la correction de Davidson
Renaud revint le lendemain avec un petit coffret contenant un sécateur et quelques petites boîtes et tubes. Dès qu’il déploya ses fioles, sœur Marie-Hyacinthe, notre préceptrice, nous emmena près de lui pour que nous observassions sa méthode de travail. Dorothy nous suivit avec plaisir, laissant Davidson seul dans le château. Celui-ci ne voulait plus sortir avant dix-sept heures depuis la chevauchée qu’il avait fait avec Dorothy dans les Dentelles de Montmirail. Cette promenade mémorable lui avait brûlé la peau au point d’avoir des ampoules au visage. Encore maintenant, on voyait quelques cicatrices dont nous nous gaussions entre filles.
Renaud nous expliqua, avec beaucoup de plaisir, son travail et ses observations même s’il ne comprenait pas la cause de l’état des roses. Il nous permit de faire quelques expériences en nous demandant de mettre quelques pétales dans les tubes. Il ajoutait ensuite une ou deux gouttes d’un produit et le secouait pour observer les conséquences.
Nous restâmes une bonne heure avec lui, puis nous nous égayâmes dans le parc. Renaud et Dorothy se retrouvèrent seuls et continuèrent à deviser encore longtemps. Ils étaient tous les deux passionnés par les roses, sa compagnie était tellement plus agréable que celle de Davidson qu’elle prenait un réel plaisir à prolonger ce moment de grâce.
À dix-sept heures précises, Davidson sortit du château et vint à leur rencontre.
- Oh, il est de retour ! dit Dorothy en le voyant arriver. Mon Dieu qu’il m’ennuie ! J’espérais secrètement que le soleil serait encore trop chaud pour lui.
- Qui est-ce ? demanda d’une manière un peu familière Renaud.
- Un Anglais absolument ennuyeux et carrément désobligeant qui voudrait me marier, répondit-elle tout de go.
Amusé et intrigué, Renaud écarquilla les yeux en la dévisageant un instant. Dorothy lui sourit et dit :
- Voyez-vous, j’ai suffisamment d’argent pour ne pas dépendre d’un homme et trop d’argent pour ne pas intéresser de petits prétentieux de la sorte.
Renaud rit de bon cœur.
- Vous comptez rester veuve toute votre vie ?
- Je n’en sais rien. Je n’ai pas encore trouvé d’homme qui soit assez désintéressé pour me laisser libre de gérer mon patrimoine comme je l’entends. Je n’épouserai pas cet homme, ça, je vous le jure !
Renaud la dévisagea longtemps. Il hésita puis lui demanda :
- Puis-je vous poser une question ?
- Je vous en prie.
- Auriez-vous accepté le prix de mon père si cela avait été 7 000 francs pour l’ensemble des terres ?
Dorothy sourit, malicieuse.
- Certes non ! Je m’étais renseignée sur le prix des terrains qui jouxtaient celui que je vous vends. Le prix était de 5000 l’hectare. Puisque nous sommes à un moment de vérité, à votre avis, est-ce parce que je suis une femme ou parce que je suis anglaise que votre père a osé un prix pareil ?
- Vous cumulez, en effet. Sans doute un peu des deux, il a aussi été encouragé par les deux autres propositions.
- Je n’en doute pas ! Dites-moi, vous avez dû vous faire taper sur les doigts d’avoir ouvert la bouche pour proposer un prix pareil !
Renaud rit et avoua :
- Si vous ne nous aviez pas promis les vignes de Chateauneuf, mon père m’aurait tué ! Vous êtes redoutable en affaire !
Dorothy rit joyeusement avec lui. Davidson arriva à leur hauteur. Dorothy fit de brèves présentations en français :
- Davidson, voici Renaud Dumaret, docteur et botaniste qui m’est envoyé par la providence car il tente de déterminer la cause de l’état famélique de mes roses. Monsieur Dumaret, je vous présente cet homme que je n’arriverai jamais à qualifier de manière plus élogieuse qu’« inutile et prétentieux », donc je m’en abstiendrai.
