Chapitre 2 - Les Fugueurs
Sibius et Winifred
Si l’on avait annoncé à Sibius qu’il allait un jour vivre une telle aventure, il aurait certainement ri au nez de celui ou celle qui aurait eu l’audace de lui porter ces paroles abracadabrantes. S’il avait su qu’un jour, il allait trahir la confiance de l’homme le plus important de son pays natal, suivre la progéniture de ce dernier dans une folie dont lui seul avait le secret et se retrouver recherché sur l’intégralité du territoire…il ne l’aurait pas cru non plus. Ce qui arrivait là était en contradiction avec ses principes d’origine et pourtant, il l’avait suivi. C’est lui qui les avait fait sortir par ce passage secret (qui aurait dû rester un secret mais à ce stade, il n’en avait cure), lui qui avait pris la main de Sa Majesté sans hésiter une seconde. Maintenant, c’était le jeune blond qui le guidait - il disait entendre une voix provenir du morceau d’écorce étrange en sa possession.
- Ah, Sibius ! s’exclama Winifred en voyant son ami revenir d’entre les arbres, enfin te voilà. J’ai cru que tu n’allais pas revenir.
- Je vous avais dit de rester caché dans la grotte, répondit le brun-roux en plissant les yeux de mécontentement, on n’est pas en terrain sûr, ici.
- Je te rappelle que je suis encore ton Prince et que je n’ai pas besoin de ta permission pour respirer. Et je sais me défendre.
- Bien sûr, Votre Majesté (il fit un petit sourire sournois). Mais rassurez-moi, vous n’auriez pas peur d’une simple araignée ?
- Tu plaisantes…pas vrai ? s’inquiéta Winie en déglutissant bruyamment.
- Est-ce que j’ai une tête à plaisanter ?
Winnifred glapit de peur, la poitrine serrée et se débattit contre la bête (qui n’était pas une plaisanterie, tout compte fait), grosse comme la main de Sibius. Elle avait ainsi voulu élire domicile sur le haut du crâne chevelu du Prince - elle était inoffensive mais avait voulu se faufiler dans le col de sa chemise par la suite, déployant les efforts de l’héritier pour se défaire de son emprise diabolique. L’exaspération de Sibius fut terrible. La soirée se déroula néanmoins tranquillement. Les deux fugitifs s’étaient réfugiés dans le fond de la grotte après que Sibius se soit assuré qu’il n’y avait aucun danger. Ils avaient passé trois semaines à dormir à la belle étoile, à échapper plusieurs fois aux gardes envoyés par son père ; le Prince héritier avait disparu, soupçonné d’avoir été kidnappé par son garde du corps et était introuvable.
Mais les deux camarades étaient doués pour se cacher, contre toute attente, malgré la carrure du brun-roux et le manque d’expérience du blond. Winnifred se sentait comme dans l’un de ces romans d’aventure qui avait bercé son enfance, l’histoire fabuleuse d’un duo d’amis inséparables et dont la vie était rythmée par des aventures fantastiques et rocambolesques. Ce qu’il vivait actuellement y ressemblait, mais dans une alternative moins reluisante et bien plus stressante. Pourtant, le jeune homme restait convaincu de devoir continuer sa route et que c’était ça, son aventure à lui. Ce morceau d’écorce qui lui chuchotait à l’oreille, qui lui envoyait des visions la nuit - celles d’un arbre majestueux aux feuilles d’or qui tombent en une pluie lumineuse sur un sol limpide, miroir d’un ciel étoilé et surnaturel. Puis, des visions d’une silhouette aux longues tresses, d’une épée gigantesque et des chaînes dont le son aigu se mêlait au tumulte des tempêtes.
Pourquoi cette…relique était-elle cachée dans le château ? D’où venait-elle et pourquoi l’appelait-elle ? Vers quoi était-il guidé, au juste ?
