21. Sorcière

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Pourquoi tout le monde me prend pour une folle ? Je veux juste retourner sur Akène et y vivre pour toujours. Cette planète est l'exact opposé de la Terre. Akène est belle, verte, respecte la nature et son peuple est pacifiste. Et elle se fiche de l'argent.
On me dit que les locaux accueillent les touristes les bras ouverts mais les referment lorsqu'ils veulent s'installer.
On me dit que mon enfant s'adaptera facilement car le corps d'un enfant est malléable, s'adapte à son environnement de naissance. Mais le corps d'un adulte est rigide, on me dit que je ne vivrais pas plus de quinze ans avant d'être gravement malade. On me dit que la composition de l'air d'Akène est différente de celle de la Terre, et à terme, cela tue les non locaux.
Tout le monde est contre moi ou quoi ? Il existe des traitements pour lutter contre les effets néfastes. Akène à presque la même atmosphère, presque la même pression et presque la même gravité. Je ne vois pas pourquoi mes choix ne fonctionneront pas.

Alors je quitte la soirée, je marche seule dans les rues, Basile parle avec ses amis. J'aurai bien aimé avoir son soutien, mais il ne m'a pas vue. Tant pis. Je n'ai pas le courage d'aller le voir pour tout réexpliquer en public. Alors je profite de l'air frais de la nuit pour me calmer.
Je marche en ligne droite sur la même route. Je ne change pas de niveau, je reste sur la voirie terrestre. Je lève les yeux au ciel. L'enchevêtrement des routes me donne le tourni. Je marche droit pour ne pas me perdre.
Lever les yeux au ciel. Une expression désuète. Il n'y a que routes, buildings, et les rares bouts de ciels disponibles sont occupés par des espaces publicitaires.
Le sol n'est pas mieux. C'est un alliage de terre, de boue et de cartons, quand c'est n'est pas une autre purée de déchets.
Parfois, sans prévenir, il reste un arbre encore debout, souvenir des anciennes forêts. Tout est moche, tout est électrisé par des néons sans formes définie.
Je reprends ma marche. À chaque pas, je me convaincs qu'Akène est ma solution.
Sur le côté, près d'un fleuve d'huile, s'étire une presqu'île éclairée par les rails suspendus du train hyper-express.
Une veille femme se tient debout à côté semble t-il du nez brisé d'un petit vaisseau. Que fait ce morceau d'engin en plein cœur de ville ? Pourquoi cette vielle femme me regarde avec autant d'insistance ?
Mes pas sont comme ensorcelés. Je m'approche d'elle sans le vouloir mais avec une curiosité craintive grandissante.

— Je t'attendais Élise.
— Nous nous connaissons ?
— Pas encore. Chaque chose en sont temps.
— Comment vous connaissez mon nom ?
— Je le connais. C'est tout.
— Et vous ? Quel est votre nom ?
— Je n'ai pas de nom. Les gens m'appellent simplement la sorcière.

*Élise, mal à l'aise, se frotte le bras*

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