Chapitre 27 – L’aube des déviantes
L’attente de Nicolas.
Voilà la cause, mais aussi la solution à l’évolution vertigineuse de Natalie.
Si le milliardaire s’était simplement marié et était resté au centre Olympus auprès de celle qu’il aimait, leur histoire aurait suivi une trajectoire simple, presque banale : un bonheur discret, protégé, circonscrit.
Mais il y avait eu Kayak.
C’est lui qui avait présenté à Nicolas, le tour du monde à la voile comme une nécessité, un rite initiatique, afin de passer l’épreuve du deuil de sa mère. En vérité, cet éloignement avait permis au psychiatre de faire dévoiler à Natalie les secrets des mythes grecs, leurs strates psychologiques et leurs ombres enfouies.
Puis, vinrent les problèmes budgétaires. Afin d’y remédier, le psychiatre avait accepté de remplacer le personnel du centre par des femmes prêtes à travailler gratuitement pour servir sa vision. Natalie avait accepté d’assurer leur quête spirituelle en échange de leur docilité, cependant la tentation de la manipulation émergeait en elle. S’il était évident que certaines femmes seraient toujours fidèles à l’étude de Kayak, d’autres voyaient en Natalie leur véritable sauveuse, voire un avenir à leur mouvement.
Le schisme était évident et il approchait.
Une nuit, alors que Natalie attendait Nicolas au bord de la mer, entourée de ses fidèles formant un cercle presque liturgique autour d’elle, une amazone du nom d’Ophélie Rossi s’avança. Le vent salé fouettait leurs visages, la mer grondait comme un oracle fatigué.
— Pénélope, dit-elle d’une voix tendue, quand je regarde la mer, je vois Charon… ou Méduse. Tout cela grâce au docteur Kayak, qui t’a transmis son savoir…
Natalie tressaillit légèrement, comme piquée au cœur.
— Vraiment ? répondit-elle avec une douceur glacée. Tu estimes qu’il a perçu les subtilités de ces mythes tout seul ?
Les vingt adeptes se concertèrent aussitôt, frémissantes, presque exaltées. Pour elles, la comparaison entre Kayak et sa meilleure disciple n’était pas anodine : elle touchait à la structure même de leur croyance. Kayak ne leur parlait jamais. Ne leur enseignait rien. Ne les soulageait pas de leurs vertiges intérieurs.
Natalie, elle, répondait à toutes leurs quêtes. Elle comblait les espaces vides de leurs âmes.
Ophélie reprit, l’audace vibrante dans la gorge :
— Peut-être pourriez-vous nous montrer jusqu’où vous mènent vos réflexions… mais sans recourir aux mythes ni à la psychologie, qui sont les bases de l’enseignement du docteur Kayak. J’aimerais voir si vous pouvez déployer vos talents… sans la béquille de notre maître.
Un défi. Un glissement d’admiration vers la provocation.
Natalie sentit une chaleur monter en elle — non un orgueil, mais cette ivresse étrange qui précède les révélations.
Elle accepta.
Elle désigna la mer du bout des doigts :
— L’eau face à nous, dit-elle, fait appel à l’immensité. À la profondeur. À l’appel du large, à cet Ailleurs qui attire l’homme hors des limites étriquées du monde terrestre. Comme Nicolas, qui marche toujours au-delà du rivage visible et se confronte aux forces cosmiques.
Sa voix s’enroulait autour des esprits comme une vague lente.
— Cette eau est un lieu connu et inconnu. Plein et vide. Investi et vierge. Elle est le liquide nourricier, le premier monde dans lequel nous flottons, à travers le liquide amniotique, ce qui lui confère un caractère maternel. Elle purifie aussi : elle lave les fautes, accueille les baptêmes, abrite les renaissances. Certains l’ont même placée au centre de leur principe… et je dois dire que je les comprends. Parce que l’avenir est là.
Elle posa une main sur sa propre poitrine.
— Et le nôtre aussi.