Va, Héritier Captif,
Libère-moi et ainsi,
Le Sang des Cieux,
Fera refleurir les racines mortes
Voilà ce qu’il avait entendu dans son dernier rêve. Ou cauchemar, il ne savait plus trop, tant tout était flou. C'était plus fort que lui, il n’avait pas réussi à lutter contre cette envie de tout foutre en l’air - les convenances, l’académie de magie, les souhaits de ses parents, le sort du royaume - et de partir pour suivre cette voix sortie de nulle part. Elle était trop tentatrice, insidieuse et implorante. Il ne pouvait pas s’en empêcher. C’était viscéral. Comme si ce à quoi il était destiné montrait enfin le bout de son nez.
- Il y a de la fumée. A l’est, lança Sibius depuis l’entrée de la caverne.
- Comment ? Un incendie ? Ou…pire que ça ?
- Je ne sais pas, mais ça n’annonce rien de bon. Si c’est une patrouille, ils risquent de nous trouver ici. Nous sommes trop proches.
Winifred se faufila vers son ami, enroulé dans son feu manteau couleur crème - et désormais tâché de boue et d’herbe à tous les endroits où il était possible pour les tâches de s’incruster. Son cœur tomba dans son estomac quand il perçut, au-delà de la cime des arbres, une fumée grisâtre se démarquant dans le ciel presque obscur de la nuit. Un village, peut-être…où un campement ?
Trouve l’enfant des braises…
Suis la fumée.
Aide-les.
Les pieds de Winie se mirent en marche tout seuls. La voix était trop forte. La voix lui donnait mal à la tête. Il avait l’impression d’être fou. D’avoir la poitrine en feu. Les mains glacées. Les pupilles qui se rétrécissent. C’était irrationnel, il le savait. Mais la voix résonnait comme une promesse. Comme si sa vie toute entière avait été un prélude à cet instant.
- Majesté, attendez ! s’exclama le garde du corps en le rattrapant par les épaules pour l’empêcher d’avancer, qu’est-ce que vous faites ?
- Il faut y aller. C’est la voix…elle me guide, rétorqua le blond, le regard fiévreux.
- C’est trop dangereux.
- Et j’ai un pouvoir qui permettra de soigner les blessés, quels qu’ils soient. Laisse-moi passer.
Sibius leva les yeux au ciel, soupira, fixa la fumée, renifla l’odeur âcre bien réelle qui montait jusqu’à eux - ils étaient légèrement en hauteur, à une demi-lieue du lieu de l’incendie, sur une petite colline étouffée par les arbres mais sur laquelle ils pouvaient avoir une vue des arrivants, puis soupira encore.
- C’est l’écorce, ajouta Winifred en baissant les yeux vers sa besace, elle me dit d’y aller. Je sens que nous devons y aller. Quelque chose de grave se trame et il faut qu’on fasse quelque chose, sinon ce voyage n’aurait plus de sens !
Ce voyage avait-il déjà un sens, à l’origine ?
- D’accord, allons-y. Mais restez près de moi. Et prenez ceci (il lui fourra un long couteau dans la main et le Prince se hérissa). Quoi ?
- Je ne sais pas me servir de… ça.
- Je vous ai appris les points vitaux à viser en cas de danger de mort. C’est soit ça, soit on n’y va p…
- C’est bon, j’ai compris !
Ses mains tremblaient en saisissant la lame. Il déglutit, le poids du métal étranger dans sa paume le ramenant à une réalité qu’il aurait voulu fuir. Mais il hocha la tête, déterminé. Il avait eut un choix à faire, et il ne pouvait désormais plus faire marche arrière.
Asbel et Felicia
Felicia se redressa d’un seul coup, encore sonnée par sa chute. Ses réflexes les avaient sauvés, tous les deux. Elle leva ses yeux dépareillés et une enclume lui tomba dans l’estomac ; une horde de démons, là, qui sortait des fourrés, rampait sur le sol comme un serpent d’ombre prêt à leur dévorer les entrailles. Dévorer leur mana. Le monstre qui venait de les assaillir se contorsionna, se redressa sur ses jambes dégingandées, son buste basculant de l’arrière à l’avant, ses bras aux doubles articulations craquant dans une symphonie morbide. Il réajusta l’angle de sa tête, que Felicia avait à moitié délogée de son cou à l’aide d’un sortilège.