Renaud la fixa les yeux sortant de ses orbites. Dorothy ricana en ajoutant :
- Ne vous inquiétez pas, il ne comprend pas le français.
Renaud éclata d’un rire sonore qui raidit Davidson tout le long de son épine dorsale.
- En effet, vous n’êtes pas prête à lui passer l’anneau au doigt !
- Certes non ! d’ailleurs le mariage n’est pas fait pour moi.
Renaud la dévisagea quelques secondes avec bienveillance. Il hésitait à lui poser la question qui lui brûlait les lèvres, elle pencha la tête, comme pour l’encourager et il se lança :
- Un homme à vos côtés ne vous manque pas ? Vous êtes bien seule dans ce château.
Dorothy rougit. Elle aurait voulu s’exclamer un « oui » retentissant mais la bonne conduite l’empêchait de l’émettre. Renaud vit son malaise et s’apprêta à s’excuser mais Dorothy répondit avant cela :
- Je ne crois plus aux contes de fées. Je suis riche et c’est tant pis pour mon cœur. Je finirai par épouser un individu qui ne regardera que mon patrimoine, pour me protéger des autres mais tant que cela n’est pas nécessaire, je me laisse encore un temps de liberté.
Renaud hocha la tête longuement avant de prendre congé. Il promit de revenir dans quelques jours, quand il aurait pu étudier l’ensemble de ses observations.
- Encore un homme qui vous fait la cour, dit Davidson en regardant partir le Provençal.
- Mais non, il vient s’occuper de mes roses, je vous l’ai présenté de la sorte !
- Je vous ai vu rire avec lui et il se tenait bien trop près de vous pour être honnête.
Dorothy le toisa un instant.
- De quel droit vous vous permettez de juger la manière dont se comporte un homme à mon égard ?
- Mais Dorothy que va-t-on penser de vous ?
- Qui doit pensez quoi ? répliqua-t-elle une pointe de colère dans la voix. Vous me fatiguez, Davidson ! Je ne sais pas ce qu’il vous faut pour que vous le compreniez enfin. Maintenant, laissez-moi, c’est l’heure de mes filles !
Depuis qu’il nous avait chassé Violette et moi de nos places lors de sa précédente visite, Dorothy ne voulait pas qu’il y assistât. Il attendait dès lors que nous quittions nos places pour rejoindre Dorothy sous l’eucalyptus.
Nous reparlâmes de la visite de Renaud Dumaret. Dorothy était sous le charme du docteur-botaniste. Elle avait aimé rire avec un homme sans que cela prête à confusion, sauf pour Davidson mais c’était une raison de plus pour apprécier le jeune homme. Elle nous parla avec enthousiasme de sa visite. Mes sœurs partirent et je m’attardai avec Dorothy.
- L’analyse de Monsieur Dumaret ne servira à rien, dis-je. Les roses sont tristes à cause du fantôme. Monsieur Dumaret ne doit pas entrer dans le château.
- Ah bon, pourquoi ?
- Parce qu’il risque un accident.
- Je ne comprends pas, demanda Dorothy doucement.
- Notre ennemi va croire qu’il s’agit de votre nouveau prétendant. Il risque d’être méchant avec lui. Il lui lancera une chaise sur la tête.
- Ah là ! vous voyez ? intervint Davidson triomphant. Je ne suis pas le seul à voir que ce monsieur est un prétendant. C’est quoi cette histoire de fantôme ?
Nous ne l’avions pas vu venir. Je mordis ma lèvre d’avoir parlé du fantôme devant lui. Dorothy leva les yeux au ciel, me fit un clin d’œil et répondit :
- Il y a un fantôme au château, vous ne l’aviez pas remarqué ? Il vous mange par le bout des orteils dès que vous vous couchez dans un lit.
