Une petite île de paradis

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Nous n'héritons pas de la terre de nos parents, nous l'empruntons à nos enfants - Antoine de Saint-Exupéry

Février 2022

Un plaid sur le dos et bien installée dans son canapé avec un chocolat chaud à la main, Léonie se reposait de sa dure journée. Le lundi n'est jamais un jour facile et la reprise du travail après la naissance de sa fille l'avait fatiguée. La télévision allumée sur une série policière et la petite dans le berceau, elle pouvait enfin respirer. Soudain, son esprit fut occupé par une envie soudaine de vacances au soleil. Le froid de New York avait eu raison d'elle. Un rapide tour sur des sites de voyages en ligne lui donna envie de préparer ses bagages et de partir tout de suite. Pas de chance, ses congés n'étaient pas encore arrivés et son mari ne pouvait s'absenter vu la pile de dossier qui s'amoncelait sur son bureau.

Il était un peu plus tard que six heures quand William rentra du travail, jeta sa veste de costard sur le canapé et s'exclama « Je démissionne ». Elle le regarda avec des yeux ronds et lui demanda ce qu'il se passait exactement. Son travail de climatologue l'avait toujours passionné, ses travaux de recherches et d'enseignement à l'Université de New York étaient la chose dont il était le plus fier. Cependant, au cours des derniers jours elle avait pu remarquer que son sourire s'effaçait, que ses rides se creusaient malgré sa trentaine à peine fêtée

Il se pencha vers son sac, en sorti un rapport d'un millier de pages et le posa lourdement sur la table.

« Si tu veux connaître les raisons, tu les trouveras là-dedans. Le rapport vient de sortir. »

Le rapport du groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat était attendu en ce début d'année. Un collègue chercheur de William faisait partie de ce comité et lui avait transmis ce rapport avant même sa publication.

« Il sera publié demain. J'ai lu le résumé. Je n'ai même pas eu la force de tout lire. »

Il regarda alors Elena qui dormait dans son berceau près du canapé et soupira.

« Nous sommes fichus. À ce rythme, à quoi ça sert que j'étudie le climat ? Le climat est foutu, les études ne servent même plus à rien si nous ne sommes jamais écoutés. »

Léonie ne pouvait qu'acquiescer à ses propos. Pourquoi mettre en place des prédictions, des conseils si ces derniers n'étaient jamais appliqués ? La réelle question était surtout de savoir si la situation pouvait s'améliorer. Des gens mouraient déjà de la faim causée par les sécheresses ; les espèces animales disparaissaient une à une sans que l'on s'imagine les conséquences dramatiques que cela aurait sur notre planète et sur notre survie. S'il y avait une chose dont ils avaient conscience c'est qu'il fallait agir. Mais les actions individuelles n'avaient que très peu d'impact et seul l'argent comptait dans ce monde. Comment quelque chose de si intangible pouvait-elle régner sur l'espèce humaine ?

Les pleurs d'Elena les sortirent de leurs pensées macabres. La seule chose qu'ils souhaitaient était une planète vivable pour leur enfant et ses enfants, c'était le sens du métier de Léonie. La géo-ingénierie avait pour but de réparer les dommages du réchauffement climatique en cherchant des solutions pour réduire la température de notre planète et ainsi lui permettre de respirer. C'était là où sa passion l'avait emmenée.

« Tu as l'air fatiguée Léonie. Tu veux que je prenne le relais ? De toute façon bientôt je serais père au foyer... plaisanta-t-il

— J'ai surtout besoin de vacances. J'aime mon travail, mais je ne fais que ça depuis toujours. Les études puis le travail puis..

— Alors partons. »

Elle n'arrivait pas à savoir s'il était sérieux. En fait, elle n'avait jamais réussi à savoir quand il était sérieux ou quand il blaguait. C'était son côté spontané, et blagueur qui la faisait toujours douter, même après cinq années à ses côtés. Était-il réellement sérieux à l'idée de quitter son travail ou était-ce une mauvaise passe ?

« Je travaille sur un projet qui consiste à trouver l'endroit le plus protégé de la planète. Cette idée m'est venue il y a quelques mois, et je pensais que ce serait drôle de savoir quel endroit sur Terre était le plus préservé de l'action de l'homme. Mes données pointent vers une île dans l'océan pacifique. Bizarrement, ce n'est pas l'endroit le plus lointain des côtes non plus. Mais bon après ce ne sont que des données, je ne pense même pas qu'elle soit vérifiable à ce point.