La bête immonde poussa un hurlement perçant et effroyable, signalant l’heure du souper à ses congénères, un claquement sinistre résonnant au fond de sa gorge quand le cri prit fin. Les autres répondirent par le même gazouilli. L’angoisse grimpa et la jeune femme serra les dents, les mains moites, toujours enlacée par le bras du prisonnier qui la maintenait contre lui - soit en signe de protection, soit pour se protéger lui-même, elle n’en était pas sûre.
- Qu’est-ce qu’on fait ? lui demanda-t-il avec une moue terrifiée, normalement je suis naturellement doué pour les tuer, ceux-là, mais je vous avoue qu’avec les menottes, heu…ça va être problématique.
Asbel venait tout juste de réserver leur chambre lorsqu’un chaos sans nom se déchaîna dans la cour de l’auberge. Il se précipita au dehors avec pour seul but de retrouver Felicia, qui avait voulu rester à l’extérieur pour enlever la boue séchée de son pantalon et décrotter ses bottes.
- Fily !
La jeune femme était affalée sur le sol avec un homme, lui aussi avachi à ses côtés. Elle se releva précipitamment pour esquiver l’ombre qui voulait fondre sur elle et fit une nouvelle roulade dans la boue. Asbel se jeta entre elle et le démon qui voulait l’assaillir, le repoussant de son épée runique, le tranchant d’un coup net. L’attention d’un autre monstre se porta entièrement sur elle, si bien que le mystérieux homme en profita pour prendre la poudre d’escampette. D’autres monstres s’infiltrèrent dans l’auberge, déclenchant les cris de terreur de tout le monde. Les deux jeunes gens se mirent dos à dos tandis que des civils et des gardes sortaient de toutes les ouvertures du bâtiment. Ce dernier avait pris feu et enveloppait le lieu d’une lueur bouillante et chaleureuse qui contrastait avec la situation actuelle. Des gouttes de sueur perlèrent dans la nuque de Felicia, qui respirait avec difficulté.
- D’où sortent tous ces démons ? s’enquit Asbel en transperçant une créature.
- Je sais pas, ils sont arrivés d’un coup !
Felicia sentit le flux de magie remonter le long de ses bras, fourmiller dans ses doigts, faire chauffer sa tête et son cœur. De gigantesques flammes s’étirèrent au bout de ses mains, elle s’élança en avant, frappa le sol du pied avec brutalité et poussa un cri de rage. Le feu explosa à bout portant et détruisit la tête d’un des démons, son corps noir et désarticulé tombant sur le sol boueux. Un troisième se jeta sur elle et lui lacéra le bras, lui arrachant un cri de douleur alors qu’Asbel lui perçait le cœur de sa lame runique dans un éclat de vert et de doré. Il posa sa paume sur le tranchant de la lame et les runes inscrites s’illuminèrent et il s’élança vers ses adversaires, tranchant l’air et envoyant des bourrasques de vent violentes à l’aide de son arme qu’il avait imprégnée de magie, par le biais des rune.
Felicia tentait de reprendre ses esprits - elle repoussa par une explosion un autre démon qui aurait pu lui arracher l’autre bras si elle n’avait pas eu un minimum d’instinct de survie. Elle vit un garde se faire ouvrir en deux au niveau de la taille, sa dépouille s’enfonçant dans la boue brutalement. L’auberge qui brûle. Les hurlements. Le garde qui se noie dans la terre imbibée d’eau et de larmes. Le ciel nocturne envahi par la fumée noirâtre. Le sang qui dégouline. Des palpitations. Des sueurs froides, si froides. Un souffle, erratique. Elle voit son père dans un flash.
Que se passait-il ? Comment cette attaque avait-elle pu avoir lieu, comme ça, sans prévenir ? Ce n’était pas normal. Cela n’arrivait jamais. D’où sortait cette horde ? Et son père ? Où était son père ?
Une main se posa sur son épaule et la tira d’un coup de sa transe, lui faisant prendre une grosse goulée d’air. Puis les doigts d’Asbel attrapèrent assez brutalement sa mâchoire, forçant le contact visuel entre eux deux.