- Seulement si vous voulez épouser Mamy ! ajoutai-je.
Davidson me toisa d’un regard sévère. Il était choqué que j’ose intervenir dans la conversation aussi franchement. Il claqua la langue, il n’émit aucune remarque de peur de se faire rabrouer par Dorothy mais je vis dans son regard que je ne perdais rien pour attendre. Je m’éclipsai directement.
Au repas du soir, Davidson parla des roses. Il savait pourquoi elles étaient dans cet état et demanda à Dorothy de le laisser s’en occuper.
- Et que feriez-vous donc ? dit-elle.
- Je les taillerais sévèrement.
- À cette époque ? Mon pauvre ami, vous venez de perdre une belle occasion de vous taire. Nous sommes en plein mois de juin, il est bien trop tard pour le faire.
- Certes, je le ferai en novembre.
- Ne me dites pas que vous comptez rester jusque là ! s’écria Dorothy spontanément. Cela deviendrait complètement obscène !
- Je croyais que vous ne vous souciez pas de votre réputation...
- Je ne me soucie pas de la mienne, répliqua-t-elle, mais de la vôtre. Ici, personne ne vous voit en ma compagnie et quand vous quitterez le château, personne ne pensera à mal. Tandis que vous, à Londres, on vous prendra pour un homme frivole et vous éprouverez beaucoup de difficulté à trouver une famille qui vous offrira leur fille sur un plateau d’argent !
Davidson plongea le nez dans son assiette. Nous pouffions à le voir si marri. Il nous lança un regard sévère plein de rancune. Sur l’heure, nous nous sentions invincibles.
Après le souper, il entra dans notre chambre, alors que nous venions d’éteindre notre chandelle. Il ferma la porte à clé et il me sortit du lit. Il interpella mes sœurs et moi-même en disant :
- Voici une petite prétentieuse qui mérite une correction.
- Qu’a-t-elle fait ? demanda Alice.
- Elle se mêle des affaires des grandes personnes. Elle a fait croire à sa protectrice, qu’elle risquait gros de se trouver un mari. Cela fait trop longtemps que je dois supporter vos sarcasmes à toutes les quatre. Il est temps que vous compreniez que lorsque j’aurai épousé votre mère ou votre tutrice, vous me devrez respect et obéissance.
Comme je commençais à me débattre, il m’attacha les poignets à un barreau de mon lit. Il me mit à plat ventre sur ses genoux et souleva ma chemise de nuit. Au premier coup de ceinture, mes sœurs se mirent à crier. Il s’interrompit et les menaça :
- À chaque cri, cette peste recevra un coup en plus. Je comptais lui donner dix coups mais puisque vous avez crié,cela fera onze. Comptez avec moi.
- Un, dit-il en me frappant.
Mes sœurs étaient tétanisées. Elle regardait mon bourreau avec terreur. Il se tourna vers elles, affublé d’un sourire mauvais et dit :
- Alors personne ne compte avec moi ? Deux ! dit-il en m’administrant un troisième coup.
Il frappait fort, je pleurais silencieusement, mes sœurs aussi. Elles étaient toutes les trois recroquevillées dans leur lit. Davidson ne les regardait plus. Je sentais sa haine dans ses coups. Il prenait sa vengeance sur Dorothy et sur nous pour les railleries que nous avions émises à demi-mot. Au sixième coup, Alice se leva et elle prit le chandelier pour l’assommer. Il fut plus rapide qu’elle et d’un coup de pied, il l’envoya valser sur le mur. Il ne comptait plus. Je l’entendais émettre un grognement de contentement chaque fois que la ceinture touchait mon dos ou mes fesses. Je me laissais battre, complètement terrassée, jusqu’au vingtième coup où lassé, il se releva et rouvrit la chambre. Il sortit puis rentra à nouveau en disant :
- Si l’une de vous veut tâter de ma ceinture, il suffit qu’elle dise un mot de cette correction à la comtesse, me suis-je bien fait comprendre ?
