Chapitre 6

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Prudent, Daniel évalua la femme du regard. Elle n’était pas menaçante. Au contraire, son aura lumineuse lui faisait penser à un jour d’été à lézarder sur les pierres, au bord de la rivière.

  • Je suis Dame Elowen. Tu es ici dans mon Manoir privé, et tu y es le bienvenu pour tout le temps de ton séjour.

Elle sourit gentiment, et le jeune homme sentit son cœur se dilater sous l’effet de sa bienveillance, comme une terre desséchée qui absorbe enfin la pluie dont elle manquait.

  • Mon fils t’a trouvé dans les bois. Tu as fait une vilaine chute. Heureusement que Rowan est passé par là : tu aurais fini par mourir de froid. Ton feu s’est éteint, faute d’alimentation. Il t’a sauvé la vie.

Le fugitif déglutit. C’était le moment où elle lui demanderait de repayer sa dette de ses mains, de son corps ou de il ne savait quoi d’autre.

  • Enfant. Tu es en sécurité ici.

Il sursauta, tiré de ses sombres réflexions.

  • Rien ne te sera demandé en échange de la protection qui t’est offerte. C’est la coutume chez les nôtres de traiter les invités comme notre propre famille.

Daniel doutait encore, mais il n’avait pas vraiment le choix.

  • Ne crois-tu pas que nous t’aurions déjà enchaîné, frappé, tué même, si nous l’avions voulu ? Ou simplement abandonné à ton sort dans les bois ?

Un point pour la dame. Il est vrai que Rowan aurait facilement pu le blesser s’il avait voulu. Il frissonna au souvenir des grandes mains qui pourraient si aisément le briser.

La voix douce de Dame Elowen tira le jeune homme de ses pensées effrayantes.

  • Tente de te rassurer.
  • Je ne peux pas me défendre, cracha-t-il. Je suis condamné à être une victime.

La chaleur d’une main sur son bras lui fit réaliser qu’il retenait des larmes. Il respira profondément et croisa les prunelles de la femme.

  • Tu es bien plus fort que tu ne le penses.

Il voulut répliquer, mais l’autorité qui émanait d’Elowen l’en empêcha. Il se contenta de baisser le regard pour dissimuler son malaise.

Dame Elowen se leva avec une grimace de douleur et prit sa canne. Du coin de l’œil, il calcula ses chances au corps à corps. Elle ne semblait pas si forte.

  • Je te suggère de prendre une bonne douche, ça te fera du bien, conseilla-t-elle. Il y a des vêtements propres dans la salle de bain. Et si tu veux prendre l’air, n’hésite pas à descendre au jardin.

Elle posa la main sur la poignée ouvragée de la chambre.

  • Quant à quitter la chambre par la fenêtre, je te le déconseille. Le mur est assez lisse.

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