CHAPITRE 4
Mes yeux glissèrent malgré moi le long de ses épaules larges, suivirent la ligne humide de son torse, s’attardèrent sur la courbe de ses hanches. L’eau perlait encore sur sa peau, traçant des sillons brillants jusqu’à ses cuisses puissantes, détrempant le parquet à chacun de ses pas. La serviette nouée à la hâte à sa taille semblait prête à céder ; le tissu collait à ce qu’elle était censée dissimuler, dessinant sans pudeur ses formes.
Quand son regard accrocha le mien, quelque chose se tendit dans l’air. Une chaleur me monta aux joues. Ma poitrine se souleva trop vite, mon cœur cogna contre mes côtes. Il ne dit rien. Il avança.
Ses mains se refermèrent autour de ma taille et, en une seconde, il me ramena contre lui. Sa peau chaude, encore humide, épousa mes formes. Je retins un souffle en relevant la tête, happée par l’éclat sombre qui traversait ses yeux. Son souffle effleurait ma bouche, court, irrégulier.
Puis il se pencha.
Ses lèvres s’abattirent sur les miennes avec une urgence qui me fit vaciller. Sa main glissa derrière ma nuque pour guider le mouvement, imposer le rythme. Je me figeai un instant, surprise — le temps suspendu — avant que mon corps ne cède, que mes doigts ne se crispent dans le tissu contre ses hanches tandis que sa langue trouvait la mienne, lente puis insistante.
Un frisson me parcourut. Mes paupières se fermèrent. Je tremblais.
La serviette glissa.
Je le sentis contre mon ventre avant même d’oser regarder. Mon pas recula d’un demi centimètre, mes doigts tâtonnèrent, incrédules… Il les écarta d’un geste sec et rompit le baiser.
Ses lèvres étaient entrouvertes. Ses yeux, brûlants.
— Ne joue pas avec le feu, Clara… murmura-t-il d’une voix grave. Tu le regretteras.

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