Chapitre 6

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Chapitre 6.La Guilde.

  • Enfin arrivé. Plus qu’à trouver une guilde... Et quelqu’un pour nous aider à la trouver.

Mon frère et moi déambulèrent dans les rues animées du village, nos regards cherchant une piste. Nous tombèrent bientôt sur un homme d’un âge mûr, aux cheveux grisonnants et à l’air accueillant.

  • Bonsoir, monsieur. Pouvez-vous nous dire si ce village possède une guilde d’aventuriers ? demanda Alex.
  • Bien sûr, jeune homme. Je peux vous y emmener, si vous le souhaitez, répondit l’homme avec un sourire chaleureux.
  • Volontiers, répondit-il.

L’homme se révéla être un guide courtois. En plus de nous mener à la guilde, il nous fit faire un tour du village, expliquant les différents lieux.

  • Nous sommes arrivés, dit-il enfin en s’arrêtant devant un bâtiment imposant.
  • Nous vous remercions. Passez une agréable soirée, dit Alex.
  • De même. Si vous avez besoin de renseignements, demandez à me voir. Je m’appelle Hector, ajouta-t-il.
  • On n’y manquera pas, répondit mon frère avec un léger sourire.

L’homme était vraiment sympathique. Alex se tourna vers moi, remarquant mon silence.

  • Pourquoi tu ne parles pas, Eva ?
  • Je parlerai le moins possible. Sinon, je te parlerai par télépathie, répondis-je le moins fort possible.
  • Tu veux jouer à la petite sœur timide ? Très bien, répliqua mon frère en souriant.

La guilde se révélait être un lieu animé, grouillant de monde. Alex et moi nous dirigèrent vers le comptoir principal.

  • Bonsoir, vous êtes venus pour quoi ? demanda le guichetier d’un ton semi-professionnel.
  • Nous sommes ici pour nous inscrire, répondit Lucas.
  • Noms et prénoms ?
  • Alexandre et Evangeline, répondit-il.
  • Âge ?
  • 15 et 10 ans, précisa-t-il.
  • Vous savez utiliser la magie ?Oui.
  • Voulez-vous noter vos capacités ?

Non, murmurais-je par télépathie

  • Non merci, dit Alex à haute voix.
  • D’accord. Et quelles armes utilisez-vous ?
  • J’utilise deux épées et elle une épée légère et des dagues. Mais ça peut changer, commenta-t-il.
  • Votre relation ?
  • Je ne vois pas en quoi cela peut vous être utile, répondit Alexandre.
  • Et pour la répartition des gains ? Commun ou séparé ?

Séparé, pensais-je.

  • Séparé, s’il vous plaît.
  • Okay, et le nom de votre équipe ?
  • Euh...
  • No Life, répondis-je.
  • J’ai bien cru que votre amie était muette, dit le guichetier avec un sourire amusé.

J’aurais préféré ne pas parler mais Alexandre avait l’air de galérer.

  • Elle est assez timide.
  • Je vois ça. Où habitez-vous ?
  • Nous n’avons pas d’habitat fixe. Nous voyageons beaucoup, ajouta-t-il.

Le guichetier nous regarda un instant, perplexe, puis hocha la tête.

  • D’accord, je comprends. Vous commencerez au rang F. Plus vous effectuerez de missions, plus vous monterez en rang. Je vous conseille de passer trois jours dans l’auberge du village, le temps de vous habituer aux missions.
  • D’accord, répondit mon frère.Vous avez l’habitude de combattre ?
  • On se débrouille.
  • D’accord. Je vous recommande de commencer par des missions de cueillette et de chasse aux gobelins.

Je me mis à réfléchir à ce que cet homme nous avait conseillé.

  • Alex, tu ne m’avais pas dit qu’on était dans une forêt neutre ?
  • Oui, pourquoi ?Alors pourquoi y a-t-il des missions pour tuer des monstres de rang B ?
  • T’es sûre ? demanda Alex, surpris.

