Chapitre 40
Daniel se trouvait dans une immense pièce scintillante. Il tenta de se redresser pour essayer de s’y situer, mais une force invisible le maintenait en place.
Il baissa les yeux vers ses pieds, qui s’enfonçaient dans des sables mouvants plus sombres que l’obscurité elle-même.
- À l’aide ! hurla-t-il.
Des ricanements s’élevèrent autour de lui, mais il ne parvint pas à en déterminer la source. La voix changeait sans cesse de tonalité, passant de l’aigu au grave.
- Pitié ! supplia le jeune homme.
Il était enfoncé jusqu’à la taille, et un froid mortel gagnait ses membres inférieurs. Les larmes glissèrent sur ses joues.
- J’ai besoin… s’il vous plaît…
- Tu es pathétique, siffla un souffle rageur à son oreille.
Il tressaillit.
- Une victime faible.
- Non… pitié… Arrêtez…
Des doigts puissants se resserrèrent autour de sa gorge. Il suffoqua. L’air lui manquait. Il se débattit, cherchant désespérément à inspirer.
Un poing frappa sa pommette, un autre son abdomen. Il gémit. Sanglota. En vain. Les coups redoublèrent.
Lorsqu’il parvint enfin à reprendre une respiration, il était presque englouti jusqu’au cou. La morsure glaciale de l’ombre qui l’envahissait aurait dû le faire frissonner, mais il ne ressentait presque plus rien.
Il ferma les yeux, renonçant à lutter.
- …Niel.
Il crut reconnaître la voix grave, mais il était trop fatigué. Il voulait seulement dormir.
- Daniel.
Le timbre grave secoua désagréablement sa torpeur. Il tenta de l’ignorer, mais la voix insista.
- Reviens, Daniel. Tu peux le faire.
Revenir ? Ses pensées étaient embrumées. Pourquoi ne le laissait-on pas se reposer ?
- Daniel, s’il te plaît. Ouvre les yeux.
Ouvrir les yeux… Ses paupières pesaient aussi lourd que du plomb. Une main saisit la sienne, et une chaleur familière l’envahit.
- Ouvre les yeux.
Dans un effort titanesque, il entrouvrit les paupières et croisa des prunelles dorées, chargées d’inquiétude.
- Rowan, murmura-t-il avec un sourire.
- C’est moi. Bravo, tu es revenu, le félicita-t-il.
Il hocha la tête. Il ignorait d’où il revenait, et pourquoi le loup-garou semblait si fier de lui, mais la chaleur de sa main dans la sienne repoussait les ombres.
Il referma les yeux et sombra dans un sommeil sans rêves.

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