Every butterfly in my stomac: Chapitre 1 Mardi 19 août 2024

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Je devrais commencer ce roman par un « tout a commencé », mais je n’ai pas la moindre idée de quand ni comment cela a commencé. Je débuterai donc par notre rencontre.

Mardi 19 août 2024

Je me suis réveillée bredouille ce jour de rentrée sur notre petite île de La Réunion.
C’était un jour glacial, au sens littéral comme figuré, et des nuages gris recouvraient le ciel de ma ville natale, Saint-Denis.
Un vent m’avait frigorifiée tandis que je passais pour la première fois le portail du collège Lasalliens.
C’était le jour de la rentrée de quatrième.

Vêtue d’une robe bleu pétrole et de Doc Martens qui me permettaient de paraître plus grande, j’ai traversé la grande cour des plus jeunes classes, la boule au ventre.
J’avais l’impression que tout le monde me regardait, ce qui n’était évidemment pas le cas.
Le vent d’août balayait mes longs cheveux blonds dans mon dos et les emmêlait avec la capuche de mon pull gris.
J’ai gravi les marches de l’escalier permettant d’accéder au hall.

Deux grands escaliers menant aux étages supérieurs se dressaient devant moi, et un élève interprétait La Foule d’Édith Piaf au piano.
Terrifiée, j’ai été submergée par un torrent d’élèves de quatrième et de troisième.
Ainsi violemment ballottée, l’angoisse me serrant la gorge, j’ai tenté de trouver mon nom sur la liste des classes.
J’ai aperçu mon nom, au milieu des 4D.

Ravie d’enfin pouvoir évacuer le hall bondé, je suis sortie par la porte opposée à celle par laquelle j’étais entrée.
Une bourrasque m’a gelée jusqu’aux os et je grelottais dans mon pull.
J’ai lâché mon sac brutalement sur le rang de la 4D et je ne bougeais plus.
Le rang se trouvait sous un préau, et l’on apercevait quelques bancs à l’opposé de la cour.
Cette étendue de visages inconnus m’impressionnait.

Je me suis serré les bras contre ma poitrine et j’ai aperçu un visage que j’ai reconnu : Maël.
Maël, mon meilleur ami depuis toujours.
Je lui ai fait coucou de loin et il m’a souri, faisant s’envoler un peu de mon stress.
Je l’ai observé retrouver ses amis, me demandant si changer de collège était réellement une bonne idée.

La sonnerie a retenti.
J’ai regardé, farouche, les gens alentour, mémorisant leurs visages au maximum.
Mais celui dont je me souviens encore, dont j’ai encore l’image en tête, c’était le sien.
Je ne sais pas pourquoi.

Il portait un polo Lacoste orange, un short bleu souple et une doudoune bleu foncé, turquoise et blanche.
Les poils de ses jambes s’hérissaient chaque fois que le vent effleurait sa peau.
Son visage me disait quelque chose, je ne sais pas pourquoi.
J’ai reconnu une vieille connaissance : Louisa.
Heureuse de voir que je connaissais déjà quelqu’un de ma classe, je me suis rangée à ses côtés et, alors que la professeure nous menait vers la classe, nous avons papoté:

-Hey, alors, le consevatoire tu continues?

-Non je suis tellement déçue, le chant ça me plaisait énormement...me murmura t-elle.Et toi la flûte t'en es ou?

-Bah s'est chouette, on fait de l'orchestre et un tas de concert mais s'est super dur,soufflais-je

Notre professeure principale nous a conduites dans le couloir des salles de français, juste à côté de l’endroit où, quelques minutes auparavant, je peinais à trouver mon nom sur le tableau.
Nous avons pénétré dans la classe, saluant notre enseignante.
Elle avait les cheveux mi-longs d’une couleur profonde.
Plutôt petite, elle se dressait sur des talons compensés.
Une odeur de moisi et de renfermé embaumait mes narines.
Louisa et moi avons décidé de nous asseoir au premier rang.

J’ai deviné la vieillesse des murs à la peinture verte qui s’écaillait.
Le grand tableau blanc était mal effacé et une estrade était placée devant.
Derrière nous, j’ai remarqué un grand garçon, chinois, beau garçon.
À côté de lui, un petit châtain clair qui se nommait Louis et, au troisième rang, à ma droite, le garçon à la doudoune.
Il se balançait sur sa chaise et souriait à tout le monde, un éclat de malice dans les yeux.
Ses cheveux, entre châtain et blond, étaient courts, lisses et brillaient de mille feux.
La lumière des vieux néons se reflétait à merveille sur ses cheveux.

Je l’ai regardé, et la seule chose qui m’a traversé l’esprit fut ces mots : « Il est moche. »
Quelle puérile gentillesse…

L’heure a tourné et j’ai rapidement appris un nom : Ninio.
Quel pénible personnage.
Mme Froge l’a repris un milliard de fois au cours de la matinée…
Il était petit, avec un ego surdimensionné pour sa taille.
Le teint mat et les cheveux ébouriffés, je regrettais déjà d’être dans la même classe que lui.
À un moment, alors que nous dérivions du sujet principal (la rentrée et le déroulement de l’année), Mme Froge nous a parlé de Simone Veil ; celui-ci, inculte, a dit que c’était une peintre…
Un fou rire unanime a empli la salle.
Quel idiot inculte ! Ce garçon allait être difficile à supporter…
Dès cette matinée, il m’a insupportée — ce qui n’a jamais changé.

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