Aucune de mes sœurs ne réagit. Elles étaient aussi traumatisées que moi. Dès qu’il eut refermé la porte, elles se précipitèrent dans mon lit. Nous pleurâmes de rage et de dépit. Au bout d’un moment, Alice s’éclaircit la voix et lâcha :
- Bon maintenant ça suffit. On ne doit pas pleurer mais on doit penser à notre vengeance. Dis-nous ce que tu as dit pour qu’il se mette dans une rage pareille.
J’expliquai alors la fin de la conversation que j’avais eue avec Mamy.
- Il y a vraiment un fantôme ? demanda Violette.
- Oui, mais il ne nous fera pas de mal. Il en veut à tous les hommes qui veulent marier Mamy.
- Et si elle revenait déjà mariée, demanda Alice.
- Sans doute qu’il partirait ou alors pas, je n’en sais rien.
- Tu devrais lui demander, intervint Victoria. Parce que si sir Davidson se marie effectivement avec elle et qu’ils se marient en Angleterre, on est mal parties !
- Non ! On va laisser agir le fantôme, maintenant ! intervint Alice avec un sourire vindicatif. Je propose que demain on parle de ce mariage à tout bout de champ. Ainsi, le fantôme fera mal au perroquet et nous serons vengées sans qu’il puisse nous punir. Attention, pas un mot devant mamy parce qu’elle démentirait le mariage !
Pendant que nous fomations notre plan d’attaque, Dorothy lisait tranquillement dans sa bilbiliothèque. Elle entendit Sir Davidson entrer, soupira, sans lever ses yeux de son livre. Il s’assit dans le fauteuil en face du sien et attendit calmement qu’elle relève les yeux pour commencer son laïus.
Dorothy n’avait aucune envie de parler, elle se plongea encore plus profondément dans ce roman à l’eau de rose. Elle relisait « Persuasion » de Jane Austen, Elle avait l’âge de l’héroïne et elle se délectait de l’écriture enjouée et fine de l’écrivain. Rien n’avait changé depuis un siècle, se dit-elle. La femme était toujours la poupée qu’on déplaçait, mariait ou reléguait au gré des hommes, de la famille ou de l’entourage. Elle ne le lisait plus vraiment, Davidson la perturbait par de petits tapotements de mains. Dorothy leva un œil vers les mains, en espérant que la force du regard arrêterait le mouvement. Elle fut étonnée de les voir si rouge mais s’abstint d’en faire la remarque, Dieu sait ce qu’il avait fait, elle ne voulait pas lancer de sujet de conversation. Elle soupira une seconde fois, en relevant les yeux vers lui. Il n’attendit pas qu’elle s’exprime pour lui annoncer :
- Votre frère arrivera demain par le train d’Avignon. Pouvez-vous demander qu’on aille le chercher ?
- Impossible, je pars demain pour la bastide. Il n’a qu’à prendre un fiacre.
- Dorothy, s’il vient, c’est pour conclure notre mariage... continua-t-il doucement.
- Ah bon ? Je ne me souviens pas vous avoir donné mon accord.
- Dorothy, ne voyez-vous pas tous ces hommes qui tournent autour de vous ? Vous devez vous fixer et je ne suis pas un si mauvais parti, j’ai même un titre...
- Il est bien maigre votre titre que pour vous en fassiez étalage.
- Cela vaut mieux que ce jardinier.
- Quel jardinier ?
- Eh bien celui qui est venu tout à l’heure, pour vos roses ! que lui avez-vous dit pour qu’il vous regarde avec tant de désir ?
- Il n’est pas jardinier il est médecin ET botaniste, vous ne pouvez pas en dire autant ! Il ne me regardait pas avec « désir » il riait avec moi de ce que je lui disais.
- Et que lui disiez-vous ?