— Il faudrait aller sur place... »

Un sourire se dessina sur son visage jusque-là fermé. Il sortit une carte du monde et lui montra exactement où se situait cette petite île. Elle était longue de sept kilomètres et large de quatre kilomètres. A priori, elle n'était pas aménagée et n'avait été que très peu visitée. Cela faisait presque un an qu'il s'était lancé dans ce projet et n'en avait parlé qu'à très peu de personnes. Il avait fait appel à plusieurs reprises à la NASA pour pouvoir avoir des images fiables en satellites et il en avait fait un dossier. Sur les photos, on pouvait y voir une eau claire, une plage très courte mais d'un sable reflétant parfaitement le soleil. Selon ses calculs, l'île n'était que très peu touchée par le réchauffement climatique. Il n'y avait pas l'air d'avoir énormément de végétations ni d'animaux. Les seules espèces visibles sur les images étaient des oiseaux, de couleur magnifique, mais il était difficile de détailler les espèces présentes à l'aide de cliché satellite.

Un arbre avait attiré l'attention de Léonie, et à en juger les cercles dessinés autour de cet arbre il avait également retenu l'attention de William. Il avait l'air immense et de forme particulière. Il ressemblait à un chêne géant mais ses racines s'étendaient beaucoup plus loin que les racines d'un chêne classique. Elles avaient l'air d'énormes serpents de plusieurs centaines de mètres de long et faisaient un effet d'ondulation sur le sol. C'était peut-être la raison pour laquelle il n'y avait pas énormément de végétation autour. Les racines emportaient tout.

« Ça a l'air magnifique, souffla-t-elle alors que l'arbre continuait à captiver mon regard

— On peut y aller si tu veux... »

C'était ce jour-là qu'ils décidèrent de se lancer dans ce projet fou. C'était le genre de chose que l'on ne faisait qu'une seule fois dans sa vie. Ce genre de folie et de voyages sur un coup de tête qui transforme toutes les perspectives.

Prendre congé de ses fonctions n'avait pas été chose facile pour la jeune maman, mais après moult discussions, elle avait réussi à faire passer ce voyage comme un voyage professionnel. Après tout, sa spécialisation dans le réchauffement climatique et les explications de son mari sur cette île épargnée par nos actions étaient compatibles. Elle voulait savoir pourquoi cette île semblait si spéciale. William était doté d'un génie et son intuition avait toujours été la bonne, il avait un don pour reconnaître les choses qui en valaient la peine. La logistique de ce grand voyage avait été compliquée elle aussi.

L'aéroport le plus proche était celui de Lima au Pérou et il fallait parcourir mille trois cents miles en bateau afin de pouvoir se rendre sur l'île. La planification du voyage avait pris trois mois. Ils avaient décidé de ne pas emmener Elena avec nous, par sécurité et d'attendre qu'elle ait un an avant de partir dans ce voyage qui promettait d'être long et possiblement périlleux. Il fallait éviter la saison des cyclones. En septembre, Elena souffla sa première bougie et en octobre ses parents se lancèrent dans l'expédition de leur vie, la laissant à se grand-parents dans leur confortable demeure de New Jersey.

Octobre 2022

A Lima, ils firent la connaissance de deux navigateurs : Paolo et Marina, un couple péruvien qui les accueillirent. Après de longs mois de discussions par téléphone et par e-mail, ils avaient enfin pu les rencontrer. Leur anglais parfait et les connaissances en espagnol de William leur avait permis de se comprendre mutuellement sans aucune barrière linguistique. Léonie et William passèrent quelques jours dans un hôtel très sympathique à Lima avant de prendre la mer. Accompagnés leurs deux amis d'enfance à qui ils avaient fait part de leur projet, ils avaient profité de ces quelques jours de voyage pour goûter à la gastronomie locale et s'imprégner de la culture péruvienne. Louis était le meilleur ami d'enfance de Léonie, ils s'étaient rencontrés en primaire. Sima était une Suédoise qui était arrivée dans leur collège en cours d'année et avec qui ils avaient tout de suite lié une amitié exceptionnelle. Plus tard, Louis et Sima s'étaient mis en couple et avaient tous les deux suivi des études de spéléologie et de géographie. Sima était cartographe aujourd'hui et son envie de découvrir de nouveaux lieux l'avait amenée à les suivre dans ce voyage. Louis espérait trouver des choses à découvrir sous terre. Ils partageaient tous les trois ce goût pour l'aventure et pour l'inconnu et étaient restés meilleurs amis malgré l'éloignement de leurs lieux d'études. À la fin de l'Université, ils s'étaient installés tous les trois à New York pour vivre la vie en grand, en tenant la promesse que l'on s'était faite au lycée. C'était à New York que Léonie avait rencontré William.

