même cercle de cuivre. Ensemble, ils forment une figure harmonieuse qui se soutient elle-même. De cette harmonie naît une force, celle qui permet de piéger les mauvais rêves qui s’égarent en son centre…
— D'accord, mais quel est le rapport avec notre monde ?
— Eh bien, lorsque tu pêches ton poisson, il mange le ver que tu as placé à l’extrémité de ton fil, n'est-ce pas. Ensuite, tu manges ce poisson. Et qui te mange lorsque tu retournes à la terre ?
— Euh… Le ver ? T’es bien enclin aux devinettes pour quelqu’un qui a un flingue braqué sur lui…
— Le ver, oui ! Celui-là même qui t’aura servi à manger le poisson ! Tu vois, tout fonctionne à peu près comme cela… Nous appelons ça l' « Hózhó ».
— Viens-en aux faits s’il te plaît !
— Tu fais partie d'un tout, c’est pour cela qu’il faut, en toute conscience, respecter l’ordre des choses, protéger l'harmonie qui existe avec tous les autres éléments de l’univers. Depuis votre arrivée sur nos terres sacrées, vous n’avez eu de cesse d'œuvrer pour créer le déséquilibre dans cette harmonie. Vous ne respectez ni les forces en présence, ni la logique des choses : vous brisez le cercle !
— D'accord, j’ai pigé, et donc ? Où tout cela nous mène ?
— Tout cela mènera à notre perte. Si les pupilles d'aigle disparaissent, qui protégera l’ordre établi ? Mes rêves m’ont chuchoté que ce ne sera pas vous ! J’ai vu tellement de choses, des choses qui paraissent impossibles pour ceux qui ne voient pas : des forêts entières arrachées comme de la mauvaise herbe pour bâtir des villes, des mines, faire courir vos machines ou faire jaillir des flammes du ciel. D'immenses colonnes de pierre crachant des nuages, des lignes grises infinies, tracées à même le désert, et des charrettes sans chevaux pour les traverser. Vous souillez la terre pour faire naître vos fruits, vos animaux, ou pour puiser les matériaux nécessaires à vos folies… Rien de ce que vous créerez ne sera construit sans destruction préalable. C'est ainsi que naîtra l'ultime déséquilibre, celui qui mènera à la fin de tout…
Les Grands Anciens, témoins du passé, du présent et du futur l’ont vu, et ils ne peuvent laisser faire cela. Ils trouveront un moyen de se défendre.
— Ah, et t’as vu tout ça dans tes rêves ? Faudrait peut-être arrêter de fumer vos satanées herbes… Et que suis-je censé faire, moi, dans tout ça ? Te laisser filer gracieusement ?
— Ma requête est simple, que vous m’ôtiez la vie ou non, vous devez quitter Cockrell Hill au plus vite. Cette ville est maudite, elle a été construite sur une terre sacrée. Les corps de mes ancêtres y reposent. Lorsque les bourgeons des arbres pousseront sur la peau des hommes et que des lances de feux transperceront le ciel, vous saurez que l'heure des sombres horizons est arrivée. Voilà le présage que m’ont confié les êtres sacrés. Toi et les tiens, vous devez laisser les esprits reposer en paix.
Je commençais à perdre patience. J’avais entendu assez de folies pour aujourd'hui, et tout cela commençait à m’embrouiller l'esprit… Je voulais croire qu’il déraillait complètement, que tout ce qu'il racontait n’était qu’un tissu de mensonge mêlé de superstitions païennes. Pourtant, malgré moi, une pensée me traversa l’esprit : si tout cela n’était que du vent, pourquoi est-ce que je me sentais de plus en plus mal à l’aise ? Pourquoi, depuis le début de cette fichue traque, tout avait semblé tourner de travers ? J'essayais de rester lucide, de m'accrocher à ma raison.
— Sinon quoi ? Ils vont sortir de sous terre pour venir nous botter le cul ? Tu plaisantes, j’espère ? Tout ce chemin pour m’entendre dire de telles conneries ! Putain, Quanah, c’est tout ce que t'as trouvé ? Alors c’est pour ça que tu as tué tous ces gens ? Des innocents, massacrés comme du bétail ! Tu trouves ça équilibré ?!
— Tu as raison. J'ai moi aussi pris part à ce déséquilibre... Par égoïsme, et par vengeance. Ma famille et mes camarades ont vu leurs vies volées par les mains des tiens. J'ai été contaminé par la haine que vous avez fait germer en moi, mais je suis entièrement responsable d'y avoir cédé... Et toi, tu vas prendre ma vie aussi, n'est-ce pas ? Nous attisons tous deux la colère des anciens, on dirait... La haine est un cercle infini.