Le guichetier répondit :

  • Excusez-moi, mais les bois à côté ne sont pas la forêt neutre. Nous sommes à l’entrée de la forêt des monstres. Peu de personnes reviennent indemnes de cette forêt.
  • Pardon ?! Nous avons marché dans cette forêt toute la journée ! On s’est même perdus dedans.

Mais Alex, faut pas le dire ça ! T’es bête ou quoi !

  • Vraiment ? Et vous n’avez pas rencontré de monstres ?
  • Quelques-uns, mais ils étaient faibles, répondit mon frère.
  • Vous avez des restes ? demanda le guichetier avec une lueur d’intérêt dans les yeux.
  • Oui, attendez je vous les sors, répondit Alex, la nervosité perçant dans sa voix.

Il sortit les matériaux de son sac. Les yeux du guichetier s’écarquillèrent en voyant les objets.

  • Mon dieu ! Ce sont des cornes de loups du Nord, un monstre de rang A ! Et des dents de lapin cornu de rang B. Vous avez même des matériaux de rang S !
  • On aurait pas dû les tuer ? demanda Alexandre, inquiet.
  • Bien sûr que si ! Mais ce sont des monstres qui ont posé problème à de nombreux groupes de rang A. Et vous avez réussi à les détruire ?! demanda le guichetier, incrédule.
  • On pensait que ce n’étaient que de vulgaires animaux, expliqua mon frère.
  • Je reviens, restez ici.

Je crois qu’on ne va pas pouvoir faire profil bas, pensa Alex. Moi aussi malheureusement, répondis-je par télépathie.

  • Suivez-moi, le patron veut vous voir, annonça le guichetier.
  • Devrions-nous avoir peur ? demanda mon frère.
  • Seulement si vous avez quelque chose à vous reprocher, répondit le guichetier, une lueur de malice dans les yeux.

On doit avoir peur dans ce cas, pensais-je.

  • Ils sont arrivés, annonça le guichetier en ouvrant la porte d’un bureau.
  • Entrez, dit une voix autoritaire de l’intérieur.

Alex et moi pénétrâmes dans le bureau. Le directeur de la guilde nous accueillit d’un regard perçant.

  • Enchanté de vous rencontrer, dit le directeur d’une voix grave.Voici nos deux nouvelles recrues, Alexandre et Evangeline, de l’équipe No Life. Et voici M. Rod, directeur de la guilde. ajouta le guichetier.
  • Je n’aime pas beaucoup les longs discours, alors je vais aller droit au but. Vous voulez nous faire croire que deux recrues de rang F ont réussi à tuer des monstres que même nos meilleurs aventuriers ne parviennent pas à affronter ? Dites simplement que vous avez trouvé leurs carcasses et que vous les avez récupérées, demanda Monsieur Rod d’un ton las.
  • Ça ne servirait à rien de vous expliquer. Vous ne croyez que ce que vous voulez. Nous vous avons ramené des matériaux pour que vous nous donniez une paye, pas pour que vous doutiez de nous. En réalité, nous n’avons que faire de ce que vous pensez, répondis-je avec un mélange de colère et de détermination.
  • Eva ! Elle n’aurait pas dû vous parler comme ça, mais je ressens la même colère. Nous avons combattu ces monstres, et que vous nous croyiez ou non, vous vous devez de nous rémunérer, ajouta Alex, la voix pleine de frustration.
  • Ne vous attendez pas à bénéficier d’un traitement de faveur, répliqua Monsieur Rod d’un ton sec.
  • L’idée ne nous a jamais traversé l’esprit, répondis-je avec dédain.
  • Vous pouvez partir, ordonna le directeur d’un geste de la main.

Comme avec l’envoyé, cette rencontre s’était mal terminée. Le directeur aurait pu nous faire passer un test pour jauger notre force, mais non, il préfère partir du principe que l’on a menti. Je ne l’aime pas.

  • Attendez-moi au rez-de-chaussée, je vous apporte votre rémunération, dit le guichetier en se dirigeant vers la sortie.
  • Très bien, merci, répondit Alexandre.
  • Je reviens, dis-je en disparaissant.
  • T’éloigne pas Eva, s’il y a un problème, viens me voir.
  • Oui grand frère.

