Chapitre 3 - La voix

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Asbel haussa un sourcil puis posa ses prunelles noisette sur sa partenaire qui bouillait littéralement de rage. L’ex-prisonnier avait reculé de deux pas, la joue rougie et le nez en sang. Il poussa un juron à faire rougir un boucher tandis que Felicia se redressait en secouant sa main endolorie.

  • Toi… Tu nous as laissé porter le chapeau ! s’énerva-t-elle en se plantant debout devant lui.
  • Je suis enchaîné, au cas où tu ne l’aurais pas remarqué, grommela-t-il, je ne pouvais pas jouer aux héros, comme toi avec tes explosions. (un sourire malicieux s’étira sur sa bouche ensanglantée et il tourna la tête pour cracher) C’était impressionnant, en tout cas !
  • Alors pourquoi es-tu encore dans les parages ? demanda Asbel en gardant sa posture menaçante - il ne faisait pas du tout confiance à ce type et avait envie de tirer les oreilles de Felicia pour avoir eu la merveilleuse idée de libérer un inconnu potentiellement dangereux.
  • Parce que j’ai l’impression que vous êtes mes meilleures chances de survie. Et peut-être aussi parce que je vous dois un petit coup de main, maintenant.

Felicia lui lança un regard noir, méfiante.

  • Je ne t’ai pas trahie, si c’est ce que tu soupçonnes. Ils en sont venus tout seuls à la déduction que tu m’avais aidé, expliqua l’homme, et je suis désolé que ça vous pose problème, ce n’est pas ce que je voulais.

Asbel et Felicia se concertèrent d’un regard. Ils n’avaient pas besoin de mots. Et l’inconnu était honnête, ils le sentaient. Après tout, c’est Felicia qui avait décidé de le libérer. A aucun moment il n’avait insisté, ni ne l’avait menacée ; de ce fait, elle était la seule fautive de cette situation catastrophique. Ils allaient certainement avoir un avis de recherche - si le prisonnier était si dangereux que l’avait prétendu le capitaine de la garde - et allaient être radiés de leur guilde. Fini les quêtes d’aventuriers, bonjour la vie de vagabond…L’idée d’une telle vie donna la migraine à la mage blonde, si bien qu’elle se frotta le front de sa main, y laissant des traces de sang.

  • Je ne suis pas le plus honorable des hommes, reprit l’ex-prisonnier, mais je ne suis pas un meurtrier.
  • La garde te pourchasse pourtant pour cette raison précise, répliqua la jeune femme en fronçant les sourcils, comment je peux être sûre que tu n’essaies pas de m’entourlouper encore une fois ?
  • Ils me pourchassent pour une chimère. J’ai été dupé, et la Garde bien plus encore. Vous avez été témoin de leur façon de procéder…cette justice n’est que façade, cracha-t-il avec un dégoût visible.
  • Alors quoi ? Tu veux qu’on t’aide à laver ton honneur ? Désolé, mais on a déjà nos propres problèmes, intervint Asbel, toujours très méfiant.
  • Je ne demande rien. En revanche, il y a des dettes que je ne peux pas laisser de côté. Tu m’as libéré alors que tu n’avais rien à gagner à le faire.

L’homme les fixa tous les deux, un éclat de sincérité dans ses yeux sombres et bridés. Il avait de beaux traits cachés sous la crasse, avec des cheveux noirs, presque de la même couleur que ceux d’Asbel mais coupés bien plus courts. Felicia soutint son regard sans vaciller, cherchant le moindre mensonge dans ses prunelles, le moindre geste tremblant qui aurait pu trahir une fourberie de sa part. Mais rien. Rien d’autre qu’une pureté presque irréelle dans ce monde difficile. La jeune femme se surprit presque à rougir.

  • J’ai fait ce qui me paraissait le plus juste sur le moment, reprit la mage, gênée, pour couper le silence pesant.
  • Peut-être, mais pour moi, ça signifie beaucoup. Je ne peux pas l’ignorer et c’est pourquoi je voudrais vous accompagner.
  • Et donc, quoi ? Ton plan, c’est de devenir son garde du corps ? s’enquit Asbel avec scepticisme.
  • Je n’ai pas besoin d’un garde du corps, souffla Felicia en levant les yeux au ciel.
  • Quelque chose comme ça, oui. Mais ce n’est pas tout.

