La lettre de Catherine

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Comme d’habitude, il eut la visite des enfants. Cela lui permit de papoter avec elles gentiment en attendant la comtesse. Celle-ci ne l’eut pas laissé trop patienter, à peine un quart d’heure de retard. Il y eut, bien sûr, la tasse de thé à avaler, mais Olivier ne s’était pas fait trop avoir. Il était très heureux d’avoir pu réfréner le majordome qui lui proposait une seconde tasse.

Il expliqua les réactions à la fois surprises et honorées des personnes concernées, mais rappelant aussi que le conseil ne pouvait pas se constituer sans la dissolution des précédents conseils ; ce qui prendrait du temps.

- Du temps, bon Dieu ! mais pourquoi faut-il tant de temps ? répliqua-t-elle. Ne pouvez-vous pas accélérer les choses ?

Le notaire soupira un peu exaspéré.

- Cela demande une expertise de la lettre, un courrier et un entretien avec le juge et, enfin, l’accord du conseil précédent. Pour ce faire, nous devons prouver qu’Alphonse Bonnel n’a pas rempli sa fonction, et nous n’avons aucune preuve de ses petites filouteries.

Le ton du notaire était sec. Dorothy se rendit compte qu’elle était allée trop loin. Elle tenta de l’apaiser, il fallait qu’il restât sur l’affaire.

- Je ne voulais pas dire que vous ne faisiez rien, mais mes parents vont arriver et j’ai envie de leur couper l’herbe sous le pied. Parce que s’il y a des places à prendre, ce serait une catastrophe qu’ils s’y immiscent ! Vous comprenez ?

- Pas vraiment. Pourquoi vos parents seraient-ils un désastre pour leurs petites-filles ?

- Ils n’admettront jamais qu’Alice et Victoria soient élevées avec les filles Bonnel, ils exigeront le retour en Angleterre pour pouvoir avoir un œil dessus et ils demanderont d’en être les tuteurs.

- Ah d’accord, c’est évidemment à éviter, répondit le notaire.

Le majordome entra dans la bibliothèque et, d’une petite inclinaison, il signala que le repas était servi.

- Avez-vous soupé ? reprit-elle.

Il écarta les sourcils et, sans réfléchir, il avoua qu’il était en route depuis le matin sans avoir pris le temps d’avaler une soupe, mais il était loin d’être l’heure du souper.

- Il est déjà six heures du soir ! dit-elle, en ouvrant la porte de la salle à manger. En Angleterre, nous soupons toujours tôt ; c’est nettement meilleur pour la digestion. Nous continuerons cette conversation après le repas.

Une table était dressée, nous, les enfants, attendions calmement derrière notre chaise. Olivier Chandelon en sourit doucement.

- Pourquoi riez-vous ? demanda Dorothy.

- Arrivez-vous de temps en temps à ne pas décider pour les autres ?

Dorothy fronça les sourcils. Elle fut légèrement contrariée d’être démasquée. Olivier Chandelon aperçut son agacement, il en fut confus. Il ne désirait pas la blesser. Même si elle l’énervait par moment, il aimait trop ses yeux azur, son petit menton pointu, son teint pâle et sa chevelure acajou. Quelques minutes plus tôt, il la maudissait, encore, de le traiter comme un valet ; maintenant, il s’en voulait de l’avoir importunée. Mais pourquoi n’arrivait-il pas à se défaire de son charme ?

- Excusez-moi, Comtesse, bredouilla-t-il, rouge écrevisse. Je ne voulais pas vous froisser.

- Appelez-moi Dorothy, voulez-vous ! dit-elle en balayant l’air de la main. Nous devrons nous serrer les coudes et j’en ai assez de Comtesse ceci, madame la comtesse cela...

- Merci, vous me faites trop d’honneur...

- Que cela reste entre nous, n’est-ce pas, dès que nous serons en public, il ne faut pas qu’on nous sache si proches, cela nuirait à votre réputation.