Un frisson parcourut l’assemblée.
Ce soir-là, elles comprirent ce que Kayak refusait de voir, ou n’avait jamais osé regarder en face :
la source de leur foi n’était pas lui.
La puissance derrière l’enseignement, la cohésion presque mystique, la symbolique qui résonnait jusque dans leurs os…
Ce n’était pas le psychiatre qui l’incarnait.
C’était Natalie.
Pour certaines, ce fut une révélation rugueuse, presque douloureuse — une trahison. Ophélie Rossi déclara qu’elle souhaitait entamer la procédure pour quitter le centre, comme si sa loyauté s’était brusquement fissurée.
Elle fut remplacée dès le lendemain, sans problème.
Les autres restèrent.
Elles savaient désormais que Kayak n’était plus qu’un mal nécessaire.
Un masque institutionnel.
Une façade administrative pour rassurer le monde extérieur.
Un gardien planté à l’entrée d’un sanctuaire qui ne lui appartenait plus.
Certaines rêvaient qu’il disparaisse de l’équation, qu’il cesse d’être ce filtre opaque entre elles et celle qu’elles percevaient déjà comme une figure spirituelle.
Elles attendaient le jour où Natalie cesserait de se cacher derrière lui, où elle assumerait pleinement ce qu’elle était en train de devenir : une prêtresse, une prophétesse, une force fondatrice.
Elles n’osaient pas le dire à voix haute.
Mais leurs yeux parlaient pour elles :
la véritable maîtresse du centre, c’était elle.
Et Natalie le savait.
Elle le sentait.
Elle l’exploitait.
Car la jeune fiancée avait développé, avec une intuition presque inquiétante, des techniques de manipulation émotionnelle sur ses amazones — et qui par leur précision et leur portée, dépassaient largement celles de Kayak. Celui-ci en refusant de s’essayer à l’exercice circulaire ne pouvait que péricliter, surtout qu’il avait réussi à être reconnu, comme un des meilleures psychiatres, à travers son étude.
Natalie le voulait pas d’adeptes , prêt à lui obéir aveuglément, du moins pas consciemment.
Et tout cela…
Tout cela parce qu’elle attendait Nicolas.
Parce que sa solitude avait ouvert un gouffre où son esprit s’était reconstruit autrement.
Parce que l’absence avait transformé l’amoureuse en symbole, puis le symbole en mythe vivant.
Une femme en train de devenir quelque chose qu’aucune d’elles — ni même Kayak — n’avait anticipé.
*
Sa lanterne-tempête à la main, Natalie avançait en tête, guidant ses adeptes sur la plage, chaque nuit, comme une procession secrète. La flamme, vacillante dans le vent marin, projetait sur le sable des ombres qui semblaient s’étirer, se contorsionner, prendre vie.
Personne ne comprenait véritablement ce qui se jouait.
Du moins, pas sur le moment.
Lorsque la transe mystique de Natalie s’enclenchait — brûlante, hypnotique, presque dévastatrice — les amazones la suivaient sans en saisir immédiatement le but, ni les strates symboliques. Le rituel les dépassait. Il ne leur restait qu’à attendre, le lendemain, que leur guide leur livre des interprétations sibyllines, aussi fascinantes qu’indéchiffrables.
Au début, elles ne posaient pas de questions.
Elles se contentaient de marcher, d’écouter, de se laisser pénétrer par cette intensité nouvelle.
Mais au fil du conditionnement, quelque chose changea.
Graduellement, sans qu’elles ne s’en rendent compte, leurs perceptions devinrent plus vives, plus perméables. Ce qui n’était d’abord qu’un rituel étrange commença à prendre la forme de visions : des silhouettes indistinctes au bord de l’eau, des yeux qui semblaient réapparaître dans la nuit, des ombres évoquant Charon, Méduse, ou d’autres figures surgies de mythes qu’elles avaient pourtant cru connaître.
Elles voyaient — ou croyaient voir — ces présences avec une netteté croissante.