Il baissa légèrement le ton, sa voix descendant d’un octave et il tendit ses mains, toujours liées, vers ses interlocuteurs.

  • Ils m’ont tout pris. Mon nom, ma vie, mon avenir. Et si je ne peux pas récupérer ce que j’ai perdu, je peux au moins construire mon futur et leur prouver qu’ils ont tort.
  • Et tu penses pouvoir faire ça en restant avec nous ?
  • Peut-être. Pour l’instant, j’ai une dette à payer ! s’exclama-t-il, tout à coup plus enjoué. Et puis, on est un peu dans la même panade, vous et moi…Alors ?
  • C’est d’accord.

Asbel jeta un regard à Felicia, peu certain que cette décision soit la meilleure. Il n’arrivait pas à avoir confiance en cet homme étrange, qui paraissait bien trop calme au vu de sa situation. Le guerrier-mage fit comprendre à son amie qu’ils en discuteraient entre quatre yeux - il l’avait laissée cinq minutes pour réserver une chambre d’auberge et elle s’était laissée entraîner dans une misère pas possible. En général, c’était lui qui était une véritable tête brûlée et qui se faisait tirer les oreilles mais cette fois, les rôles s’étaient inversés et ça lui faisait tout drôle. C’était donc ça, de rattraper les bêtises de son partenaire ?

  • Je m’appelle Asbel, et elle, c’est Felicia, dit froidement le jeune homme, comment tu t’appelles ?

Quitte à voyager ensemble et à être dans la même panade, autant se tutoyer, n’est-ce-pas ?

  • Aristide, pour vous servir, répondit le condamné en faisant une révérence ironique, est-ce que, par hasard, tu maîtrises la magie runique ?

Malgré la tension, ils échangèrent un regard d’entente tacite. Un sortilège plus tard et les mains d’Aristide furent libérées de leur carcan. Ce genre de sort n’était pas complexe et pouvait être défait soit par le lanceur, soit par quelqu’un qui maîtrisait la magie runique à un certain pallier. Asbel y avait été entraîné à l’Académie, à l’époque où il souhaitait encore faire partie de la Garde, comme feu son père, alors il ne fut pas difficile pour lui d’aider le fugitif. Et sans un mot de plus, ils se remirent en marche, unis par la nécessité de s’en sortir et de trouver un abri pour se reposer. Il fut décidé qu’ils marcheraient une heure de plus afin de s’éloigner le plus possible de la garde et de leurs ennuis.


Winifred et Sibius

Winifred et Sibius marchèrent durant de longues heures, ponctuées par un silence entrecoupé des plaintes du Prince. Il avait mal aux pieds, mais était déterminé à suivre la voix enchantée qui hantait ses journées et ses nuits depuis plusieurs semaines. Alors au diable, la douleur des ampoules qui prenaient forme sous ses pieds. Il était certain qu’à la fin de cette…aventure, il pourrait braver mille tempêtes et marcher des jours durant sans souffrir, comme les héros des romans de son enfance.

La fin de l’après-midi pointa le bout de son nez quand, enfin, la voix se fit plus claire dans son esprit, plus vindicatrice. Ils étaient là, à quelques centaines de mètres. Dans la clairière. Ils restèrent cachés derrière les buissons, profitant des ombres que leur offrait le crépuscule naissant, le ciel et les feuilles teintés d’une lumière rougeâtre.

Là,
L’enfant des braises,
Ne les laisse pas s’échapper,
…enaît,
Par…sang…vin,

Les phrases mises bout à bout n’avaient pas de sens mais une fois encore, Winifred ne pouvait pas s’empêcher de l’écouter. L’écorce pulsait encore dans son sac. Il avait mal à la tête.

  • Trois personnes, assises près du feu. Ce ne sont pas des soldats, indiqua Sibius dans un chuchotis.
  • Ce sont eux, répondit Winifred, animé d’une sorte de transe en amorçant un geste pour se dévoiler.
  • Pas si vite. On ne sait rien d’eux, ils sont peut-être plus dangereux que les soldats !
  • Il faut aller les voir et leur parler. Je le sens, ce sont eux, insista le Prince sans le regarder.
  • Écoutez, Majesté, j’ai toujours cru en vous et je vous fais confiance, mais je ne suis pas sûr que…
  • Qui va là ? Montrez-vous !