Mieux vaut prévenir que guérir, me dis-je.

Quelques minutes après, je me rapprochais d’un groupe d’homme.

  • Bonsoir, désolé de vous déranger en pleine discussion, mais j’ai une question, demandais-je d’un ton poli.
  • Mais c’est qu’elle est mignonne, cette petite fille. Que veux-tu savoir ? répondit l’homme avec un sourire.
  • La récompense pour des monstres de rang B et A s’élève à combien ?
  • Je dirais 200 pièces d’or pour chaque membre de l’équipe. Mais si les matériaux sont de très bonne qualité, ça peut monter jusqu’à 400 pièces, répondit un des hommes.
  • D’accord, merci beaucoup pour votre précieuse aide, affirmais-je avec reconnaissance.

Voyons voir si ces informations nous seront utiles.

  • T’étais partie faire quoi ? demanda mon frère à mon retour.
  • Oh, rien d’important.

Je nous empêche de nous faire arnaquer.

  • Tenez, je vous conseille de vite ranger cela pour éviter les vols, dit le guichetier en tendant les bourses.
  • Vous êtes sûr que le compte est bon ? demandais-je en inspectant les pièces.
  • Bien sûr, répondit le guichetier, visiblement agacé.
  • Alors je peux compter les pièces, une par une, et assez fort pour que tout le monde sache si vous êtes aussi honnête que vous le prétendez, proposais-je.
  • Euh... Rendez-moi la bourse, je vais refaire le compte, bafouilla le guichetier.

Oui, oui, va refaire le compte.

  • Tu nous fais quoi, Eva ? demanda Lucas, inquiet.La bourse contenait 100 pièces d’or au lieu de 400. Et puis, on a demandé des gains séparés alors qu’il nous a donné qu’une seule bourse, expliquais-je.
  • Je ne pensais pas qu’ils pourraient faire ça. Merci, sœurette, dit-il avec soulagement.
  • De rien. C’est normal, grand frère. Tout le monde n’est pas aussi juste que toi.
  • Tenez vos bourses. Excusez-moi, je n’avais pas séparé les gains, dit le guichetier en revenant, visiblement embarrassé.

Mais oui ça doit être ça.

  • Ce n’est rien, au revoir, dit mon frère.
  • C’était un plaisir, répondis-je d’un ton glacé.

Non partager, pensais-je alors que nous nous dirigions vers la sortie.

  • Enfin sortie, je n’en pouvais plus, soupira Alex.
  • Bon, on va à l’auberge ?
  • Non, je n’ai aucune confiance en ces gens. Ils pourraient nous faire surveiller, répondit-il.
  • D’accord, mais où allons-nous passer la nuit alors ?Tu me fais confiance ?
  • Okay, j’ai compris. On va dormir dans la forêt, affirmais-je en acceptant l’idée.
  • Tu me connais si bien, s’exclama-t-il en souriant. Nous n’allons pas rester au village.
  • Même pas une soirée ? demandais-je visiblement déçue.
  • Non. On s’est mis la guilde à dos et n’oublie pas qu’un avis de recherche a été lancé.
  • T’as raison. Donc on se couche à l’entrée de la forêt et on repart demain matin ?
  • Exactement. Donc partons maintenant, dit Lucas en prenant une profonde inspiration.

Nous marchèrent pendant une bonne demi-heure pour trouver un endroit convenable où passer la nuit. Nous nous construisirent des lits avec des feuilles d’arbres puis allumèrent un feu. Heureusement qu’il n’avait pas plu récemment, sinon le bois aurait été trop humide pour le brûler.

  • Dors bien, Alex, dis-je en m’allongeant.
  • Toi aussi, à demain, répondit mon frère en se préparant pour la nuit.

Malgré notre situation précaire, nous trouvèrent une étrange sérénité à passer la nuit en pleine nature. La fatigue et le crépitement du feu nous enveloppèrent dans un sommeil réparateur. C’était étrange comme le fait de dormir ici était beaucoup moins stressant qu’en ville.

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