Et plus ces images prenaient corps, plus leurs propres personnalités s’exprimaient, se déformaient, s’exaltaient.
Certaines, les plus fragiles, se brisaient en silence : elles pleuraient, submergées par une émotion qu’elles ne savaient pas nommer.
D’autres, plus ardentes, se mettaient à hurler à la lune, à appeler les dieux anciens, à offrir leur voix au vent comme si elles devenaient elles-mêmes des créatures rituelles, les serpents sur la tête de Méduse.
D’autres encore, dévorées d’ambition, cherchaient déjà à interpréter, influencer, amplifier les enseignements de leur maîtresse.
Chaque nuit révélait une fissure nouvelle, une force nouvelle, un désir nouveau.
Et Natalie, au cœur de cette coulée de ferveur, percevait ces émergences avec une lucidité effrayante.
Elle devait les anticiper. Les comprendre. Les contenir.
Au fil des semaines, trois types d’adeptes se dessinèrent nettement, comme trois visages possibles de son pouvoir — ou de son futur règne.
*
Les initiatrices :
Elles formaient le premier cercle, celui qui brûlait le plus près du soleil — ou du brasier. Leur fidélité à Natalie n’était pas seulement loyauté : c’était une vocation, une révélation intime, presque un appel divin qu’elles seules avaient entendu.
Pour elles, chaque geste, chaque mot, chaque respiration de leur maîtresse portait un sens caché, une promesse d’élévation ou d’effondrement. Elles accomplissaient toutes les tâches qu’on leur confiait, même les plus ingrates, avec une dévotion absolue, persuadées que la simple présence de Natalie était une bénédiction. Elle n’était plus seulement une femme : elle était devenue la raison d’être de leur existence.
La nuit, lorsque Natalie attendait Nicolas sur la plage, ces amazones étaient les premières à hurler. Pas de peur, mais d’offrande. Comme si leurs cris pouvaient alléger le poids que leur prêtresse portait. Comme si elles pouvaient absorber, par leur propre déchaînement, l’angoisse, la rage, le manque qui rongeaient Natalie.
Elles voyaient en elle une puissance qui la plaçait en dehors de la condition humaine, un pouvoir qu’elles ne cherchaient pas à expliquer — seulement à servir.
Elles se faisaient tatouer une tête de Méduse. Parce qu’elles se voyaient comme ses serpents.
Ceux de la créature mythique qui guident, protègent, et dévorent.
Ceux qui détournent la folie, portent le malheur, absorbent la douleur à la place de la tête sacrée.
Elles croyaient sincèrement que leur rôle était d’intercepter chaque éclat de souffrance pour empêcher Natalie de se briser.
Et Natalie, consciente du pouvoir qu’elle exerçait sur elles — et de celui qu’elles pouvaient exercer en retour — les encouragea.
Doucement.
Subtilement.
Scientifiquement.
Avec son autorisation, certaines initiatrices quittèrent alors le centre Olympus pour répandre sa parole. Elles créèrent des cercles réservés exclusivement aux femmes, où elles enseignaient les rites, les récits, les métaphores, les gestes précis transmis par leur maîtresse.
Peu à peu, dans les grandes villes, puis parfois même à l’étranger, elles commencèrent à s’organiser. Cela ne se fit ni dans le tumulte ni dans la lumière : tout se déroulait en silence, avec la précision d’un rite, l’obstination d’une fièvre.
Elles avançaient comme des ombres, sans bruit, sans éclat, mais avec une détermination qui ne laissait plus place au hasard.
Certaines d’entre elles s’étaient glissées jusqu’au cœur même des structures de pouvoir. On en retrouvait dans la justice, mêlées aux dossiers sensibles ; dans la politique, façonnant les décisions publiques ; dans l’armée, à des postes où un ordre donné ou refusé pouvait faire basculer des vies.
Elles ne revendiquaient rien, ne clamèrent jamais leur présence. Mais leur influence débordait, insidieuse, s’infiltrant dans les interstices des institutions.
