Chapitre 55

2 minutes de lecture

Daniel agrippa ses bras avec désespoir. Rowan l’avait vu nu. Il n’avait pas pu manquer de remarquer les marques qui couvraient son corps. 

Il se mordit la lèvre pour étouffer un gémissement et ses ongles s’enfoncèrent dans sa peau, laissant des traces ensanglantées. 

  • Il va me regarder avec dégoût… 

Des larmes glissèrent sur ses joues. Personne ne pouvait le regarder ainsi. Il était sali, meurtri, abject. 

Vestiaires des garçons, Collège Maurice Althier. 

Au milieu des adolescents, assis au fond d’un banc, Daniel attend que ses camarades aient fini de se changer pour se rhabiller à son tour. Pour donner le change, il trifouille ses lacets, les emmêle et les démêle.

  • Dépêchez-vous, Weren, grogne le professeur. Vous êtes toujours à la traîne. 
  • Oui, monsieur, acquiesce le garçon en rougissant. 
  • On n’attend que vous, assène-t-il en quittant la pièce. 

Une intolérable envie de pleurer le prend à la gorge, mais il déglutit péniblement et évite les regards des élèves qui l’observent curieusement. 

  • Eh

Son t-shirt tombe au sol, arraché d’un geste brutal par un gamin vicieux. Il tente de le rattraper, mais une chaussure cloutée écrase sa main sur le vêtement. 

La tête baissée, il sanglote et essaye vainement de cacher ses cicatrices. 

  • Tu es malade, hein ? crache un autre enfant. 
  • C’est contagieux ? 
  • Ugh, c’est dégoûtant. 
  • J’ai envie de vomir !

Klaus Weren, seule descendance de l’alcoolique violent, s'avance. Il marche de travers, séquelles d’une fracture du tibia mal remise. 

  • Il est idiot. C’est un fou. Il s’inflige ça tout seul, lance-t-il avec haine. 
  • Ce n’est pas vrai, c’est- 
  • Il le fait pour se rendre intéressant et qu’on le regarde, continue l’ado sans le laisser parler. 

Le rejet jaillit, les coups pleuvent sur ses membres frêles. Il se protège tentativement la tête, mais les assauts et les insultes ne cessent pas. 

Le regard sévère du directeur auquel il fait part du harcèlement quelques jours plus tard s’impose à sa mémoire. 

  • Endurcissez-vous un peu, Weren. C’est la vraie vie à laquelle vous faites face. 

Daniel se laissa tomber au pied du lit, secoué de sanglots. Il se tenait les côtés dans une tentative de se protéger des images traumatisantes. 

“Ces marques sont le symbole de ma bravoure au combat. D’autres espèces préfèrent les camoufler, mais la mienne en fait son honneur. Plus un loup est brave, plus ses cicatrices sont nombreuses.”

Les mots réconfortants de Dame Elowen et le sourire chaleureux de Rowan remplacèrent dans son esprit les images de violence et de douleur qui s’imposaient à lui. 

Les battements effrénés de son cœur ralentirent. Il prit une large inspiration et essuya ses joues humides. En quelques pas, il se rendit dans la salle de bain attenante à la chambre du loup-garou et se passa de l’eau sur la figure.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 1 versions.

Vous aimez lire Blue :) ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0