— Je n’ai pas le choix Quanah, je sais que ce fut une sale guerre, mais c'est terminé... Il n’y a rien de personnel là dedans, crois-moi. Si ce que tu dis est vrai, saches que je suis désolé pour les tiens. J’aurais préféré que tout cela n’arrive pas. Mais ça, là, c’est mon boulot ! J’exécute des gens qui ont leurs visages imprimés sur des affiches, c’est tout...
— Fais ton travail alors, et emporte l’attrape rêve avec toi, il ne me sera d’aucune utilité dans l'autre monde.
— Je ne vois pas en quoi il me sera utile, à moi…
— Crois-moi, il le sera.
— D'accord, si c'est vraiment ce que tu veux, ça me fera un souvenir… Écoute, j’aurais aimé que ça se passe autrement, mais c’est comme ça que ça doit se terminer. J’espère sincèrement que tu pourras retrouver les tiens dans l'autre monde... Merde ! J'allais presque oublier... Une dernière question pour toi : comment diable as-tu fait pour t'évader de cette foutue prison de Cockrell Hill sans laisser de traces ?
Il éclata soudain de rire. Le son me fit sursauter. Aussitôt, son rire se mua en une quinte de toux grasse, qui le plia en deux et résonna contre les murs de la grotte.
Lorsqu’il retrouva enfin son souffle, il ajouta :
— Tu vois... C'est ça le problème de l'homme blanc ! Vous voulez tout savoir sur tout, tout maîtriser, tout comprendre. Fais-moi une ultime faveur : laisse dans ton cœur une petite place à l'inexplicable, pour une fois. Il existe des choses et des forces en ce monde qu'il faut découvrir par soi-même, le moment venu.
— T'es du genre frustrant, Quanah... Très bien, ainsi soit-il, alors. Si c'est vraiment ce que tu désires, je prends ça comme une dernière volonté... Je finirai bien par le découvrir tôt ou tard par moi-même.
— Merci... Il y a du bon en toi, je le sais. Je crois qu'il est l'heure de nous dire au revoir, maintenant. Ta décision a été prise il y a bien longtemps, n'est-ce pas ?
— Oui... Adieu Quanah, que Dieu ait pitié de ton âme.»
Quannah ferma lentement les yeux, il inspira profondément, l'air apaisé. Après un soupir et une petite seconde d'hésitation inhabituelle, j’appuyai finalement sur la gâchette. Quannah s'écroula sur le sol froid de la grotte.
Je sortais mon couteau de ma poche. Comme McCoy l’avait ordonné, je devais récupérer son oreille droite — celle marquée par cette vieille balafre de guerre — histoire d’avoir une preuve à rapporter à Cockrell Hill. Ce ne fut clairement pas une partie de plaisir, on ne s’habitue jamais vraiment à l'odeur du sang... Avant d'enrouler l'organe gélatineux dans un linge propre et de le fourrer dans ma poche, je jetais un dernier regard sur le corps sans vie de Quanah.
Jamais je n’avais vu un homme accueillir la mort avec autant de sérénité ; rien de ce qui se trouvait au-delà ne semblait l’effrayer.
Voilà, en somme, comment les choses se sont passées...
Ça fait des heures que cette étrange conversation tourne dans ma tête. Je me demande ce que le seigneur peut bien penser de tout cela... Si Quanah a réellement tué tous ces gens pour venger les siens, quelle est notre part de responsabilité ? Et moi, je suis quoi dans tout ça ? Et puis, il y a cette menace qu’il a fait peser sur Cockrell Hill, est-ce que je devrais la prendre au sérieux ? Je m'en remets à Dieu, à présent. Si le mal est fait, alors il est déjà trop tard. Comme Quanah l'a dit : j’ai déjà pris ma décision.
Je crois que cette fois, on y est ! Le dernier contrat du vieux Billy Carlston... J'aurais préféré que ça se termine autrement. Pas comme ça. Pas avec lui. Et je pense qu’il va me falloir un peu de temps pour digérer tout ça. Dans plusieurs années, peut-être que j’en rirai en me balançant sur une chaise à bascule de vieux croulant, sous le porche d'une belle maison…
Je ne vais pas refermer ce carnet sans ressentir un petit pincement au cœur, sans prier pour que ce soit la dernière fois. Peut-être qu’un jour, je ferais éditer mes aventures, qui sait… Pour l'heure, je te fais mes adieux, cher journal. Il est temps pour moi de rentrer à Cockrell Hill.

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