Cela le fit sourire à nouveau. Elle ne se souciait pas de sa réputation, mais de celle du notaire. Heureusement, d’ailleurs, qu’elle ne s’en préoccupait guère, car elle était déplorable. La pauvre veuve avait été longuement traînée dans la boue pour n’avoir pas accepté une des nombreuses propositions de mariage. Il n’est pas bon être femme et vouloir être libre. Par contre, cela avait forcé l’admiration de Chandelon. Il l’avait suffisamment côtoyée pour la savoir respectable. Il contempla son dos alors qu’elle se dirigeait d’un pas tranquille vers la table. Son allure était calme et déterminée : le dos droit, la poitrine rebondie et les hanches solides. Sa robe était simple et élégante. Il resta quelques instants à l’admirer. D’un mouvement souple, elle fit volte-face et l’invita à s’asseoir. Il s’y précipita et il se prit le pied dans le tapis.

Nous pouffâmes. Dorothy eut envie d’éclater de rire, mais elle se retint à temps en observant la mine du pauvre homme. Elle fronça les sourcils à notre adresse et nous ravalâmes notre hilarité avec un peu moins d’aisance que notre mère. Olivier se releva, épousseta son pantalon et il remit sa montre dans son gousset. Elle pencha délicatement la tête et elle dit simplement :

- Excusez les tapis anglais, ils ont le talent de se placer devant les pieds des visiteurs.

Ils s’assirent et d’un petit geste discret Dorothy fit signe à son majordome de servir. Celui-ci s’avança, il présenta une purée de pommes de terre avec quelques légumes du jardin et une tranche de rosbif. Le tout arrosé d’une sauce anglaise aigre-douce et légèrement piquante. Dorothy s’en délectait tandis qu’Olivier raclait délicatement et discrètement le nappage de la viande et mangeait la purée en commençant par les endroits où la sauce n’avait pas fait de ravage.

Ils échangeaient quelques gentils propos, Olivier but un peu trop de vin pour faire passer le goût de la sauce. Cela le désinhiba légèrement. Il expliqua à son hôte comment le Rhône et les pluies ont un rôle majeur dans les inondations des crues de la Durance. Dorothy l’écoutait, elle aimait sa voix extrêmement grave, son accent, sa culture, et, peut-être même, ses maladresses. Elle ne comprenait pas comment le Rhône qui était en aval pouvait avoir un impact dans les débordements d’une rivière en amont. Il se leva et prit le plat de purée où, à l’aide d’une cuillère, il façonna le lit du cours d’eau. Cela nous amusa énormément, nous n’imaginions pas qu’on puisse jouer avec de la nourriture. Dorothy participa en la reproduction de la crue en prenant la saucière pour en faire la Durance. Elle la fit couler doucement sur la purée. Il se raidit et lui retira la saucière des mains.

- Oh non ! plus la sauce, vous allez gâcher toute la purée !

Dorothy éclata de rire.

- C’est si dur de manger chez les Anglais ? dit-elle, en penchant délicatement la tête.

Olivier avait trop bu, il le sentit, cela lui donna des ailes. Il lui prit main et murmura :

- Un vrai supplice. Avouez que vous avez mis exprès le tapis sur mes pieds et que vous avez choisi le seul menu qu’un Comtadin ne puisse avaler sans grimacer.

Dorothy émit un rire cristallin qui l’enivra davantage. D’un léger mouvement, elle retira sa main et se rassit, rouge pivoine.

- Allez les filles, au lit !

Alice et moi, nous obéîmes immédiatement, nous fîmes une révérence au notaire et nous nous dirigeâmes vers la porte, tandis que nos deux plus jeunes se poussaient légèrement du coude. Violette prit la parole et demanda :

- S’il vous plaît, monsieur le notaire, pourriez-vous nous raconter une histoire ?

- Violette ! intervint directement Dorothy.

Olivier Chandelon sourit. Il fit un geste apaisant vis-à-vis de Dorothy en s’essuyant la bouche et nous suivit.