Elles tissaient un réseau invisible, une toile souterraine où chaque fil, qu’il soit ténu ou solide, ramenait inexorablement à Natalie.
Comme si, par un étrange courant magnétique, toutes convergeaient vers elle : leur axe, leur foyer, leur raison.
Et sous cette construction silencieuse, une idée s’enracinait : Natalie n’était plus seulement une femme. Pour elles, elle devenait un centre de gravité, une présence psychique autour de laquelle leur monde recommençait à tourner.
Une constellation secrète dont elle était l’étoile sombre.
Leur influence grandissait ainsi, silencieusement, inexorablement.
Comme des racines serpentines progressant sous la terre, prêtes à fracturer un jour la surface du monde.
*
Les pèlerines :
C’étaient celles qui, après leur passage au centre, choisissaient de retourner à la vie civile. Non pas parce qu’elles rejetaient l’enseignement, mais parce qu’elles sentaient que leur itinéraire intérieur avait atteint une forme d’accomplissement. Elles repartaient sans mission précise, mais jamais sans un fil invisible, tendu entre elles et Natalie.
Pour ces femmes, vivre au centre Olympus représentait une forme de spiritualité totale.
Un territoire sacré.
Un refuge hors du monde — et pourtant plus réel que tout ce que le monde pouvait leur offrir.
Ni la religion, ni la science, ni les idéologies politiques n’avaient réussi à apaiser leur soif d’absolu.
Natalie, elle, le pouvait.
Elle leur offrait ce que personne n’avait su leur donner :
un récit qui explique,
une direction qui éclaire,
un feu intérieur qui ne s’éteint jamais.
Mais lorsque certaines estimaient être enfin repues — après avoir trouvé le sens qu’elles cherchaient, ou parfois simplement la paix — elles demandaient à reprendre une existence normale.
Elles n’avaient jamais perdu leur libre arbitre.
Certaines voulaient fonder une famille.
D’autres retrouvaient celle qu’elles avaient laissée derrière elles.
Toutes, pourtant, conservaient en elles la marque silencieuse du centre.
Natalie ne s’opposait jamais à leur départ.
Elle les recevait une par une, dans son bureau feutré, où la lumière douce semblait suspendre le temps. Ophélie Rossi ne fit pas exception à la règle.
Elle les écoutait, longuement.
Puis, d’une voix calme — presque maternelle — elle leur disait qu’elles pourraient revenir quand elles le souhaitaient… mais à une condition :
Ne jamais transmettre l’initiation qu’elles avaient reçue.
Ce qui se vivait à Olympus devait rester à Olympus.
Non par secret, mais par nécessité :
Trop de sens déversé hors de son temple risquait de se corrompre, de s’effriter, de devenir mensonge.
Puis Natalie leur demandait une ultime chose.
Un pacte implicite, presque solennel :
Si elle-même — ou une initiatrice — avait un jour besoin d’aide hors du centre, elles devraient répondre à l’appel.
C’était simple.
C’était absolu.
Et elles acceptaient.
Toutes.
Toujours.
Le tatouage des pèlerines représentait la lanterne tempête que Natalie brandissait chaque nuit sur la plage.
Leur symbole de guidance.
Le phare qu’elles emportaient avec elles, même loin du centre.
Un rappel que, malgré le retour à la vie civile, une part d’elles demeurait à Olympus.
À jamais.
*
Les déviantes :
L’exception.
Le cauchemar.
Influencées par les effets secondaires de l’exercice circulaire — cette transe hypnotique où l’esprit se dilue jusqu’à frôler la rupture — certaines amazones basculèrent dans un territoire où plus rien ne ressemblait à la raison. Elles fragmentaient leur psyché, développaient une seconde personnalité à la manière d’Anna, mais en plus brutale, plus sauvage, plus incontrôlable.
La nuit, surtout celles de pleine lune, cette ombre intérieure les appelait.
