Chapitre 1

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Aujourd’hui, Daniel partait. C’était prévu.

Ce matin, il s’était levé à l’aurore. Il n’avait pas pu dormir, tant il était nerveux. Il avait tiré son sac à dos, habituellement dissimulé sous son lit, et en avait vérifié le contenu :

- quelques vêtements de rechange

- le carnet de dessins que sa mère lui avait laissé, et le peu de photos qu’il contenait

- une couverture de survie et une petite pharmacie

- l’argent mis de côté pendant toute sa vie, bien enveloppé dans une pochette imperméable

Il enfila son jean favori, un gros pull et son manteau, vérifia une énième fois son bagage et ouvrit la fenêtre de sa mansarde.

Le soleil se levait à peine, et il faisait encore très frais. Il enjamba le bord de la fenêtre et glissa sur le toit de la remise. Puis il gagna le côté de la maison opposé au village, vers la forêt.

Il ne savait pas pourquoi ni où il irait, mais il se souvenait précisément que sa mère lui avait dit de fuir vers la forêt si, un jour, il était en danger.

Il se retourna une dernière fois vers la vieille bâtisse de la famille Weren, cracha au sol à ses pieds et lança la main devant lui dans un signe silencieux de malédiction.

  • Adieu.

Il se mit en route, empruntant le grand chemin qui traversait les bois. Il ne l’avait jamais parcouru entièrement, mais il avait déjà plusieurs fois rêvé de quitter ce trou à rats.

Il marcha une bonne heure sans fatigue, puis son corps frêle et blessé à divers endroits commença à lui faire mal. Les bretelles lui sciaient les épaules.

Il grimaça au souvenir de la dernière raclée que son « père » lui avait mise la veille. Il avait osé servir son assiette trop chaude, alors que le vieux la voulait expressément tiède. Il l’avait donc renversée sur les pieds nus du jeune homme avant de le rouer de coups sur le sol.

Les autres avaient ri ou ignoré l’acte, ou même lui avaient donné un ou deux coups de pied en passant près de lui.

Il essuya ses larmes.

C’est terminé.

Aujourd’hui, il avait vingt et un ans. Il était majeur. En secret, la veille au soir, il avait volé sa carte d’identité dans le bureau, en tremblant d’être pris.

La forêt était la même que dans ses souvenirs : belle, mystérieuse, bruissante de mille sons. Daniel leva les yeux vers le ciel bleu qui transparaissait entre les branches.

Pris dans sa contemplation, il ne vit pas la grosse racine à ses pieds et trébucha. Il tenta de se rattraper, s’écorchant les mains aux ronces.

  • Merde, jura-t-il.

À genoux par terre, il évalua les dégâts : quelques griffures et une blessure sanguinolente à travers son jean déchiré.

  • Ça commence bien, grommela-t-il.

Il faillit abandonner, mais il ne pouvait décemment pas réduire à néant les efforts d’une année. Il essuya son nez d’un revers de main rageur et fouilla dans sa poche pour en tirer la vieille boussole et la carte qu’il avait « empruntées » dans le tiroir paternel.

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