10. Chat

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Si une chose ne changeait pas avec les mutations technologiques, c'était bien les cimetières. Leur ambiance lugubre continuait de les animer. Leurs stèles se figeait au même emplacement pour des dizaines d'années, parfois des centaines.
Le soleil couchant projetait les ombres des croix et de tout autre symbole religieux contre le sol, à les étirer encore un peu plus jusqu'à leur disparition dans la nuit pâle.

Seuls debout au milieu des tombes, ils se tenaient la main. Basile le visage grave se pinçait les lèvres. Élise laissait timidement couler une larme le long de sa joue. Elle savait qu'au moindre signe, qu'au moindre mot elle éclaterait en sanglot.

*au cœur de ma nuit la plus sombre, reste avec moi*

Elle leva les yeux au ciel. Beaucoup trop de publicités survolaient le monde. L'homme était-il si désespéré qu'il se refusait le droit de contempler les étoiles. Cela avait-il encore du sens maintenant que nous les avions visitées ? L'homme avait toujours regardé vers les étoiles pour se rappeler qu'il n'est rien face à l'immensité du grand tout. Mais que malgré tout, sans lui cet univers ne pourrait exister. Une manière philosophe de rester humble.
Que s'était-il passé durant ce dernier siècle ? La terre était devenue si déprimante. Où étaient passées les forêts ? Les stabilisateurs d'atmosphère ne pourront jamais remplacer pas la Nature.
Élise supportait ce monde triste depuis l'enfance grâce à son père.

— Comment je vais tenir sans toi maintenant que tu es parti ?

Basile abaissa son visage, il savait que les mots que prononçait sa femme ne résonnaient que entre elle et son père.
Heureusement qu'aujourd'hui elle avait un mari aimant et compréhensif. Elle se tourna vers lui et l'enlaça.

*miaou*

— Bah ! D'où est-ce que tu sors toi ?

*ronrons et frottements contre tout ce qui l'entoure*

— Regarde ! C'est une femelle, regarde, elle a mis bas derrière la pierre tombale de ton père.
— Cela veut peut-être dire qu'au fond, il reste de l'espoir ? La vie trouve toujours un chemin. J'ai l'impression d'avoir un grand vide dans ma vie. C'est vrai. Six ans, c'est long. Ça en valait le coup. Mais papa ! Purée !

*Élise essuyait ses larmes*

— Donnons a manger aux chats puis rentrons à la maison.

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