Chapitre 22
Rowan se saisit de sa main et l’entraîna dans l’escalier. Daniel n’eut que le temps d’attraper son précieux carnet.
Trottinant dans les pas du grand gaillard, il le suivit dans la bibliothèque du manoir et en respira l’odeur familière.
Dame Elowen lui en avait accordé l’accès, et il avait parcouru les étagères couvertes d’ouvrages avec passion.
- Votre porte magique est ici ? remarqua-t-il. Et tu ne me l’as pas dit ? Qui plus est, il n’y a pas plus cliché.
Le loup éclata de rire.
- Tu as raison.
Il s’écarta et lâcha la main du jeune homme, qui regretta aussitôt le chaud réconfort mais n’en dit rien. Son attention se concentra sur la porte qui lui faisait face.
De bois brun, ornée de décorations en métal doré, elle ressemblait à toutes celles du manoir. Seulement, la poignée ronde était lisse, comme si elle avait été manipulée à maintes reprises.
- Je fais quoi ?
- Bah, tu ouvres et tu rentres.
- Haha, très spirituel.
- Je ne rigole pas.
Daniel tendit une main hésitante vers la clenche et la fit tourner. Puis, après une inspiration, il la tira vers lui et s’avança.
- Je suis juste derrière toi, prévint son compagnon.
Il se détendit légèrement et fit quelques pas dans le couloir sombre. Sous ses pieds, le sol s’illumina à chacun de ses pas. Émerveillé, il avança encore.
- C’est magique…, murmura-t-il.
Une main douce se glissa autour de sa taille et un souffle effleura son oreille. Il tressaillit, mais ne repoussa pas l’étreinte.
- Exactement. Les pierres réagissent à ta magie et s’embrasent de lumière. Il en est de même pour de nombreux artéfacts, comme la porte. Seul un être doté d’un potentiel magique peut l’ouvrir.
- Wow.
Il était bouche bée. Il s’était représenté cette découverte de mille façons, mais ce n’était rien à côté du spectacle qui se déroulait devant lui.
Les livres qu’il avait dévorés jusque tard dans la nuit, ou dont Rowan lui avait fait la lecture, parlaient de passages, mais n’en mentionnaient pas la beauté.
Il frôla la paroi, qui se mit à luire en un arc-en-ciel de teintes.
- Je pourrais rester ici pendant des heures.
- Dommage qu’on doive continuer notre voyage.
Les jeunes gens parvinrent au bout du couloir. Au centre de la porte qui l’occupait se trouvait un lourd cercle de bronze couvert de diverses écritures.
Daniel reconnut les volutes rondes de l’Ancien Langage des Anges. Le loup le fit tourner avec précaution, puis poussa la porte et Daniel devant lui.
Ils débouchèrent dans un immense hall de gare, couvert d’une coupole de verre transparent par laquelle transparaissait le ciel bleu pâle.

Annotations
Versions