Chapitre 27
Une atmosphère agitée régnait dans l’échoppe. Des êtres hauts en couleur s’agitaient de droite à gauche, armés de pinceaux et de palettes, ou portant des bustes de bijoux.
Une jeune femme aux ailes délicates se déplaçait en voletant, dirigeant son petit monde d’une voix douce et laissant derrière elle une traînée de poudre rosée.
- Lydia est fae, glissa Rowan à Daniel, qui ne savait pas où donner de la tête.
- Mon cher Rowan, comment vas-tu ? l’interrompit la créature. Et qui est donc ce charmant mage qui t’accompagne ?
La femme au visage sans âge avait de petites dents acérées et des oreilles en pointes. Sa petite obe de la même teinte que sa poudre évoluait gracieusement au rythme de ses mouvements.
- Voici Daniel. Tu sais que ma mère tient le premier bal de l’année ce soir, et je ne souhaitais pas m’y rendre seul, aussi je lui ai demandé de m’accompagner.
- Je reconnais la patte de mon cher Auriel. Viendrais-tu requérir mes services ?
- Oui, je te le confie.
Daniel leva une main hésitante. C'était trop rapide pour lui.
- Oui ?
Le visage pointu de la fae se tourna vers lui. C’était une véritable boule d’énergie. Ses yeux roses pétillaient d’étincelles et ses ailes battaient à toute allure.
- Tu ne pars pas, Rowan ?
Le loup eut un sourire rassurant.
- Tu es en sécurité ici, mon cher, mais je dois aller me changer. Je ne peux décemment pas te prêter mon bras sans m’apprêter un peu, tu ne crois pas ?
Daniel voulut répliquer, mais la bienveillante certitude qu’il lisait dans les yeux de son protecteur acheva de le convaincre.
- Ne tarde pas trop, alors.
Lydia l’attrapa par les épaules et le poussa vers le fond de sa boutique.
- N’aie aucune inquiétude, Rowie chéri, on le garde comme la prunelle de nos yeux, tu peux partir tranquille.
Daniel fronça les yeux au terme affectueux. Lydia était charmante — trop charmante — et il n’aimait pas qu’elle soit aussi à l’aise avec son sauveur.
Il lança un coup d’œil plus inquiet qu’il ne voulait le laisser paraître à ce dernier.
- Je ne serai pas long, promit-il, pensant qu’il craignait de rester seul.
Daniel hocha la tête, rassuré par son départ. Il ne souhaitait pas que la fae passe plus de temps avec lui.
Il se laissa entraîner dans un tourbillon de poudre et de pierres précieuses, qui le distrayèrent de ses pensées inconfortables.

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