Pris en flagrant délit, les deux voyageurs décidèrent de s’avancer dans la lumière crépusculaire qui noyait la clairière. Fatigué, le jeune prince essaya de paraître sûr de lui tandis que Sibius se tint prêt à dégainer son arme. Felicia redressa la tête d’un coup, alerte, alors qu’Aristide se plaçait instinctivement devant elle - un reste de ses années de chevalerie, il ne pouvait pas s’en empêcher. Asbel était absent, parti récupérer des pommes de pin et du petit bois.

  • On dirait qu’on a de la compagnie, souffla le condamné en ne quittant pas les silhouettes des yeux.
  • Attends, ce ne sont pas des soldats, répondit Felicia en posant une main sur son bras.

Il s’agissait de deux hommes, l’un plus petit que l’autre. Le premier était de taille moyenne et avait un joli visage fin et lumineux encadrés de cheveux d’un blond presque blanc. Ses sourcils, courts, lui donnaient un air étonné alors qu’il avait l’air de se liquéfier d’angoisse. Des yeux ambrés tombant, caressés par des mèches de cheveux, contrastaient avec le reste. Le second était bien plus grand, doté d’une peau finement dorée à rendre jaloux un Fallarien et d’yeux dorés en amande perçants. Des cheveux brun-roux et bouclés tombaient élégamment sur le côté gauche de son visage.

  • Qui êtes-vous, et pourquoi êtes-vous ici ? demanda la mage blonde, méfiante.
  • Nous…nous cherchons quelqu’un, répondit nerveusement le jeune homme pâle.
  • Vous n’êtes pourtant pas tombés par hasard sur nous. Je vais donc renchérir : qui êtes-vous, et comment êtes-vous arrivés jusqu’à nous ?

Le blond ne dit pas un mot et amorça un geste vers son sac et il en sortit l’écorce, toujours sous le regard méfiant d’Aristide et Felicia.

  • Qu’est-ce que c’est ?
  • Je ne sais pas… Mais depuis que je l’ai trouvée, elle m’appelle…et me guide.
  • Elle t’appelle ? Un vieux bout de bois ? demanda cyniquement Felicia.
  • Moi aussi, j’ai eu un peu de mal à y croire, mais c’est la pure vérité, intervint le plus grand et le plus costaud. Étrangement, cette…chose nous a menés à vous. Elle possède une voix.

Un silence s’installe. Les deux amis ne savaient pas quoi penser de ça. C’était complètement…improbable. Rocambolesque. Aussi rocambolesque que l’attaque surprise des démons, peut-être ? Ces deux étranges personnages avaient-ils un lien avec ça ? Aristide s’approcha prudemment, ses yeux noirs fixés droit sur l’écorce, intrigué malgré lui.

  • Jusqu’ici, la voix vous a-t-elle trompés ? hasarda-t-il en croisant les bras sur son torse.
  • Non, pas une seule fois, concéda l’homme blafard, hésitant.
  • Pourquoi nous, dans ce cas ? Nous ne sommes que des voyageurs, sans rien de particulier, ajouta Felicia avec plus de douceur.

Si on omettait le fait qu’ils étaient recherchés par toute la garde du royaume pour meurtre et trahison, bien sûr.

  • Je ne sais pas, mais je…ressens quelque chose. Vous devez être importants. Cette chose le sait même si moi, je ne comprends pas encore pourquoi.
  • Ce que vous nous racontez là est très vague, ronchonna la mage, ça pourrait être une ruse.
  • Non, non, je le jure, se défendit le jeune homme aux yeux ambrés, angoissé. Vous êtes ce que je devais trouver. Je le sens !
  • L’attaque des démons…ce truc qui vous guide bon gré, mal gré… ce n’est pas par hasard, dit Aristide en se frottant le menton, pensif. Nos chemins sont sûrement liés, d’une manière où d’une autre. Et j’ai remarqué d’autres choses, pendant ma…route, vers Durnstall. Et même avant tout ça.
  • Quoi donc ? s’enquit Felicia en haussant un sourcil, perplexe.
  • Des arbres flétris, des animaux dotés d’excroissances étranges, des plantes qui pourrissent… Je connais bien la forêt, et il se passe des choses anormales. De plus, il y a quelques mois de cela, on a constaté que la brume avait baissé et avait dévoilé des ruines étranges, sur la Côte du Berger.

Un souffle glacial parcourut le petit groupe.

