La non-demande en mariage
Quand les lords Angel, les parents de Dorothy arrivèrent avec son frère aîné, Harry, nos conseils de famille n’avaient pas encore été reconstitués. Olivier attendait pour le faire que Alponse Bonnel lâchât la partie ; ce qui fut loin d’être gagné.
Les parents de Dorothy voulaient que leur fille retourne en Angleterre avec Alice et Victoria. Il n’était pas convenable, pour eux, qu’elle demeurât dans ce château loin des siens. Ils furent très surpris d’apprendre que Dorothy nous avait recueillies, Violette et moi. Ils lui firent fraîchement remarquer qu’il était totalement irresponsable d’accueillir deux orphelines alors qu’elle était seule à gérer la maison.
Ils voulurent nous chasser et ordonnèrent au palefrenier de nous reconduire à la bastide. Le garçon d’écurie en était tellement étonné qu’il demanda l’avis à Dorothy et celle-ci entra dans une colère qui fit trembler tous les murs du château. Mais les parents ne s’avouèrent pas vaincus, s’ils baissèrent le pavillon devant elle, ils nous menèrent la vie dure. Dès qu’ils nous apercevaient dans un couloir, ils nous congédiaient aux cuisines en nous sermonnant vertement, de jouer avec leurs petites-filles. Ils nous menaçaient, si nous n’obéissions pas, de nous renvoyer par la première diligence. Nous savions que ces menaces étaient vaines et un jour, je le fis remarquer à Harry :
- Ce n’est même pas vrai, mamy m’a promis que je resterai ici jusqu’à ce que je sois grande et que je décide moi-même de partir pour vivre ma vie.
- Et si c’était maintenant ? me répondit-il.
Je haussai les épaules et lui tournai le dos pour continuer mon chemin. Il m’attrapa par la taille, me souleva et m’emmena dans sa chambre où il me donna quelques coups de ceinture. Quand enfin il me lâcha, et avant qu’il m’ouvrît la porte, il me menaça :
- Eh bien, tu vois, petite effrontée, si je te croise encore en dehors de la cuisine, je n’hésiterai pas à recommencer. Est-ce clair ?
J’avais le visage baigné de larmes, mais je me refusais de lui parler. Il me gifla encore une fois et répéta sa question :
- Est-ce clair ? Réponds !
- Oui, murmurai-je complètement anéantie.
- Et pas un mot de ceci, à la Comtesse ! imposa-t-il en me tapant sur la tête.
Dorothy n’eut pas vent de la scène directement. J’en avais honte et je ne le dis à personne. Mais lorsqu’elle s’aperçut que nous ne quittions plus la cuisine parce qu’on nous en avait donné l’ordre, elle se douta que ce commandement ne s’était pas fait sans menace. Lors du thé de quatre heures, elle nous asticota Violette et moi pour savoir qu’elle avait été l’intimidation. Violette avoua la première à avoir reçu quelques coups de canne. Je la regardai et regrettai n’avoir pas dévoilé les miens, peut-être aurais-je évité ceux de ma benjamine. Toujours est-il que lorsque Dorothy en eut la preuve, les veines de ses tempes s’étaient gonflées de fureur.
Incapable d’être partout à la fois, elle obligea Alice et Victoria à rester aux cuisines avec nous. Nos deux sœurs s’exécutèrent sans peine, elles étaient aussi choquées que Dorothy. La situation s’envenimait de jour en jour et les lords ne semblaient pas prêts à rentrer en Angleterre sans avoir eu gain de cause. Ils appelèrent leur notaire à la rescousse. Celui-ci arriva accompagné de son clerc, un certain Arnold Davidson.
Sir Davidson était un beau jeune homme, blond comme les blés et doux comme un agneau. Il avait de longs favoris qui allongeaient sa tête harmonieusement. Il aimait la chasse, le cheval et la nature. C’était un grand ami du frère de Dorothy. Il connaissait donc la châtelaine pour l’avoir rencontrée plusieurs fois avant qu’elle ne quittât l’Angleterre. Le sir était droit, gentil, prévenant. Il était fasciné par les roses de Dorothy et il s’extasiait sur ses dons qui rendaient le parc féérique. Il lui avait donné quelques conseils parce qu’il était également féru de jardinage et avait longuement entretenu l’organisation du jardin d’un lord très en vue à Londres. Ils firent plusieurs fois le tour de la propriété de Dorothy et il lui indiqua très judicieusement quelques travaux à effectuer.