Dorothy soupira bruyamment. Elle n’en pouvait plus. sans réfléchir vraiment elle lança rien que pour le faire mousser :
- Que j’allais l’épouser !
- Dorothy ! mais vous n’êtes pas sérieuse, vous n’allez pas épouser un paysan.
Dorothy ricana.
- Et pourquoi pas ? Il est riche, il est beau, et certes s’il n’a pas de titre, il a un métier qu’il adore, et une passion. Que pouvez-vous offrir de plus ?
- Une stabilité, ma nationalité, ma vertu, ma fidélité...
- Il a aussi ses qualités et il me propose un contrat de mariage qui me laissera libre de profiter de mon héritage. Quant à la nationalité, sachez que je reste anglaise, je ne vois pas en quoi deux Anglais valent mieux qu’une.
- Un contrat de mariage qui vous laisse libre de gérer votre patrimoine, ça je voudrais bien voir !
- Mais dites-moi ce que vous me suggérez comme contrat de mariage.
Davidson se posa quelques secondes avant de répondre d’un ton calme et qui se voulait rassurant, afin de gagner la partie contre cet autre prétendant :
- J’y ai bien réfléchi, voici ce que je vous propose : je vous promets que vous pourrez continuer à vivre ici, avec vos filles et même les orphelines, si vous insistez. Je finirai par m’habituer à ce climat mais nous nous marierons en Angleterre. De cela j’y tiens.
- Un, j’ai quatre filles que cela vous plaise ou non ! Deux, je ne quitterai pas la Provence et ...
- Mais voyons, pourquoi ?
- Parce qu’une fois en Angleterre, vous pourriez très bien décider du contraire et je serais obligée de vous suivre. Donc, si nous nous marions, ce serait dans la chapelle. Et trois, disais-je donc avant que vous ne m’interrompiez, il n’est pas question que vous restiez au château sans exercer un travail, que compteriez-vous entreprendre, ici ?
- Ne soyez pas enfant, Dorothy ! Une fois que serons mariés, nous savons que je n’aurais pas besoin de travailler pour vous faire vivre !
- Vous m’épousez pour mon héritage, c’est cela ?
- Non, par amour, je vous l’ai déjà dit !
Dorothy était trop fatiguée par les intrigues, les rançons et le théâtre de boulevard qui se déroulaient autour de sa fortune. Elle eût aimé un mariage par amour et non par raison. Il fallait se rendre à l’évidence, ce ne serait pas pour elle. Elle jaugea alors l’homme qui était devant elle. Sera-t-il assez indolent pour la laisser vivre comme elle l’entendait ? Sûrement pas. Elle se rappelait la manière dont il avait intimidé Églantine après le thé. Elle en avait été fâchée. Elle n’avait rien dit pour préserver la fillette, mais elle était sûre que ses filles ne seraient jamais heureuses avec un homme comme celui-là dans leurs meubles.
Cependant, peut-être qu’elle pouvait tester le pouvoir du fantôme sur ce prétentieux. Elle sourit à l’idée du mauvais tour qu’elle allait lui infliger. Sir Davidson distingua dans son attitude une pointe d’espoir. Il faillit ajouter une foule de détails mais il s’en abstint à temps, il ne voulait pas la brusquer.
- Bien, dit-elle, je profiterai de ma visite à la bastide pour voir mon notaire afin de pouvoir conclure un mariage qui me laisserait disposer de mon héritage.
Elle lut dans la grimace qu’afficha Davidson que cela le contrariait terriblement. Cela la crispa.
- Davidson, lui dit-elle, avouez que vos sentiments ne sont pas à la hauteur du trésor qui dort sous mes pieds !
- Je ne vous permets pas de croire cela ! bredouilla-t-il sans trop de conviction.
- Quand vous serez réellement honnête, nous pourrons peut-être envisager un mariage, je vous le promets, mais d’ici là, n’ayez aucun espoir.
Elle monta directement se coucher sans lui laisser le temps de se justifier.

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