Après ces quelques jours de tourisme pur, l'aventure était enfin lancée. Ils avaient à disposition un bateau très robuste et deux navigateurs hors pair pour traverser ces eaux qui n'étaient pas toujours des plus tranquilles. Paolo et Marina avaient traversé le Pacifique en catamaran et avaient fait plusieurs expéditions sur des îles sauvages dans la région. Quand Léonie et William leur avaient proposé le voyage, ils n'avaient pas hésité une seule seconde et étaient encore plus excités qu'eux à cette idée. Les quatre amis avaient passé le permis bateau afin de pouvoir se relayer à la barre si nécessaire.

Le voilier à moteur qu'ils avaient emprunté avait une vitesse moyenne de cinq nœuds, soit un peu moins de dix kilomètres par heure. Pour traverser les deux mille kilomètres qui les séparaient de l'île, Sima avait dessiné une route et estimé le voyage à dix jours pour l'aller et onze pour le retour, car les vents risquaient de ne pas être favorables à leur retour. Paolo et Marina avaient donc passé de longues semaines à préparer le voilier pour rendre l'excursion la plus agréable possible. Ils l'avaient emprunté à un riche ami qui n'avait pas pu faire le voyage avec eux, car il avait malheureusement fait une chute dramatique qui avait immobilisé ses deux jambes.

Le voyage fut magnifique. L'horizon bleu laissait Léonie sans voix. Les dix jours sur le bateau passèrent à grande vitesse et les six compagnons de voyage se recentrèrent sur ce qui comptait réellement : être entouré de personnes que l'on aime dans un environnement sain. Naviguer un aussi gros bateau était amusant, mais parfois terrifiant quand la mer n'était pas d'humeur joyeuse. Il y avait quelque chose de relaxant au fait de ne voir que de l'eau à l'horizon. Une sensation de sérénité et d'infini. Leurs vies étaient rythmées par le lever et le coucher du soleil, et plus les jours passaient, plus l'envie de rester sur ce bateau se faisait ressentir. Ils avaient hâte d'arriver à destination et de découvrir ce qui les y attendait, mais l'odeur de la mer, la pureté de l'eau et la chaleur du soleil sur leurs peaux éveillaient tous leurs sens.

Un matin, ils furent réveillés par des cris d'oiseaux. La terre n'était pas loin. Au loin, on entrevoyait la forme particulière de l'île qui formait comme un S et la verdure aux alentours. Plus ils se rapprochaient, plus les détails les laissaient sans voix. Puis apparut l'arbre. Grand, magnifique. Jamais un arbre aussi beau n'avait été vu, il était immense mais apportait tellement de sérénité à la fois. Il était situé au Nord de l'île, l'opposé de l'endroit où ils étaient arrivés. A l'ouest, ils pouvaient admirer une plage de sable fin et à l'Est, ils devinaient un paysage plus rocheux avec la présence de falaises. Ils accostèrent à l'Ouest, car la plage leur offrait l'endroit parfait pour se poser tranquillement. Près du rivage, c'était une eau azur qui les accueillait, avec ses petites vagues et sa biodiversité sous marine luxuriante. Une barrière de corail arpentait tous les alentours de cette partie de l'île, leur offrant un magnifique spectacle à travers une eau translucide.

Au loin, on pouvait entrevoir les ailerons des requins qui nageaient au milieu du coucher de soleil. Derrière la plage, la côte était couverte de palmiers et derrière on pouvait voir la densité de la forêt se dessiner. Plus loin encore, on pouvait suivre sans problème le chemin de l'arbre qui surplombait les lieux. Après avoir emporté le nécessaire à cette expédition, ils laissèrent le bateau en lieu sûr et se dirigèrent vers la forêt.