Dorothy resta seule au salon. Elle se remémorait les mains sur ses hanches, elle s’avoua que l’émotion était encore là. Elle paniqua un peu. La main dans sa main lui avait créé une émotion qu’elle voulait à tout prix ignorer mais qui lui revenait sans cesse jusqu’au bout des doigts.

Mais que faisait-il donc ? Son histoire traînait, le livre d’images devait être terminé depuis longtemps. Elle n’aimait pas attendre. Légèrement énervée, elle monta dans notre chambre.

Dans la pénombre, Dorothy nous vit toutes assises dans notre lit, la tête tournée vers le sol. Olivier était couché sur le ventre. Alice lui fit signe de se taire et de venir s’installer sur son édredon. Dorothy sourit et obtempéra. Olivier continua son récit, sans s’apercevoir que son public s’était agrandi :

- « Couché dans la savane, Le père Jean fixait le lion. Où était donc son fusil ? Il se maudissait de s’être endormi sans y prendre garde. Le lion humait l’air, il ne semblait pas avoir senti l’humain. Le père Jean tâtonna autour de lui espérant sentir la crosse du fusil. À défaut, il attrapa un bâton, pour se défendre si le fauve attaquait. Hélas, le bâton se mit à bouger, c’était un serpent ! Il se redressa d’un bond, la tête du serpent était à vingt centimètres de la sienne. Le lion remarqua l’homme et se mit à rugir. »

Olivier s’était redressé, il tenait en main un manche de balai qu’il regardait avec horreur.

- Au loin, Adrien ajustait son fusil, hésitant un bref instant entre le serpent et le lion. Le félin s’accroupit pour prendre son élan. Adrien visa le reptile et le toucha en pleine tête.

Le père Jean lâcha le boa et se concentra sur le fauve. Il n’y avait qu’une solution : courir le plus vite possible vers Adrien. Le lion s’élança à sa poursuite. Père Jean regretta amèrement de s’être goinfré de purée pleine de sauce anglaise, il n’arrivait pas à aller bien vite. »

Quelques rires fusèrent sans qu’Olivier n’y prît garde, il continua :

- « Mon Dieu, dit père Jean en courant, faites que ce lion ait une pensée chrétienne ! » Le lion s’arrêta net. Il se mit à genou ( Olivier aussi ) et dit :

- Seigneur, bénissez le repas que je vais manger »

Nous nous esclaffâmes, Dorothy en rit aussi. Olivier continua dans sa lancée :

- Le lion prit son élan et PAN ! Adrien l’avait tué.

Olivier s’effondra sur le lit d’Alice, presque sur les genoux de Dorothy. Il lui fit un léger clin d’œil et il se redressa promptement.

- Et voilà, c’est fini !

- Oh non, encore !

- Impossible, la prochaine lettre d’Adrien n’arrivera que dans un mois !

- Est-ce vrai que le lion a fait une prière ? demanda Violette.

- Non, c’est un peu exagéré.

- Il existe vraiment, Adrien ?

- Oh oui, c’est un très grand ami ! Il est parti en Afrique et quand il reviendra, je le prierai de passer par ici pour vous raconter ses exploits !

- Maintenant, on dort ! dit Dorothy en fermant la porte sur Olivier.

Olivier et Dorothy retournèrent au salon. Sur une table roulante, James avait préparé deux assiettes à dessert, un muscat de Beaumes-de-Venise et un gateau qui sommeillait sous une cloche en verre. Le majordome attendit qu’ils fussent assis autour d’une petite table ronde pour servir un morceau de gâteau qu’il arrosa de crème anglaise. Un sourcil relevé, Olivier analysa la pâtisserie, il se demanda si elle serait aussi redoutable que la sauce anglaise. Dorothy le remarqua et s’en amusa. Toutefois, elle en eut un peu pitié et déclara :

- Après votre magnifique performance auprès des filles, vous devez avoir soif !

Olivier sourit à son tour, leva son verre et dit :

- À Adrien !

