Chapitre 1: La randonnée ( Solveig )
— J’ai chaud, je n’en peux plus… On en a encore pour longtemps ? dis-je en attrapant la bouteille d’eau dans le sac de mon père.
— Ça ne fait que trente minutes qu’on a commencé la randonnée, ma chérie,
répondit ma mère, essoufflée.
Mes parents étaient passionnés de randonnées. Chaque été, on en faisait pendant toutes les vacances, pour au final toujours voir la même chose : des arbres, des feuilles, encore des arbres. Et comme disait souvent ma mère :
« Regarde, ma chérie, ces paysages ne sont-ils pas magnifiques ? »
Personnellement, ce n’était pas ma passion. Ni celle de mes deux petites sœurs, Ida, 9 ans, et Astrid, la cadette de 6 ans. Elles détestaient tout ça elles aussi.
Non pas qu’on n’aimait pas marcher dans la nature… mais pas sous 30°C, quoi.
Cette année-là, nous sommes partis en Espagne pour les vacances. À vrai dire, je pensais passer mes journées à bronzer sur la plage pendant que mes sœurs construiraient des châteaux de sable à côté de moi. Je m’imaginais déjà avec mes écouteurs, ma playlist préférée et un roman d’amour entre les mains.
Tandis que je restais perdue dans mes pensées, un groupe de garçons de mon âge passa près de moi. L’un d’eux attira immédiatement mon regard.
Il avait les cheveux mouillés un peu longs, juste au-dessus de ses yeux d'un bleu turquoise, comme la mer au coucher du soleil. Je me perdis dans son regard sans m’en rendre compte.
Il avait un corps musclé et portait une tenue de surf, sa planche sous le bras. Je le trouvais beau. Et sans vraiment comprendre pourquoi, il m’attirait énormément.
Soudain, je réalisai qu’il me regardait aussi.
À cet instant précis, je me souvins que j’étais dégoulinante de sueur et mal coiffée.
Gênée, je me cachai derrière ma mère. Il le remarqua aussitôt… et sourit.
Un sourire moqueur. Un sourire qui me troubla bien plus que je ne voulais l’admettre.
Ce soir-là, je m’endormis en pensant à lui. À son regard accroché au mien un peu trop longtemps. À ce sourire qui m’avait fait perdre pied.
Mon cœur battait encore trop vite, comme si quelque chose venait de commencer sans que je sache quoi. Ce n’était pas de l’amour. Pas encore.
Juste une sensation nouvelle. Électrique. Impossible à ignorer.

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