Le chemin était rempli de verdure, mais peu de faunes étaient présentes. Léonie n'arrêtait pas de balayer le paysage du regard, à la recherche d'un serpent à sonnette ou d'une mygale dont elle avait une phobie paralysante. Leur chemin était tracé pour pouvoir atteindre l'arbre et les endroits importants pour prendre les mesures exactes de l'île. Le capteur de qualité de l'air indiquait déjà que l'air était pur. C'était comme si l'activité humaine n'avait jamais atteint le territoire et que la biodiversité avait été totalement épargnée. Le groupe d'amis pouvait ressentir à quel point ils respiraient mieux dans cet endroit et à quel point leurs poumons se reposaient. L'arbre surplombait les lieux et Léonie savait que c'était grâce à lui que l'air était aussi bon. Ils marchèrent durant une heure et demie avant d'arriver à destination. Les racines étaient gigantesques, comme sur la photo satellite mais bien plus impressionnantes en vrai. Elles rampaient au sol et semblaient pénétrer très profondément la terre.

Autour des racines, de toutes petites plantes avaient réussi à se faire une place, mais plus on s'approchait de l'arbre, plus la végétation se faisait rare. Le contraste entre la forêt dense et le sol terreux autour de l'arbre était impressionnant. Regarder l'arbre donnait le tournis tellement il était haut et abondant de branches et de feuillage. La forme de l'arbre faisait penser à un chêne géant mais aucun gland n'était présent dans ses branches et ses racines ne collaient pas au modèle des chênes classiques. L'air que dégageait cet arbre était pur, le capteur d'oxygène montrait à quel point la filtration de l'air était parfaite au pied de ce dernier. Une sensation de bien-être et béatitude les poussait à vouloir rester ici, pour toujours. Cette nature environnante leur faisait du bien. Dans un coin où les racines étaient assez espacées, ils installèrent leurs tentes.

Pour Léonie, se retrouver dans la nature, à des dizaines de milliers de kilomètres de chez elle lui apportait une certaine sérénité. Sa fille lui manquait évidemment, mais elle avait l'impression de retourner aux fondamentaux. La simplicité, la beauté de ce cadre manquaient à leurs vies dans les villes. Tout allait trop vite, ils n'avaient jamais le temps de ralentir et de se poser des questions sur le monde qui les entourait, comme s'il ne fallait pas réfléchir. Pour la première fois de sa vie, elle réfléchissait à un autre mode de vie, à une utopie où tout le monde vivrait en harmonie avec un rôle qu'ils auraient choisi et dont la place serait importante, même vitale. Elle rêvait à une société où il n'y avait plus besoin de courir dans tous les sens, où les conflits ne menaceraient plus notre existence et où enfin chacun pourrait vivre. La réalité la rattrapa quand William commença à parler du réchauffement climatique et qu'il pensait réellement que cet endroit avait été « épargné » par les actions humaines. Cela lui rappela également le but de notre expédition : faire des prélèvements et découvrir pourquoi, même en étant relativement « proche » des côtes cette île semblait avoir laissé passer au-dessus d'elle toute la toxicité de l'homme. Fatigués du voyage et la nuit commençant à tomber, il était temps de se reposer avant l'exploration de l'ensemble de l'île le lendemain.

Après avoir effectué de nombreux prélèvements, sur l'arbre, les racines, les feuillages, les plantes et les buissons alentours, ils avaient décidé de visiter l'est de l'île où les roches avaient l'air prédominantes. En arrivant sur place, ils eurent droit à un spectacle magnifique mêlant falaises, cascades et entrée de grottes souterraines. Une rivière semblait également prendre sa source dans la mer et parcourir les roches et les sous-terrains de l'île. Louis et Sima étaient excités à l'idée d'avoir vu juste sur les images satellites de l'île et qu'il y avait bien des trésors enfouis sous ce petit coin de paradis. Louis avait emmené des équipements professionnels de spéléologie empruntés à son travail pour pouvoir fouiller confortablement les grottes et autres surprises que leur réservait l'île. Il était donc décidé de rentrer au campement pour passer la nuit puis de retourner au bateau pour s'équiper, car ils n'avaient pas pu emmener les équipements avec eux dans leur expédition.