- Souviens-toi de qui tu es, Fily. Souviens-toi de ce que tu m’as dit : plus jamais. Je suis avec toi, alors maintenant, lève-toi ! s’écria-t-il durement pour la faire réagir.
L’élan la poussa sur ses deux pieds, les mains tremblantes et le cerveau branché en pilote automatique. Les derniers démons périrent de leurs mains, Felicia dansant dans ses propres flammes et Asbel à coup de tranchant renforcé par magie. La zone fut sécurisée tandis que les renforts arrivaient - en retard, mais bien là - afin d’interroger les survivants et faire le décompte des victimes.
- Ils nous regardent étrangement, depuis tout à l’heure, chuchota Felicia à Asbel tandis que ce dernier pansait rapidement la plaie sur son bras.
- C’est normal, des étrangers à la frontière qui balancent des explosions à tout va et des tornades avec une épée, ça attire forcément l’attention, répondit le jeune homme en levant les yeux au ciel.
- Magnifique. Je suis ravie d’être devenue une curiosité locale.
Le capitaine de la garde s’approcha des deux amis, accompagné de deux soldats, sa tenue poussiéreuse mais son air autoritaire, lui, complètement intact - il le fallait bien, sinon il perdrait toute crédibilité.
- Vous, la mage de feu. Et vous, le petit rigolo avec son épée. Venez par ici, ordonna-t-il en bombant le torse.
Les deux jeunes gens se rapprochèrent avec méfiance, mais essayèrent de rester le plus calme possible. Ce n’était sûrement que pour avoir leur témoignage, voilà tout…
- Quelque chose ne va pas ?
- Ça dépend. Vous avez une explication pour les barreaux fondus de cette cage ?
- On était occupés à sauver des vies, au cas où vous ne l’aviez remarqué, répondit froidement Asbel en croisant les bras sur son torse.
- Votre magie du feu… a impressionné beaucoup de monde. Moi y compris. Vous êtes douée pour faire le spectacle.
- Vous insinuez quoi, exactement ? siffla la jeune femme en fronçant les sourcils, perplexe.
Le capitaine jeta un bref coup d'œil à ses hommes. De nouvelles sueurs froides envahirent Felicia, et sa tête se mit à lui chauffer. Cela faisait beaucoup trop d’un coup, elle était épuisée, affamée et blessée et maintenant, elle devait subir un interrogatoire sans queue, ni tête ?
- Plusieurs témoins - que je ne citerai pas - disent vous avoir vue près de la cage. Et cette cage contenait un prisonnier dangereux. Vous savez quelque chose à ce sujet ?
- J’ai vu cette cage, oui, mais je n’ai rien à voir avec ça.
- Et où est ce prisonnier, d’ailleurs ? Peut-être qu’il est en train de courir loin d’ici pendant que vous nous accusez à tort ! s’enflamma Asbel en faisant un pas en avant.
- Peut-être. Mais il n’a pas pu se volatiliser tout seul, sans aucune aide extérieure…
Un murmure parcourut les gardes derrière lui. Le capitaine plissa les yeux, jaugeant Felicia et Asbel comme s’il cherchait à deviner leurs intentions.Felicia avait attrapé la main d’Asbel pour ne pas qu’il fasse quelque chose qu’il regretterait à coup sûr comme, par exemple, flanquer un coup de poing à ce maudit accusateur. Après un silence pesant, la sentence tomba comme une masse sur leur tête.
- Enchaînez-les.
- Quoi ?! s’indigna la mage blonde en écarquillant grand les yeux
- Vous n’avez aucune preuve, rétorqua Asbel en grinçant des dents, toujours retenu par son amie.
- Je n’ai pas besoin de preuves, siffla le capitaine en fronçant les sourcils tandis que ses hommes commençaient à les encercler, mes hommes ont vu ce qu’ils ont vu. Jusqu’à ce qu’on clarifie cette histoire, vous êtes en état d’arrestation.
- Vous plaisantez ? Après tout ce qu’on a fait pour vous aider ?