Les promenades avec sir Davidson lui permettaient de prendre une bouffée d’air, sans ses parents qui l’exaspéreraient de plus en plus. Ainsi, Dorothy écoutait l’Anglais avec une attention mitigée. S’il était vrai que ces roses étaient magnifiques, elle ne se préoccupait pas vraiment des petits bricolages qui redonneraient à son parc un aspect moins lépreux. Elle aimait ce côté faussement abandonné, cela donnait une touche de romantisme.
Encouragé par ces balades, le jeune clerc entama une cour discrète à Dorothy. Celle-ci, loin de répondre à ses sentiments, n’avait pas remarqué les ronds de jambe qu’il effectuait. Cependant, les Anglais voyaient une idylle naître avec une pointe de soulagement. Cela rendit l’ambiance du château plus supportable.
Au fur et à mesure que les jours passaient, Dorothy se lassa de ce notaire anglais. Il était bavard, extrêmement soûlant. Pour finir, la châtelaine s’interrogeait sur la plaie la plus tolérable, ses parents et leurs remontrances perpétuelles ou ce cancanage incessant. Elle espérait surtout que tout ce beau monde rejoignît leur terre natale, mais ils semblaient tous avoir pris racine.
Ce jour-là, Sir Davidson l’emmena aux confins de son parc, sur un petit belvédère baroque qui surplombait le Rhône. Un kiosque envahi par lierre et pois de senteur ajoutait la note romantique au lieu, il se prêtait parfaitement à ce que Davidson s’apprêtait à lui demander. Il l’avait repéré la veille, en refaisant le tour du domaine seul, afin de choisir l’endroit le plus idyllique pour sa proposition. Une fois sur place, Dorothy comprit qu’il allait en venir à une demande en mariage ; elle en fut désolée. Elle chercha rapidement comment l’en dissuader sans le froisser. Son unique solution était qu’il ne sollicite rien.
- Dorothy, commença-t-il. Je vous ai emmené ici, parce que ...
- Je sais ce que vous allez dire ! le coupa-t-elle. Cet endroit est terriblement dangereux pour mes enfants, n’est-ce pas ?
- Heu, sûrement, mais ce n’est pas mon propos, bredouilla-t-il.
- Rassurez-vous, je leur ai interdit de jouer de ce côté.
- Je crois qu’il vous faut un homme pour entretenir votre parc et prendre soin de vos filles... et je me proposais....
- Vous êtes charmant, sir ! Ne vous inquiétez pas, je prierai mon jardinier d’effectuer les quelques travaux, que suggérez-vous ?
Sir Davidson qui avait presque un genou au sol soupira. Il se redressa et il observa le lieu en s’appuyant contre la balustrade. Celle-ci émit un petit grincement sinistre et manqua de céder sous le poids du clerc. Il perdit l’équilibre et Dorothy le rattrapa juste à temps avant qu’il ne s’étalât à ses pieds. L’homme jeta un œil vers le Rhône et devint vert, complètement choqué par sa mésaventure.
- Mon Dieu, souffla-t-il, j’aurais pu me briser les os ou me noyer dans le fleuve ! Comment pouvez-vous laisser un endroit dans une telle désolation ? lui reprocha-t-il. Il est vraiment grand temps que je m’occupe de tout cela.
- Ne vous inquiétez pas, ce lieu est totalement proscrit à quiconque, j’aurais dû vous prévenir. Vous êtes bien pâlot. Venez, nous allons rentrer, vous boirez un whisky et cela vous passera.