Et cet appel avait un nom.
Le meurtre.
Parmi ces esprits fissurés, une seule fit basculer le destin du centre : Ophélie Rossi.
Ses visions n’auraient pas été indignes de Natalie… si elles n’avaient pas été aussi mortelles.
Chaque nuit, elle rêvait d’un lac de sang immobile sous la pleine lune.
Un miroir pourpre où flottaient des têtes d’hommes fraîchement tranchées, glissant doucement sur l’eau jusqu’à ce que leurs visages se figent dans une pâleur minérale, presque sculpturale.
Un marbre humain.
Un silence sacré.
Un appel.
Et un jour, Ophélie passa à l’acte.
Une première fois.
Puis une deuxième.
Puis une troisième.
Sans être arrêtée, elle continua à engranger des victimes — mécaniquement, rituellement — jusqu’à ce que les médias en parlent. Alors même les amazones, conditionnées, loyales, commencèrent à ressentir une peur sourde. Un soupçon.
Elles alertèrent Natalie.
La maîtresse hésita. Une fraction de seconde seulement.
Puis, à contrecœur, elle dénonça Ophélie elle-même à la police.
Elle savait que protéger un monstre souillé ferait de son enseignement une hérésie.
Qu’un seul silence complice pourrait détruire tout ce qu’elle avait bâti.
Ophélie fut arrêtée.
La police remercia généreusement la « fiancée du milliardaire ».
On loua son sens du devoir, son courage.
On la traita presque en héroïne.
Jusqu’à ce qu’on l’appelle à nouveau, quelques jours plus tard.
L’inspecteur Mac Logan lui demanda de venir au commissariat pour « quelques explications supplémentaires ».
Une formalité, assura-t-il.
Rien de grave.
Une simple vérification administrative.
Natalie, droite, confiante, se rendit au poste.
Convaincue d’aider la justice.
Convaincue d’être du bon côté.
Mais une fois la porte du bureau franchie, tout se renversa.
On l’arrêta.
Froidement.
Brutalement.
Sans préambule.
On l’accusa d’avoir tenté de vendre le manteau à Andy le teinturier.
Natalie reconnut les faits, mais au moment de donner sa version, la deuxième accusation tomba : complicité dans le meurtre d’Isabelle.
Et enfin, la plus monstrueuse pour la jeune femme : implication dans l’agression de Nicolas.
Natalie hurla.
Au scandale.
À la manipulation.
À l’injustice.
À la folie du monde.
Mais rien n’y fit.
Au centre Olympus, lorsqu’on apprit la nouvelle, les amazones furent saisies d’un silence de mort.
Un silence plus redoutable que n’importe quel cri.
Puis la tempête éclata.
Une fureur froide, méthodique, dévastatrice.
Certaines parlèrent de l’extraire de force.
D’autres proposèrent une diversion.
D’autres encore, prêtes à mourir, offrirent de servir d’appât.
L’équilibre du centre tremblait.
Le chaos n’attendait qu’un signal.
Et ce signal arriva.
Le téléphone sonna.
La responsable du standard décrocha.
Une voix synthétique résonna aussitôt dans le combiné — mécanique, glaciale, implacable —, comme si chaque syllabe s’était détachée d’un métal sans chaleur :
— Je suis PRS et souhaite m’entretenir avec Natalie West.
La jeune femme sursauta. Le combiné glissa entre ses doigts, heurta le sol dans un claquement sec. Car une chose, une seule, venait de perforer sa conscience avec la violence d’une révélation : Nicolas avait été localisé.
Ce n’était pas une simple information. C’était une secousse tectonique — sauf pour Loreto, car il en était à l’origine —.
Un renversement brutal de toutes les certitudes, de toutes les peurs, de toutes les stratégies qui avaient jusque-là maintenu le centre Olympus dans un équilibre précaire.
En un souffle, en une phrase presque dénuée d’intonation, tout le destin du centre — et celui de Natalie — venait de basculer.

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