Le début de la fin
C’était la rentrée. C’était un lundi. J’avais mis du parfum, celui à l’effluve cannelle. J’étais arrivée, les bras ballants, les yeux remplis de nouvelles aventures. Je l’avais vu et son odeur fraîche avait empli mes narines et un sentiment d'allegresse se prenait de moi, me rappelant bien des souvenirs.Des papillons s'évaillaient dans mon ventre.J'étais heureuse de le revoir. Ses cheveux châtains clairs luisaient au soleil et son sourire… il avait changé. Pourquoi ? Nous avions passé la journée et mon intuition me dictait de faire attention. Je sentais la fin proche, comme l’odeur d’une charogne, et les filles de la classe aussi. Elles guettaient, telles des vautours, à l’affût. Mon ventre se nouait et l’amertume sur mon palais donnait la nausée. Je le voyais et il me voyait, mais ce n’était plus de la même manière. Comme si le voile qui lui cachait la vue s’était levé, le laissant admirer ma laideur et mon inutilité. Je le sentais. Il avait compris. Il était peut-être, enfin sans doute, devenu omniscient à mon sujet. Le sourire malhonnête de cette fille qui se prétendait être mon amie, le néant glacial dans ses phrases vides d’attention et de sens. Ses mots. Ses mots à lui. Ses mots qui avant m’enveloppaient avec délicatesse. C’était comme s’il n’était plus la même personne. J’avais mal. J’avais mal d’avance. J’espérais me tromper. J’espérais. Je voulais le doute et jouais avec le peu de réconfort qu’il m’apportait.
Mais, plus j’y pensais, plus mon passé refaisait surface. La peur d’être abandonnée. La peur d’être rejetée par tous. La peur d’être la raison de rire. L’angoisse me sautait à la gorge, je suffoquais.Je manquais d'air.Je fixais le vide et les paroles de mon professeeur de mathématiques n'étaient plus qu'un son sourd.Je revoyais l'année dernière.Le bruit sourd engourdis mes oreilles.Je revoyais les rire.Mon coeur se serre et je perds ma respiration.Je voyais une foule d'élèves autour d'une fille apeurée et depassée par la situation.Je ne parvenais pas à distinguer son visage car j'étais trop loin.Les visages des élèves autour d'elle me disaient quelque chose.D'ou pourrais-je les connaître?Je me rapprochais me frayant un chemin parmis le groupe, arrivant enfin à elle.Je voulais l'aider.Elle avait la tête baissée, les cheveux tombant devant son visage.Comme si son âme était nue et vide.C'était comme si elle n'était plsu une personne, juste une esquisse.L'ambiance était oppressante.Je lui tendais la main, murmurant un léger "viens, tirons nous".Je voulais partir, j'haletais.Elle levait la tête et je vis son visage.C'est la que je la reconnu.C'était moi.

Annotations
Versions