  • La brume…Vous voulez dire que la Mer des Brumes est descendue ? demanda Winnifred, estomaqué.
  • Comment sais-tu tout cela ?
  • (Aristide poussa un soupir lourd) Avant de me retrouver dans ma situation actuelle, je faisais partie de la Garde de Durnstall. J’ai été victime d’un malentendu - d’un complot, peut-être ? Quand bien même, il se passe des choses étranges depuis plusieurs mois et l’on m’avait ordonné de tenir ma langue. Mais puisque j’ai été déchu…

Felicia s’assit à nouveau sur le tronc qui lui servait de chaise quelques minutes auparavant. Toute cette histoire avait de quoi faire tourner la tête, et pour cause ; ça prenait bien plus d’ampleur qu’elle ne l’avait imaginé au départ. Ils n’allaient pas pouvoir finir leur quête, ni même se rendre de nouveau à la guilde, de laquelle ils seraient déchus dans les jours à venir sans aucun doute.

  • Ok, on va vous écouter. Mais à une seule condition ; si je vois que vous voulez nous trahir ou quoi que ce soit de ce genre, je vous grille comme des marrons. C’est clair ?
  • O-oui ! Bien clair, répondit le blond à l’air délicat avant de lui tendre sa main, mon nom est Winie. Et voici Sibius, mon ami.

Le grand gaillard hocha la tête, toujours les sourcils froncés. Il semblait toujours méfiant, tandis que le visage de Winie s’était illuminé d’un seul coup. Ce dernier se tourna ensuite vers Aristide pour aussi lui serrer la main et ses yeux ambrés rencontrèrent leurs opposés, des prunelles d’un bleu si sombre qu’elles paraissaient noires. Le condamné fit un petit sourire en coin et secoua énergiquement la main du Prince, qui n’en menait pas large. Le silence se fit de nouveau et ils furent interrompus par un bruissement dans les bois ; c’était Asbel qui revenait de sa quête et il attrapa directement la garde de son épée.

  • C’est qui, eux ?

Jaina Sombrétoile
Archimage de l’Eau

  • Ma Dame, il s’agit là de quelque chose de sérieux et nous ne pouvons pas continuer à l’ignorer. La nature se meurt, et pas que dans notre royaume.

La Salle du conseil de la Citadelle des Mages de Durnstall était aussi froide qu’imposante. Autour d’une table en pierre circulaire et gravée de runes anciennes, Jaina Sombrétoile faisait face à un petit groupe composé des autres Archimages de sa trempe et de deux naturo-mages a l’air nerveux, tendu. Le premier scientifique remonta ses lunettes sur son nez d’un geste tremblant. Il semblait moins stressé par la perspective de parler devant des personnes d’une telle stature que par la catastrophe qu’il s’apprêtait à évoquer et qui n’allait pas pouvoir être réglée si facilement que ça. La grande fenêtre derrière eux laissait entrevoir un ciel assombri, chargé de nuages gorgés d’eau et annonciateurs d’un orage.

  • Ce que nous avons en notre connaissance ne peut attendre, renchérit celui à lunettes, sans bafouiller malgré l’extrême rougeur de ses joues. Les énergies fondamentales du royaume faiblissent ; la magie se décompose et les conséquences seront tragiques si nous n’agissons pas maintenant.
  • Vos preuves sont-elles solides ? Nous avons déjà entendu ces alertes, et ce depuis plusieurs mois, rétorqua agressivement l’archimage du feu Aurèle, et il ne s’agissait que d’incidents isolés. Les fluctuations magiques ne sont-elles pas normales, dans une ère où la magie est exploitée à grande échelle ?

Dame Jaina se pencha sur la table, le menton posé sur ses mains jointes. Elle jeta un regard glacial à Aurèle, qui le soutint sans faillir.

  • Je vous prie de ranger votre colère, Aurèle, ordonna-t-elle avec autorité, dois-je vous rappeler qu’il s’agit de leur domaine, et non du vôtre ?
  • Très bien. (il ronchonna et se replaça au fond de son siège, puis tendit les bras pour serrer ses mains entre elles sur la table). Continuez, je vous prie.
  • Sauf votre respect, Archimage, les preuves sont bien réelles cette fois. Et très nombreuses. Certains cristaux dédiés au stockage magique se fissurent spontanément. Et les mutations… elles se multiplient à une échelle alarmante. Tout comme les attaques de démons.
  • Et d’autre part, un autre village côtier a été victime d’une attaque soudaine, suite à une nouvelle descente de la brume, il y a deux semaines, ajouta le deuxième scientifique, doté d’une barbe.