Le lendemain, l'excitation était à son comble. L'endroit était magnifique et ils étaient persuadés que ce qui se cachait sous leurs pieds l'était encore plus. Après s'être équipés, ils étaient fin prêts pour la partie la plus passionnante de cette visite. L'entrée de la grotte était située dans la falaise, à quelques mètres en dessous. Elle n'était pas très grande, mais il y avait assez de place pour pouvoir y entrer. Plus ils avançaient, moins la grotte était étroite. Soudain, ils se heurtèrent à un cul-de-sac avec pour seule issue un chemin étroit qui descendait en pente très raide. Tomber dans cette pente aurait été synonyme de mort. Louis et Sima prirent les devants afin de frayer un chemin au reste de l'équipe. Ils étaient des habitués de lieux sauvages, mais selon eux les lieux n'étaient pas si hostiles que cela. Il y avait des prises assez confortables incurvées dans la roche. C'était presque comme si la grotte les invitait à pénétrer dans son antre.

Louis et Sima menaient le groupe en étant attentifs à chaque détail. Après être descendus de trente-cinq mètres, ils atteignirent une petite crique au milieu de la grotte. À droite, un chemin étroit menait vers l'entrée de la cavité. Le chemin qui y menait était haut d'à peine un mètre et large de quatre-vingts centimètres. Il était si étroit qu'il était nécessaire de ramper pour pouvoir atteindre la grotte. La pente était assez plate et courait sur plus de cinq cents mètres ; le plafond s'élevait à mesure que l'on s'approchait de l'entrée des lieux. Au bout d'un kilomètre de marche, la grotte livrait enfin tous ses secrets et la beauté des lieux était saisissante. Le plafond était tout à coup très haut et la caverne s'étendait sur des kilomètres. La température intérieure était assez constante et oscillait entre dix-huit et vingt degrés Celsius.

Les lieux mesuraient six kilomètres de long sur trois kilomètres environ, avec un plafond d'une hauteur moyenne de quinze mètres. Certains endroits devaient être contournés, car il y avait des failles, surtout au milieu du souterrain, ou des amoncellements de rochers vers le Sud-Ouest. L'air était encore plus pur à l'intérieur de la crypte qu'à l'extérieur. Au loin, de l'eau coulait . En s'approchant du bruit, les voyageurs furent surpris de la beauté de la cascade qui se dressait, majestueuse, devant eux. Ils étaient bouches bées. Devant leurs yeux s'écoulaient une magnifique rivière et quelques mètres plus loin, une cascade se jetait dans un petit lac d'une centaine de mètres de long. La cascade prenait sa source dans une faille de la grotte et donnait l'impression d'être dans un rêve. Ils n'avaient que leurs lampes pour les éclairer et pour entrevoir la beauté des lieux mais ce qu'ils voyaient n'était qu'une infime partie de la beauté réelle de la grotte.

Une fois les mesures et les prélèvements effectués, ils avaient décidé de passer la nuit à l'intérieur de la grotte afin de pouvoir reprendre l'exploration le lendemain sans avoir à effectuer tout le périple. Ils étaient tellement épuisés, mais tellement heureux d'être ici. Et si c'était réellement l'endroit le mieux préservé sur Terre ? Et si c'était l'endroit le plus à même de faire perdurer la survie des êtres humains ? Que faire de cette information ?

Au Nord-Ouest se trouvait l'endroit parfait pour passer la nuit. La température était parfaite et les niveaux d'humidité plus que corrects étant donné qu'il s'agissait d'un souterrain. Sur plus de trois kilomètres de long, le sol était complètement plat. Le plafond était le plus haut à cet endroit également, ce qui offrait comme une impression de se trouver à l'extérieur. Léonie se laissait imaginer que peut-être des hommes de cavernes avaient déjà vécu dans ces sous-sols, même s'ils n'avaient trouvé aucune trace de passage d'êtres humains. Chaque recoin de cette grotte offrait quelque chose de nouveau et pourtant sécurisant à la fois. Partir loin de la ville lui avait fait réaliser que la recherche d'un autre mode d'habitation était urgent. Dans sa tête des idées farfelues se bousculaient. Elle n'aurait jamais pu anticiper qu'un jour ces idées seraient la base de la survie humaine.

Le lendemain, ils sortirent de la grotte grâce au chemin d'escalade qu'avait confectionné Louis et Sima. Après avoir pris des photos de chaque recoin, fait des analyses de chaque endroit, il était temps de partir pour analyser tout cela. Leur dernière journée sur l'île fût passée à prélever chaque végétal présent. Puis l'heure vint de partir. Ils étaient heureux à l'idée de retrouver leur confort new-yorkais mais triste de quitter ce paradis. Cependant au fond d'eux, ils savaient qu'ils reposeraient un jour les pieds sur cette île.

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