Chapitre 3

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  • Maman, maman !

Le petit Daniel courait dans le jardin ensoleillé vers les bras de sa mère. Mais chaque pas qu’il tentait l’éloignait encore et encore de la vision maternelle, qui disparut dans un brouillard sombre.

Les bras sur la tête, il se protégeait des coups de mains invisibles, se bouchant les oreilles pour ne pas entendre les hurlements de haine.

  • Ordure !
  • Ta mère n’est qu’une salope !
  • À la poubelle !
  • Meurs !

Une main plus forte que les autres se serra autour de son cou et il tenta vainement de respirer, s’y accrochant pour l’arracher.

Daniel s’éveilla, la main serrée autour de son propre cou, la respiration courte. Il se força à prendre trois longues inspirations pour se calmer.

Il avala sa salive, puis se redressa contre son oreiller, observant les lieux autour de lui. Il était allongé dans un grand lit confortable, au centre d’une chambre au parquet et aux murs de bois blond.
De la fenêtre grande ouverte, on pouvait voir la forêt.

Où suis-je ? Chez qui ? se dit-il. Je dois savoir. Partir.

La pensée s’imposa dans son esprit. Fuir avant d’être blessé. Il fronça les sourcils aux souvenirs des violences qu’il avait subies.

Il souleva son haut de pyjama pour analyser son état. La dernière raclée n’avait pas pu le laisser sans séquelles.

Pourtant, ni bleus ni griffures. Il tâta le coin de sa tête. Il se souvenait d’être tombé. Ni bosse ni douleur.

Hein ?

Il sursauta. Une douleur vive traversa sa cheville. Il releva sa jambe. Une marque dorée brillait à son pied, comme un tatouage frais et piquant.

Merde. Il faut absolument que je parte.

La panique prit le contrôle. Quelqu’un l’avait estampillé dans son sommeil. Avait-il été kidnappé ? Les options s’imposèrent à lui : traite humaine, trafic sexuel, viol, abus.

Daniel posa les pieds sur le sol. La tête lui tourna, mais il se leva tout de même. Il vit des étoiles et trébucha sur le parquet, sans grande discrétion.

La porte de sa chambre s’ouvrit avec fracas et une silhouette se précipita pour l’asseoir sur le lit. Il hurla de peur.

  • Je ne te veux aucun mal, rassure-toi.

Pas rassuré, Daniel baissa les yeux sur l’homme qui venait de s’accroupir à ses pieds pour paraître moins effrayant.

De grande taille, ses muscles se dessinaient visiblement sous des vêtements pourtant larges. Ses longs cheveux noirs et bouclés tombaient sur ses épaules, et il fixait les prunelles vertes du malade de ses yeux dorés, brillants d’inquiétude.

  • Tu es encore fragile. Reste tranquille, garçon.

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