Elle le soutint par le bras, en le menant de force au château. Trop choqué pour parler, Davidson se laissa guider en maugréant quelques propos inintelligibles. Dorothy avait envie d’éclater de rire, il n’avait pas été vraiment en danger, contrairement à ce qu’il pensait. Cependant, elle se dit qu’il était grand temps de sécuriser le belvédère, car même s’il était interdit aux enfants, celles-ci pourraient s’y retrouver entraînées dans un de leur jeu, d’autant plus que le petit kiosque à côté prêtait à de nombreux amusements pour les fillettes.
De retour au château, les parents lançaient quelques regards appuyés espérant apprendre la bonne nouvelle. Il n’en fut rien, cela les désola et monta la nervosité d’un cran. Arnold Davidson ne s’en sentit pas vaincu. Il demanda à Dorothy de lui faire découvrir le lieu qu’elle préférait dans les alentours. Dorothy se prêta au jeu, avec une pointe de réticence, elle savait d’avance que dès qu’ils y poseraient un pied, il poserait un genou au sol. Il faisait très chaud, nous étions au milieu du mois d’août. Elle avait remarqué que Davidson ne supportait pas vraiment la chaleur. D’une manière relativement machiavélique, elle choisit les dentelles de Montmirail : une longue chevauchée de deux heures et demie sous le soleil de plomb le rendrait peut-être moins entreprenant.
En effet, il suait des litres entiers, ce qui incommoda le jeune clerc outre mesure. Son humeur vira au sombre et sa demande se dissipa dans son esprit, d’autant plus qu’il ne voulait pas la lui faire en nage.
Dorothy, par contre, ne semblait pas du tout accablée par le climat. Elle regardait les dentelles avec un sourire distrait, jubilant intérieurement de son coup. Davidson ne s’était pas pour autant tu. Il entretenait sa grisaille en déblatérant des horreurs sur les dégâts du soleil et de la sécheresse.
Dorothy ne l’écoutait pas. Elle parcourait le paysage des yeux en se disant que l’Angleterre était bien loin et que c’était tant mieux. Elle se rendit compte à ce moment-là qu’elle n’était plus anglaise, mais comtadine, elle avait épousé le pays en même temps que son feu mari, il y a huit ans déjà. Elle eut un œil attendri pour ces dentelles de rochers qui se dressaient telle une mâchoire vers le ciel. Une mâchoire... mais où était donc la seconde mâchoire qui pourrait être celle d’un monstre géant qui engloutirait ce bavard éternel ? Elle vit deux alpinistes qui redescendaient la roche en devisant en provençal.
Elle imagina une petite histoire fantastique qu’elle nous raconterait, le soir. Depuis qu’Olivier racontait les histoires d’Adrien, nous ne voulions plus de livres d’images. Dorothy s’était mise à lire un chapitre d’un roman qu’elle avait aimé, mais elle n’arrivait jamais à lire le livre en entier, car lorsque nous étions passionnées par l’aventure, nous le lisions entre nous, les jours suivants. À défaut de livre, elle racontait des histoires fantastiques qu’elle inventait sur place.
Elle imagina l’histoire d’une fillette (elle prenait un malin plaisir à ce que ses protagonistes soient du sexe faible) qui aurait un perroquet bavard qui lui servait de compagnon. Celui-ci se ferait avaler par les mâchoires. Le perroquet serait rouge aux yeux globuleux avec une crête orange... Son perroquet la fit sourire un peu méchamment : c’était une belle description de ce clerc brûlé par le soleil.
- Vous êtes ravissante quand vous souriez... lui déclara Sir Davidson au milieu de ses ronchonnements.
Dorothy en fut surprise. Allait-il quand même lui faire sa proposition ? Elle le redouta un moment.
- Et quand je ne souris pas ? répondit-elle, sur un ton badin.
- Bien entendu, vous êtes aussi très belle ! répondit-il en rougissant si tant est que ce fût possible. Mais un sourire vous adoucit. Savez-vous que nous utilisons soixante muscles pour sourire alors que pour exprimer une colère ou un air contrarié on en utilise cent vingt ?
Et le voilà reparti sur un autre sujet et cancanait de plus belle. Cela rassura Dorothy. Il était tellement bavard, qu’il en oublierait de la demander en mariage. Il s’interrompit au milieu de son discours en disant :
- Oh ! nous avons de la visite, les alpinistes viennent nous saluer.