La bouche du capitaine se déforma en un rictus dédaigneux et froid.
- Ce n’est pas personnel. Je prends juste de simples précautions.
Deux soldats s’approchèrent avec des chaînes renforcées, faisant instinctivement reculer Felicia. Ses paumes se mirent à crépiter. Asbel posa doucement une main sur son bras pour la calmer.
- Laisse-moi faire, lui dit-il à voix basse alors qu’il posait la main sur la garde de son épée.
- Asbel, n-
Les soldats sentirent immédiatement la magie émaner du jeune homme, comme si cela courait à toute vitesse dans ses veines. Il était dangereux, autant qu’il avait pu le démontrer durant le combat contre les démons. Asbel leva calmement une main et une rafale de vent, puissante, surgit soudain, projetant boue, sable et débris dans les airs. Les torches vacillèrent et s’éteignirent, plongeant la cour dans l’obscurité. Les civils crièrent de peur et les soldats qui les entouraient furent projetés de part et d’autre de la cour, le capitaine y compris. Ce dernier se retrouva à manger de la terre alors que les deux aventuriers s’empressaient de s’enfuir par les bois, disparaissant dans le noir de la nuit.
- Attrapez-les ! s’égosilla l’homme en crachant boue et postillons dans un excès de rage.
Profitant de la confusion, Felicia et Asbel s’élancèrent très loin dans la forêt. Quelques gardes tentèrent de les poursuivre, mais le vent fou les ralentit, et les arbres leurs offraient une couverture parfaite. Bientôt, les voix des soldats s’estompèrent, ne laissant que le bruit de leurs propres pas sur le tapis de feuilles mortes. Ils ne firent halte qu’au bout de deux heures ; ils avaient sûrement déjà passé la frontière sans s’en rendre compte, mais c’était bien le cadet de leurs soucis. Ils avaient achevé les accusations en prenant la fuite et s'étaient enfouis dans un sacré pétrin. Tout ça parce que ce fichu prisonnier savait faire usage de la parole comme un charmeur de serpents. Épuisée, Felicia s’adossa à un arbre et tenta de reconstituer le puzzle qu’était son esprit. Cette soirée - et nuit - était bien trop…insensée.
- Pourquoi faut-il toujours que ça finisse comme ça ? haleta-t-elle alors que son camarade était penché en avant, les mains sur ses genoux.
- Parce que les gens voient ce qu’ils veulent voir. Des démons, des monstres et des boucs émissaires, répondit Asbel en reniflant.
- On aurait dû rester et leur prouver qu’ils avaient tort.
- Et finir dans une cellule, incapables de faire quoi que ce soit ? Non. Ce n’était pas une option. On ne pouvait pas rester là-bas.
- Mais on leur a donné raison en s’enfuyant ! s’exclama Felicia en se redressant.
- Ils ont raison, puisque tu as aidé ce prisonnier, non ?
Il y eut un silence entre les deux, coupé de la respiration rapide de la blonde.
- Ouais, j’ai fait ça, avoua-t-elle en passant une main dans ses cheveux sales, je crois que c’était la pire idée de la semaine…
Un bruissement dans les buissons les interrompit cette fois. Asbel se tendit et dégaina son épée, se plaçant instinctivement devant Felicia qui s’était mise en position d’attaque, préparant son meilleur sortilège. Ses oreilles effilées frémirent quand les feuilles bougèrent à nouveau dans les fourrés.
- Qui va là ?
Puis une silhouette familière émergea lentement des ombres. Le prisonnier, toujours menotté, les regarda avec un mélange de prudence et de soulagement. Felicia baissa sa défense et fronça les sourcils, sentant la colère monter en elle.
- Hé, c’est juste moi. Pas la peine de me brûler ou de me couper en deux, plaisanta le jeune homme aux yeux bridés.
Asbel haussa un sourcil puis posa ses prunelles noisette sur sa partenaire qui bouillait littéralement de rage. Et il n’eut pas le temps de réagir quand elle s’élança vers lui pour lui mettre un crochet du droit.

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