Déclamer et Bouts rimés
Déclamer
Il s'agit de donner de la voix pour entendre et faire entendre ce que l'on a écrit, si l'on demande un avis à un tiers. Je pense notamment au "Gueuloir" de Gustave Flaubert.
Écrire à l'oreille constitue à mon sens un véritable outil de réécriture.
Par ma part, c'est quelque chose que je pratique en cours ou la fin d'un moment d'écriture, non seulement pour le rythme et l'élocution mais aussi la clarté et la compréhension de mon lecteur potentiel. Suis-je assez clair ? Va-t-il visualiser, comprendre, me suivre...
Je pratique cela également et plus encore en poésie, mais les pieds et pour les vers, pour le rythme, pour la musique des mots.
— Marcelle ! J'ai fait la vaisselle ! J'ai descendu la poubelle ! Marcelle ! J'ai mis du sel ! Dans les vermicelles !
Boby Lapointe
Les bouts-rimés
Il s'agit d'un exercice difficile dans la "mesure", et c'est le cas de le dire, où dans un premier temps, il faut choisir une poésie, à l'instar de Molière ou Dumas. On peut prendre ainsi des poésies de Victor Hugo (Contemplations, du XIXème siècle) ou Louise Labé (Oeuvres complètes, du XVIème siècle). Il existe de nombreux sites de poésies avec un grand ventail d'auteurs contemporains et classiques référencés. Une fois choisie, une poésie, il faut en conserver le dernier mot de chaque vers. Puis en respectant la métrique initiale, il faut imaginer une tout autre poésie.
Cet exercice demande une grande souplesse d'esprit.
Voici deux de mes poésies en bouts rimés
Pour chacun d'eux, je suis resté dans le thème initial en me l'appropriant. Le premier est inspiré du poème d'Anna de Noailles, portant sur "l'Automne". Voici le lien :
http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/anna_de_noailles/l_automne.html
Cortèges d'Automne
♫
Il est déjà si loin, ce doux mois de septembre :
Et octobre s'avance soulevant les Chambres ;
La foule s'étale en rangs épars, ce matin,
Et je crains qu'il ne me reste rien au jardin.
Depuis trop longtemps, les souffrances se sont tues !
Même à République, on anime les statues ?
Drapeaux et banderoles s'agitent ; je crois
Que les gens espèrent, piétinent de froid.
Le vent feuillette les tracts de couleurs folles ;
Qui voudraient rejoindre les oiseaux qui s'envolent,
Mais très vite, ils se brisent, tombent en chemin
Et finissent oubliés dans les grilles demain.
Le cortège s'ébranle, depuis la minute
Et mériterait tambourin, pipeau ou flûte,
Hommes et Femmes ne sont pas , silencieux
Désespèrent qu'une aide leur viennent des cieux.
Car depuis longtemps la grogne dans le cœur flambe
Certains, encagoulés courent à toutes jambes,
Octobre s'enflamme pour se transfigurer
Ces gens ont peur, de laisser la misère entrer...
=0=
Les deuxième est inspiré du poème "Les voiles" d'Alphonse de Lamartine. Voici le lien :
http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/alphonse_de_lamartine/les_voiles.html
Courses à la voile
♫
Le vent agite les mâts et ouvre les ailes
Mais les voiliers dorment encor, coureurs des mers
Groix et Belle-Ile rêvent, pensant à elles
Accastillages et goélands chantent, amers.
La brume au soir tombe et la vue se noie
Un kebab tunisien évoque le jasmin
La bruine naissante fait pleurer de joie
Demain, foule au départ, adieux de la main.
L’Atlantique sournois m’attend, couvert d’écume
La météo incertaine, peur, inconnu
Une cigarette me rassure, m’enfume
Pensées aux marins, l’un l’autre, pas revenu.
Océan traitre, les étraves tant aimées
Longue et lancinante étreinte, parfois chéris
Les skippers se déjouent de la houle, semées
Les victimes dansent au milieu des débris.
Mais je crois à la chance, riant du funeste,
Destin, coup de tabac, faux rivage trompeur
Mon étoile est ma foi, lumière céleste
A moi rage et victoire, qu’elles gonflent mon cœur.
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