Dorothy se retourna et se trouva nez à nez avec Olivier Chandelon. Elle était assez gênée qu’il la rencontre seule avec un homme. Cela pouvait prêter à confusion, même si dans son esprit, les choses étaient très claires.
- Oliv... Maître Chandelon ! se reprit-elle. Je ne vous avais pas reconnu dans cet accoutrement !
- Pour ma part, en dentelle ou nonnette, je vous repérerais à un kilomètre à la ronde ! répliqua-t-il en lui prenant délicatement la main.
Dorothy leva un sourcil mi-rieur mi-choqué. On ne parle pas de cette manière à une comtesse ! ce faisant, il dévoilait quelque peu son degré d’intimité avec elle. Son compagnon de cordée le regardait avec une stupeur non dissimulée. Il fronça les sourcils, se demandant manifestement s’il avait perdu la tête. Pour sa part, Davidson ne réagit pas, il ne comprenait pas un mot de français. Olivier ne parut pas exagérément ennuyé par sa familiarité, mais il capta aisément que son coéquipier en fût surpris. Il enchaîna rapidement afin de rompre le malaise :
- J’espérais redescendre assez rapidement pour vous présenter mes hommages. Connaissez-vous mon compagnon de cordée, Bertrand Champonoit.
- Bien sûr ! Avez-vous retrouvé votre travail auprès des Bonnel ?
- Non, pas pour l’instant. Cependant, Maître Chandelon m’emploie à l’étude pour borner les parcelles.
Sir Arnold Davidson toussota ; il n’avait pas encore été présenté. Il avait observé l’attitude de Dorothy et de ces alpinistes, il y avait quelque chose de plus intime que ce salut qu’il qualifia d’outrageusement familier : l’homme avait prolongé le baiser sur la main de Dorothy, puis il avait gardé la main, pour en caresser doucement chaque phalange, tout en fixant Dorothy les yeux rieurs.
Dorothy se tourna vers lui, elle fit les présentations en anglais et en français.
- Appréciez-vous notre pays ? demanda poliment le notaire qui avait lâché avec regret la main de la jeune femme.
- Ne vous fatiguez pas, répliqua Dorothy, il ne comprend pas un mot de français !
Cependant, pour faire bonne figure, elle traduisit la question à sir Davidson qui piétinait à l’idée d’être exclu de la conversation. Davidson répondit en anglais par une longue tirade sur le pays et sur le magnifique paysage qui se dessinait devant lui. Il glissa dans son discours que Dorothy était une guide extraordinaire, et qu’elle le serait ainsi toute sa vie durant. Relativement ahurie par son propos, Dorothy le fixa d’un regard quelque peu courroucé.
- Je ne serai jamais votre guide ! mon pauvre ami, lui souffla-t-elle en anglais.
Elle était ravie qu’Olivier ne puisse pas le comprendre. Celui-ci leva un sourcil, tandis que Bertrand ne regardait que la bouche dont il sortait des sons qui n’avait aucune cohérence dans son esprit. Dorothy traduisit en tournant la main vers la ciel :
- Il adore.
Olivier éclata de rire.
- Vous nous faites un résumé très concis des chevauchées qu’il fait avec vous, pour que vous lui fassiez découvrir la beauté du paysage, les vignes, le vin et... je n’ai pas compris quelle autre spécialité vous lui avez fait découvrir.
- Les calissons d’Aix, c’était en français ! mais dites-moi vous ne m’aviez pas dit que vous parliez anglais !
- Surprise ! dit-il en anglais.
- Il va falloir, alors, m’expliquer pourquoi vous m’avez fait traduire certains papiers !
- Not yet ! glissa-t-il de manière légèrement autoritaire.
Dorothy fronça les sourcils, mais elle ne put réagir, car Olivier entama une conversation directement avec son homologue anglais. D’une manière très familière, il le prit par l’épaule et l’entraîna un peu plus loin, plantant Dorothy avec Bertrand au milieu du chemin.
- Je vous signale, lui cria Dorothy en français, que c’est le clerc du notaire de la reine Victoria et qu’il ne doit pas apprécier vos familiarités !
