22. Mémoire
— Je n'ai pas de nom. Les gens m'appellent simplement la sorcière.
*silence*
— Je ne te connais pas Élise, mais je sais beaucoup sur toi. Je sais que tu as le désir de vivre sur Akène. Je connais tes motivations, mais je ne les approuve pas.
— Quoi ? Mais qui êtes-vous pour m'assener votre avis ? Quelqu'un vous demandé de me dire ça ?
— Je te l'ai dit, je suis la sorcière. Comment veux-tu que quelqu'un ait su que tu allais quitter la soirée et venir marcher jusqu'ici ? La probabilité est mince.
— Vous marquez un point. Mais je trouve ça mouche quand même. Pourquoi m'avoir parlée à moi ?
— Parce que tu es venue dans ma direction. C'est toi qui est venue à moi, pas l'inverse. Pourquoi toi ? Ça aurait pu être n'importe qui.
*très court silence*
— Désolée d'être venue vous déranger. Je vais partir.
*Élise se retourne*
— Élise. Tu es venue à moi car tu as une question. Tu es venue chercher une réponse.
*Elle refait face à la sorcière*
— Une question ? Laquelle ?
— Tu la connais au fond de toi. Elle est évidente. Mais elle est cachée par de grandes ombres. Tu es venue pour la révéler, pour l'éclabousser de lumière.
— Akène ?
— Oui, c'est un des éléments de la question.
— Tout cela est insensé. Et de toutes manières, pourquoi je serai aller vois voir ? Je ne vous connais pas.
— Tout le monde me connaît, mais tous sont en train de m'oublier. Je suis la mémoire de ce monde, car je suis ce monde.
— Qu'est-ce que vous me chantez ?
— Je suis l'incarnation humaine de la Terre.
— Sans vouloir vous offenser. Je ne vois qu'une veille femme oubliée de la société, un peu sale, vêtue de haillons.
— Précisément.
— Je ne sais pas pourquoi je vous écoute. Je vais m'en aller.
— Pas toi Élise. Ne m'abandonne pas. Tu penses que Akène est faite pour toi. Tu n'y es pas née. Ton âme n'es rattachée à l'esprit de Akène, mais à l'esprit de la Terre. Tu penses que Akène est belle et que la Terre ne l'est pas. Tu as raison. Mais dans ma mémoire immémorable, je revois la Terre aussi belle que Akène. Tu dois te battre pour ta planète car c'est là que tu es née. Et c'est là que tu vas mourir. Bat toi pour que la Terre redevienne belle et que ton fils pour la voir sous son plus beau jour.
— Mon fils ?
— Oui, ton fils.

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