24. Plage
Comme sublimés au cœur d'un rêve, Élise parcourait les rus, les ruisseaux, les rivières, les fleuves, les grandes étendues d'eau qui s'étiraient jusqu'à l'océan. Les vagues puis l'écume, le vent et la pluie, le soleil puis une plage.
Une douce chaleur l'enveloppa, les grains de sable roulaient sur sa peau, une odeur fraîche de sel et de bonheur s'ancrait entre les palmiers et les rochers.
Élise ferma les yeux pour instancier ce moment dans sa mémoire, puis dans un léger sursaut les rouvrit avec une candeur depuis longtemps oubliée.
Pourtant elle ne vit que l'eau trouble sur la berge. Tout était si terne, si froid, noirci par la ville et la nuit.
— Tu as vu un fragment des souvenirs de cette planète, de ta planète, de la Terre.
Élise tourna la tête vers la sorcière.
— Ce n'était pas Akène qui t'appelais, c'était moi. Ne mélange pas Akène avec tes dégoûts et tes envies d'ailleurs. Souvent, lorsque l'on recherche un trésor de ce type, nous nous apercevons que nous l'avions déjà devant nous, c'est en partant que nous nous le perdons, nous étions juste incapable de nous en rendre compte. L'alchimiste ne le niera pas. Tu es endormie mais aux portes sursaut, surtout ne confond pas le rêve et le réveil. Akène est un océan onirique sans limite, tu t'y noierais. Ne soit pas cette beauté assoupie dans un monde sépulcral. Et même si tu penses échouer, réessaye, encore et toujours, comme le va-et-vient des vagues qui façonnent les plages lentement.
*silence*
— Je vais t'offrir un présent.
— Un présent ?
— Un trésor du passé pour faire germer un nouvel avenir.
La sorcière tendait de ses deux mains une énorme graine.
— Trouve un bel endroit, et plante cette graine. Tu verras comme cette planète peut être magnifique.

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