Olivier se retourna, lui adressa un petit sourire taquin, agrémenté d’un clin d’œil. Il reprit l’épaule du clerc et il continua son chemin. Bertrand avait enlevé sa casquette ; il n’osait pas regarder Dorothy. Autant que Dorothy, il maudissait Olivier de les avoir obligés à ce tête-à-tête. Dorothy finit par entamer la conversation :
- Je suis heureuse pour vous que Monsieur le Notaire vous ait embauché. J’ai tenté de rectifier la situation auprès des Bonnel, mais je m’y suis pris bien trop tard. J’en suis désolée, je ne savais pas que j’étais la seule à détenir la lettre qui donnait les dernières volontés des parents Bonnel.
- Ne vous excusez pas madame la comtesse. J’adore ce boulot, même s’il n’est que provisoire.
- Provisoire ?
- Maître Chandelon ne peut m’engager que pour des travaux bien définis. Je ne peux pas borner toute la région, mais cela me permet de vivre pour l’instant. Je lui en suis reconnaissant.
- Vous êtes son compagnon de cordée depuis longtemps ?
- Oh oui ! Nous avons usé nos culottes sur le même banc à l’école et nous parcourions déjà le pays en escaladant le moindre caillou !
Dorothy tiqua. Elle se demanda soudain, si le contremaître ne lui avait pas écrit sous les conseils du notaire. Elle s’apprêta à le lui demander, mais Olivier revint avec Davidson. Il avait les yeux encore plus rieurs, presque moqueurs, tandis que Davidson avait une démarche joyeuse. On le sentait ragaillardi par ce qu’il venait d’apprendre. Dorothy n’aimait pas du tout leur attitude. Cela cachait quelque chose dont elle était l’objet. Cela la mit de mauvaise humeur. Davidson était déjà près de son cheval, sonnant par là l’heure du départ. Cela agaça également Dorothy qui voulait en savoir plus. Il fit un faux mouvement qui entraîna un écart du cheval. Celui-ci rua et Davidson tomba. Bertrand vint au secours de Davidson. Dorothy, loin de s’en préoccuper, regarda son notaire d’un air sévère.
- Que lui avez-vous dit pour qu’il soit tellement heureux ? Il ne se plaint même pas d’être tombé de cheval alors qu’il n’arrête pas de geindre à la moindre occasion.
- Je l'ai informé de quelques lois françaises...
- C’est-à-dire ?
- Je n’en ai pas vraiment le temps. Venez, je voudrais vous montrer un refuge possible, dit-il en la prenant par le bras. Voyez-vous, entre ces rochers, un petit trou cache ce qu’on appelle la chambre du Turc. Si tout ça tourne mal, vous pourriez vous y réfugier.
Elle se tourna vers lui en fronçant les sourcils.
- Quel est le rapport entre la chambre du Turc et ce cher Davidson ?
- Eh bien, il va vous demander en mariage !
- Ça, je l’avais deviné, mais il sera éconduit aussi rapidement.
Olivier sourit. Il avait envie de l’embrasser, mais il se retint. De loin, il voyait Davidson qui se frottait le pantalon énergiquement en lançant çà et là quelques œillades dans leur direction.
- Je l’espère, murmura-t-il. Je lui ai dit que j’allais essayer de préparer le terrain. Vous allez voir vous ne serez pas déçue.
- Eh bien, j’attends de voir, car, pour l’instant, il m’assomme.
Olivier rit.
- Ça ne m’étonne pas. Mais je crois que ce soir, il vous laissera tranquille, il devra s’occuper de soigner ses coups de soleil !
Dorothy rit à son tour. Olivier la dévisagea avec une pointe d’angoisse.
- Si cela tourne mal, pourrai-je vous protéger ?
- Arrêtez de vous tourmenter pour moi, Olivier ! répliqua-t-elle. Ce n’est qu’un bavard sans grande envergure !
- Certes, cependant, il est loin d’être le seul à vouloir vous emmener en Angleterre. Méfiez-vous, votre famille est prête à vous y obliger.

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