Délicatement, Dorothy se coupa un morceau de cake qu’elle piqua sur sa fourchette. Elle se força à ne pas songer à l’effet que Chandelon lui faisait en la regardant ainsi, mais elle en était incapable. Elle ne pensait qu’à lui, qu’à ses yeux sur son profil, qu’à ses mains qu’il avait posées sur ses hanches à la fin du souper. Dans un grand élan de détermination, Elle se tourna vers lui et elle réaborda le but de la visite du notaire.

- Revenons aux enfants, imposa-t-elle. Voilà ce que nous ferons.

Cela fit sourire Chandelon. Dorothy s’en aperçut et s’arrêta net. Elle fronça les sourcils et dit d’un ton légèrement irrité :

- Pourquoi souriez-vous ?

- Parce que je me demandais quand vous alliez me dévoiler votre plan et c’est chose presque accomplie !

- Ce ne sont que des suggestions, s’en défendit Dorothy dont le teint se rosit imperceptiblement. Je désirais avoir votre avis.

- Mon avis ? Peut-être. Mon aval, surtout ! répliqua le notaire en ne la quittant pas des yeux. Parce que vous avez besoin de moi pour contrer le conseil de famille et d’en créer un nouveau ! Avouez que depuis que vous m’avez fait venir, vous saviez très bien où vous voulez me mener !

Dorothy était muette. Cela la contrariait terriblement d’être à ce point démasquée. Elle l’avait pris pour un gentil petit notaire qui ne lui mettrait pas de bâtons dans les roues. Elle se trouvait face à un homme moins indolent. Elle devrait composer et cela ne lui était plus arrivé depuis la mort du comte.

- Mais cela m’est égal, continua-t-il plus doucement ; j’ai, moi aussi, envie d’aider ces orphelins, j’entrerai volontiers dans votre jeu. D’autant plus que cela me permettra plusieurs visites à Caderousse et c’est pour moi, un grand bonheur que de vous voir, ajouta-t-il en recouvrant sa main de la sienne.

Dorothy fixa les mains rassemblées.

- « Soit, je lui laisse ma main et advienne que pourra, se dit-elle ; soit, je décide de ce que je deviens et je m’éloigne de cet homme qui est ma tentation incarnée. »

Dans un même mouvement, elle dégagea doucement sa main et se leva pour se planter devant la fenêtre. Elle regardait l’ombre de ses arbres qui se reflétait dans le bassin. Elle souffla deux ou trois fois pour se donner un peu de contenance. Feu le comte lui disait régulièrement qu’elle était trop émotive, que les femmes ne seraient jamais émotionnellement libres, c’était la raison pour laquelle les femmes ne seraient jamais les égales des hommes. Elle ne supportait pas que son mari parlât ainsi. Elle entrait inévitablement en colère, marquant par là le point au comte qui s’en gaussait ouvertement.

Olivier lui déposa doucement les mains sur les épaules. Elle en fut saisie, elle ne l’avait pas entendu s’approcher d’elle.

- Chut ! lui souffla-t-il dans l’oreille. Ne soyez pas belliqueuse. Nous avons le même objectif et, si je suis ici, c’est pour allier nos forces, non ?

- Certes !

Olivier descendit ses longs doigts sur ses hanches. Il l’obligea doucement à lui faire face.

- Alors, où est le problème ?

- « Le problème ? pensa-t-elle, c’est que je ne suis pas émotionnellement libre ! »

Elle se sentit un peu perdue. Imperceptiblement, Olivier la rapprochait de lui. Elle se cambra légèrement, son ventre frôla celui d’Olivier. Il se pencha et l’embrassa délicatement une première fois du bout des lèvres.

- Dorothy, murmura-t-il, je n’aime pas la sauce anglaise, les tapis anglais, le thé anglais, mais de vous, je suis fou !

- Même le thé ? dit-elle surprise en souriant.

- Même le thé ! lui souffla-t-il en l’embrassant à nouveau.