Un silence stupéfait les prit tous. Inutile de préciser que tout cela revenait à une véritable catastrophe comme on n’en n’avait pas connue depuis…des centaines d’années. Voire des millénaires. Jaina voyait poindre un nouveau Cataclysme, comme celui qui avait failli décimer tous les humains d’Iso’Xor. La magie dégénérait, et ce n’était pas nouveau. Cela avait été lent, insidieux, comme un poison qui coule incognito dans les veines de sa victime, jusqu’au moment fatal où les crochets de la Mort se refermaient sur elle.

Une véritable catastrophe.

  • Quels types de mutations avez-vous pu observer ? demanda Jaina d’une voix toujours froide, mais adoucie.
  • Les forêts autour de Durnstall changent. Les arbres absorbent trop d'énergie magique et se déforment… certains deviennent carnivores. Des animaux familiers se transforment en créatures hostiles. Mais pire encore, il y a des signes de mutations parmi la population. Des enfants naissent avec des déformations magiques, et les adultes touchés deviennent…instables. Voire, meurtriers.
  • Mais tout ça ne justifie pas une panique généralisée…n’est-ce-pas ? ajouta la plus âgée, Olaris, Archimage de la Terre. La magie est une force vivante et capricieuse, et nous avons toujours su la maîtriser.
  • Jusqu’à présent, insista le naturo-mage à lunettes. Cette fois-ci, les signes sont clairs : la nature, la population, sont en danger. Les flux de mana sont en train de se corrompre. Nous avons capté d’étranges vibrations venant des cristaux de stockage fissurés. Notre planète va mal. Cela dépasse de loin ce que vous qualifiez de caprice…sans vouloir être irrespectueux.

Olaris fit un geste apaisant de la main pour lui indiquer qu’elle n’en tenait pas rigueur.

  • Ces étranges vibrations…pensez-vous qu’elles soient liées à la descente de la brume ? Intervint l’Archimage de l’Air, Liyun, un homme habituellement muet.
  • Nous en sommes persuadés, et c’est là que réside notre plus grande inquiétude. Dès que la brume descend, même de quelques centimètres à peine, tout s’effondre et les démons deviennent plus voraces. Et une contamination affecte les réseaux magiques de la Terre elle-même.

Aurèle leur lança un regard sceptique, déchiré par le doute mais aussi l’envie de les croire.

  • Vous parlez de contamination, mais nous n’avons aucune preuve que cela affecte les grandes cités ou les bastions où la magie est rigoureusement réglementée. Les zones rurales sont souvent plus vulnérables aux rumeurs et aux peurs irrationnelles.
  • Ignorer ces signes serait une erreur, coupa Jaina en se levant, les paumes à plat sur la table, si la magie vient à défaillir, elle devient notre plus grande faiblesse et alors, ce sera une véritable catastrophe. Quelles solutions proposez-vous, messieurs ?
  • (Le naturo-mage à la barbe se frotta le menton, nerveux, regarda autour de lui, déplia son carnet pour en lire le contenu, se frotta ensuite la tête et toussa.) Une coalition de chercheurs et de mages pour enquêter sur ces phénomènes. Nous aurons besoin de ressources et de votre soutien afin de rassembler le plus de preuves possibles et, ainsi, trouver la source de cette dégénérescence et la meilleure façon d’agir.
  • Et aussi…une audience avec notre bon roi. Ce problème ne vous concerne pas seulement, mais il concerne le royaume tout entier ! Voire même, le monde…

Olaris se leva à son tour avec prestance, sa tunique verte et fluide se mouvant comme des feuilles dans un ruisseau.

  • Très bien. Je vais convoquer une réunion avec Sa Majesté. En attendant, je veux que vous nous fassiez parvenir un rapport détaillé de vos observations actuelles, et celles à venir, ordonna-t-elle avec douceur mais autorité. Si nous sommes réellement en péril, il faudra plus que des hypothèses pour mettre en place des solutions. Vous avez deux semaines pour monter un dossier solide.
  • Deux semaines pour quoi ? Créer encore plus de panique ? grinça Aurèle avec un sourire narquois. Je ne suis personnellement pas convaincu par tout cela.
  • Une semaine pour savoir si nous sommes, oui ou non, au bord d’une crise qui pourrait détruire tout ce que nous avons bâti.

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