Chapitre 12 : Juste Louise

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Le bureau était immense.

Calme.

Ordonné.

Le soleil couchant filtrait à travers les hautes fenêtres, teintant tout d’or.

Au centre, derrière un large bureau de bois, se tenait le directeur de U.A. High School.

Et c’était…

une souris.

Je clignai plusieurs fois des yeux.

Petite.

Élégante.

Parfaitement installée derrière ses papiers.

Mon étonnement dut se voir, mais je n’osai rien dire.

L’animal sourit doucement.

Nezu joignit calmement les pattes.

— Mademoiselle Louise Toga. Asseyez-vous, je vous prie.

Sa voix était posée.

Rassurante.

Aucune hostilité.

Je m’exécutai lentement.

Et une nouvelle fois—

je racontai tout.

Mon enfance.

Himiko.

L’imitation.

L’Alliance.

La peur.

La fuite.

Les larmes vinrent vite.

Je ne les retins pas.

À quoi bon, désormais ?

Quand j’eus terminé, ma gorge brûlait.

Mes doigts tremblaient.

Je baissai les yeux.

Puis murmurai :

— Je suis prête.

Un silence.

Je repris difficilement :

— S’il faut aller en prison… j’accepterai.

Le dire me coûta terriblement.

Mais c’était vrai.

Pour la première fois de ma vie, je voulais assumer ce que j’avais fait.

Même si cela devait me briser.

— Je le mérite.

Le silence dura encore quelques secondes.

Puis Nezu soupira doucement.

Pas de lassitude.

Presque de tristesse.

— Non.

Je relevai brusquement les yeux.

Il me regardait avec une étrange tendresse.

— Vous étiez une enfant façonnée pour croire que l’amour était possession, imitation et souffrance.

Sa voix resta calme.

— Vous n’avez jamais eu l’occasion d’apprendre autrement.

Ses mots me frappèrent en plein cœur.

C’était presque exactement ce qu’Ochaco m’avait dit.

Mes lèvres tremblèrent.

Nezu poursuivit :

— Et pourtant, malgré cela, votre cœur vous a conduite ici.

Il pencha légèrement la tête.

— Cela prouve qu’il est bon.

Les larmes revinrent aussitôt.

— Je… je ne savais pas…

— Bien sûr que non.

Son sourire s’adoucit.

— Comment auriez-vous pu savoir ce qu’on ne vous a jamais montré ?

Je restai immobile.

Une chaleur douce se répandit dans ma poitrine.

Nezu croisa les pattes.

— Si vous le souhaitez, vous pourriez être placée ailleurs. Une structure adaptée. Une autre école.

Puis son regard devint plus vif.

— Ou bien…

Ses moustaches frémirent légèrement.

— Vous pouvez rester ici.

Mon souffle se bloqua.

— Ici ?

— En tant qu’élève, si vous le désirez.

Le monde sembla suspendu.

Élève.

À Yuei.

Moi.

Je pensai immédiatement à Ochaco Uraraka.

À sa douceur.

À sa lumière.

Puis à Izuku Midoriya.

À sa gentillesse maladroite.

À cette chaleur humaine qui m’avait éveillée.

Et je compris.

Je voulais apprendre ici.

Je voulais découvrir qui j’étais entourée de gens vrais.

Pas comme un reflet.

Pas comme une copie.

Juste moi.

— Je veux rester.

Ma voix trembla.

Mais elle était ferme.

— Je veux apprendre à être Louise.

Un large sourire éclaira le visage de Nezu.

— Excellente réponse.

Il griffonna quelques notes.

— En attendant les démarches officielles, vous serez confiée à la classe de 1-A.

Mon cœur bondit.

— La classe de…

— Celle de mademoiselle Uraraka.

Une joie brutale me traversa.

Pure.

Nezu sourit davantage.

— Observez-les. Apprenez. Écoutez votre cœur.

Je hochai vivement la tête.

Et pour la première fois—

je souriais sans effort.

Naturellement.

Quand je sortis du bureau, Ochaco bondit presque sur moi.

— Alors ?!

Son inquiétude fit aussitôt battre mon cœur plus vite.

Je ris doucement.

— Je reste.

Son visage s’illumina.

— Sérieux ?!

Elle me serra immédiatement dans ses bras.

Si fort que j’en eus le souffle coupé.

Mais cette étreinte ne cherchait pas à me posséder.

Seulement à partager sa joie.

Je la serrai à mon tour.

Et souris.

Quand elle me relâcha, Midoriya souriait si fort que ses joues rougirent.

— Félicitations !

Cette simplicité me bouleversa encore.

Puis des pas approchèrent.

Un garçon avançait dans le couloir.

Cheveux bicolores.

Regard calme.

Shoto Todoroki.

Mon cœur rata un battement.

Le message.

— Attends !

Il s’arrêta.

Se retourna.

Ses yeux me détaillèrent brièvement.

Il ne me connaissait pas.

L’incompréhension se lisait clairement sur son visage.

J’avalai ma salive.

Puis répétai exactement les mots de Dabi :

Le gamin qui regardait le ciel existe encore quelque part. Qu’il arrête de le chercher chez les morts.

Le silence tomba.

Le visage de Shoto changea.

Subtilement.

Ses yeux s’écarquillèrent.

Une émotion vive y passa.

Trouble.

Choc.

Incompréhension.

Et quelque chose d’autre.

Quelque chose qui ressemblait à de l’espoir.

— Qui t’a dit ça ?

Sa voix était basse.

Presque tremblante.

Je repensai à ma promesse.

Et souris doucement.

— Quelqu’un qui voulait que tu l’entendes.

Shoto resta figé.

Pensif.

Profondément secoué.

Puis il hocha lentement la tête.

Comme si ces mots avaient déplacé quelque chose en lui.

Il repartit sans un mot.

Mais sa démarche avait changé.

Un peu plus légère.

Je le regardai disparaître.

Et sans vraiment comprendre pourquoi—

je sentis que j’avais accompli quelque chose d’important.

À côté de moi, Ochaco glissa sa main dans la mienne.

Simplement.

Naturellement.

Je baissai les yeux vers nos doigts liés.

Puis vers la lumière orangée du couloir.

Et pour la première fois de ma vie—

l’avenir ne me faisait plus peur.

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