Dorothy arrivait à peine à refaire surface. Elle se laissa faire et répondit quelques secondes avant de se raidir et de se dégager de son emprise. Elle se dirigea d’un pas un peu précipité vers la table et les gâteaux. Olivier fut décontenancé. Il se sentit honteux d’avoir été trop loin. Il bredouilla une excuse que Dorothy balaya d’une main agacée.

- Taisez-vous ! Je vous préfère en train de jouer avec la purée, ou à faire le guignol auprès des filles qu’à vous aplatir en excuses stupides ! Je ne me suis pas débattue, il me semble, et nous sommes tous les deux adultes. J’ai juste besoin de temps. Venez goûter de ce cake afin de savoir si même les pâtisseries anglaises vous déplaisent.

Olivier obéit. Dorothy piqua un morceau de gâteau sur sa fourchette et le lui présenta. Il le mangea docilement.

- Alors, qu’en pensez-vous ? Est-ce aussi terrible que la sauce anglaise ?

- C’est très parfumé ! répondit-il. C’est quoi ce léger piquant ?

- Du gingembre.

- Je n’en avais jamais goûté. Je m’y habituerais plus facilement que le nappage du rosbif.

Elle le regarda la mine tendrement ironique, il en rougit. Il toussota, prit une gorgée de muscat et il dit :

- Reprenons, voulez-vous ? J’ai une longue route devant moi et la nuit est déjà tombée.

- Une chambre vous attend, répondit-elle simplement.

Olivier éclata de rire. Dorothy en fut vexée.

- En quoi vous prévoir une chambre est-il un acte risible ? lui demanda-t-elle. C’est normal que je vous en fasse préparer une, à partir du moment où vous avez deux heures de route devant vous !

- Et si je ne voulais pas de cette chambre ?

- Mais ce serait de la pure folie, il est bien trop tard ! répliqua-t-elle. De plus, votre cheval est à l’écurie et mon palefrenier dort !

Olivier se leva, lui prit doucement les mains et la força à se lever. Il laissa son regard pénétrer dans celui de Dorothy.

- Puisque je n’ai pas le choix, je resterai, mais pas dans cette chambre.

- Et où iriez-vous si vous refusez cette hospitalité ? Ne faites pas tant de manières, vous ne trouverez pas d’auberge à cette heure !

Olivier déposa délicatement les mains sur ses hanches. Il lui chuchota :

- Je veux la vôtre. Montrez-moi votre chambre, Comtesse. Je veux vos draps, votre odeur, votre corps contre moi. Guidez-moi dans les couloirs de votre demeure...

- Mais vous êtes fou ? Et, et, bredouilla-t-elle, et le conseil de famille ?

- Oh oui ! fou de vous, je vous l’ai déjà dit. C’est promis, je vous aiderai à constituer ce drôle de conseil de famille. Mais j’ai trop bu. Je n’ai plus l’esprit très clair. Allons-y !

- Olivier ! non ! souffla-t-elle, dans un dernier sursaut de dignité. C’est bien trop tôt. Je ne peux pas me défaire de mon premier amour.

Olivier recula d’un pas. Il s’inclina d’un petit mouvement de tête et murmura :

- Je suis désolé, je ne sais pas ce qu’il me prend ; en aucun cas, je ne voulais pas vous brusquer. Il est plus sage que je parte ce soir.

- N’y pensez plus ! c’est à moi de vous présenter mes excuses. J’aurais dû être plus autoritaire.

Le notaire sourit dans sa barbichette. Il n’y avait pas plus directive que cette petite boule de feu. Il s’inclina murmura un bonsoir et se retira. James lui montra sa chambre, elle était en face de celle de Dorothy.

Dorothy se coucha avec une pointe de regret au creux du ventre, mais également un soupçon de fierté dans un coin de sa tête. Elle avait tenu bon, sa réputation n’en serait pas tâchée et pourtant, qui aurait pu moucharder si elle avait accepté de partager son lit avec le notaire. Le regret l’emporta sur la fierté, elle imagina entrer dans la chambre d’en face, mais sa bonne éducation l’en abstint malgré tout. Elle se tourna dans ses draps mille fois avant de trouver le sommeil.

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