VIII – Nuit

2 minutes de lecture

Trenton, Newark, Magnolia, éventuellement Cape May, et Salem. Voilà l’état du New Jersey presqu’entièrement cartographié par cette série de morts mystérieuses. Ils n’avaient pas assez d’éléments pour qualifier ces morts d’homicides. Mais cette petite carte, « 2000 », récurrente. Et cette autre carte, avec un numéro bidon… Et ces deux femmes.

‑ Admettons qu’on ait bien affaire à des meurtres, supposa Delaney, à quel mode opératoire ça te ferait penser ?

‑ Un asthmatique qui fait une crise, un diabétique qui meurt d’hyperglycémie, un allergique qui mange des cacahuètes… On n’est pas dans le crime sadique ou l’accès de rage.

‑ Non…

‑ L’empoisonnement…

‑ Et, ça te dit quoi ? …

‑ Ce serait plutôt une femme. C’est ce qu’on nous apprend, en tout cas.

‑ Et les victimes ?

‑ Tous des quadragénaires avancés, tous souffrant d’une maladie chronique, tous victimes de ces maladies…

‑ On a donc bien un schéma qui se répète, ok ?

‑ Un autre lien entre eux ?

‑ Un jour, Cooper, tu seras à ma place. À toi de me le dire…

‑ Un mari violent, un voyou hargneux, un golden boy coureur de jupon, mâle dominant agressif.

‑ Quelqu’un qui n’aime pas les hommes imparfaits, lança Delaney…

‑ … pourrait bien avoir trouvé des cibles, compléta Armstrong. Et les deux filles… Mais elles n’ont l’air concernées que par Caldwell. Et encore…

‑ Il les a draguées… c’est dans sa nature… et il a récupéré un numéro de téléphone, et il en a raccompagné une chez elle…

‑ Le séducteur aurait été piégé ?

‑ Mais les deux autres… Tu vois un lien ?

‑ Townsend, le mari violent, a été trouvé mort dans un hôtel. Sa veuve dit qu’il n’a pas toujours été très fidèle…

‑ Mais le fils parle d’un rendez-vous d’affaire, contra Delaney.

‑ Et Levine, un motel pourri, sans caméra… énuméra Armstrong.

‑ Mais pourquoi a-t-il bouffé ces cacahuètes ?

‑ Ouais, il y a plus simple pour se suicider… Et moins douloureux…

‑ Et il ne semblait pas du genre à vouloir se donner la mort.

‑ Il n’avait pas le profil du suicidaire...

Armstrong se dit qu’il était temps de dormir. Delaney prit une dernière bière au bar de l’hôtel. Il observait les bulles remonter vers la mousse. Et si on faisait fausse route…

Caldwell avait peut-être été un dragueur embarrassant. La petite brune avait peut-être simplement donné un numéro de téléphone bidon pour avoir la paix. Le Caldwell énervé était peut-être juste vexé d’avoir été éconduit… Pas l’habitude qu’on lui résiste… Qu’une femme lui résiste…

Le papillon serait alors passé de « Je vais corriger cette petite conne » à « Cette belle blonde ne m’échappera pas ». Et l’aurait raccompagnée, en espérant plus…

‑ Pour peu qu’elle aussi lui ait dit « non », il a pu sortir de ses gonds… Insister… perdre le contrôle… s’allumer une cigarette, et se déclencher tout seul une crise d’asthme fatale, conjectura-t-il à voix haute.

‑ Vous dites ? demanda le barman.

‑ Je réfléchissais tout haut…

Frank Delaney but sa bière et se leva, déposant un billet sur le zinc. La nuit porterait conseil. Demain, il ferait jour.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 1 versions.

Vous aimez lire FredH ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0